charles on kweeper http://www.kweeper.com/charles sans la faculté de mémoire, l'homme perd ses capacités cognitives et conceptuelles car il vit uniquement dans l'instant... Sun, 24 Jan 2021 19:42:11 +0100 http://www.kweeper.com/avatars/c50x50/2-charles.jpg Kweeper http://www.kweeper.com/charles My recent kweep http://www.kweeper.com/charles/sentence/6539058 https://twitter.com/dje016/status/1353279678916816896?s=09 http://www.kweeper.com/charles/sentence/6539058 Sun, 24 Jan 2021 19:42:11 +0100 charles Le « parler petit nègre », une invention coloniale http://www.kweeper.com/charles/image/6538934 #histoire #colonisation Contrairement à ce que l’on croit souvent, le « petit nègre » n’est pas un « français élémentaire usité par les Nègres des colonies », comme l’affirmait en 1926 le Larousse du XXe siècle, mais un idiome inventé par l’administration française en 1877. « Comment voudrait-on qu’un Noir, dont la langue est d’une simplicité rudimentaire et d’une logique presque toujours absolue, assimile rapidement un idiome aussi raffiné et illogique que le nôtre ?, écrit en 1904 l’administrateur colonial Maurice Delafosse. Si nous voulons nous faire comprendre vite et bien, il nous faut parler aux Noirs en nous mettant à leur portée, c’est-à-dire leur parler petit-nègre. » En 1916, un manuel de « français simplifié » est ainsi distribué au sein de l’armée coloniale française afin que les gradés européens sachent se faire « comprendre en peu de temps de leurs hommes ». Le livre suggère de mettre tous les verbes à l’infinitif et de supprimer les précisions de genre et de nombre. La phrase « La sentinelle doit se placer pour bien voir et se laisser voir » devient ainsi « Sentinelle y a besoin chercher bonne place. Ennemi y a pas moyen mirer lui. Lui y a moyen mirer tout secteur pour lui ». En 1926, un règlement consacré à « l’enseignement du français aux militaires indigènes » met cependant fin à ces « errements anciens ». « Ce règlement qui propose d’enseigner un français simple mais correct vient prouver a posteriori que ce qui était enseigné auparavant était une variété simplifiée et déformée », souligne en 2007 la linguiste Cécile Van Den Avenne dans « Petit-nègre » et romans « y a bon ». Cette langue était destinée, résumait Frantz #Fanon, auteur de l’ouvrage anticolonialiste Peau noire, masques blancs (1952), à assigner les Noirs à l’infériorité. « Parler petit-nègre, expliquait-il, c’est exprimer cette idée : “Toi, reste où tu es.” » http://www.kweeper.com/charles/image/6538934 Fri, 22 Jan 2021 15:16:59 +0100 charles histoire colonisation Nudge ou le paternalisme bienveillant - Leçons de l’économie comportementale http://www.kweeper.com/charles/image/6538819 Dans Nudge, Richard Thaler et Cass Sunstein s’inspirent des enseignements de l’économie comportementale pour proposer des solutions originales à divers problèmes de santé publique, d’épargne ou d’écologie. Le livre, dont l’impact sur l’administration Obama ou les conservateurs britanniques est indéniable, est un véritable best-seller politique. Richard Thaler est professeur d’économie comportementale à l’université de Chicago. Il est l’un des piliers de cette discipline, qui associe les connaissances de la psychologie et du comportement humain à la science économique. Cass Sunstein, un des professeurs de droit américains les plus reconnus, enseigne dans la même université. Les deux universitaires partent d’un premier constat : l’homo œconomicus des manuels d’économie n’est qu’un mythe. L’homo sapiens n’a ni « le cerveau d’Einstein, [ni] les capacités de mémorisation du Big Blue d’IBM [ni] la volonté de Mahatma Gandhi ». Ils s’appuient par conséquent sur quarante ans de recherches en sciences sociales pour comprendre comment nous prenons des décisions et ce qui nous influence, car nous sommes incontestablement sensibles aux nudges. Pour définir lathéorie du Nudge, Thaler et Sunstein ont choisi le terme savant de « paternalisme libertarien » pour désigner cette doctrine, qu’ils définissent comme « une version relativement modérée, souple et non envahissante de paternalisme, qui n’interdit rien et ne restreint les options de personne ; une approche philosophique de la gouvernance, publique ou privée, qui vise à aider les hommes à prendre des décisions qui améliorent leur vie sans attenter à la liberté des autres ». LEÇONS DE L’ÉCONOMIE COMPORTEMENTALE Cette nouvelle doctrine du « paternalisme libertarien » dérive en grande partie de l’économie comportementale qui a vu le jour en 1955 avec Daniel Kahneman, lauréat du « Prix Nobel » d’économie, alors psychologue dans l’armée israélienne. Kahneman, censé repérer les soldats susceptibles de devenir de bons officiers, avait organisé des exercices pour identifier les meneurs et les soldats les plus tenaces. Il était convaincu que ces exercices permettaient d’anticiper l’attitude des soldats en situation de combat, malgré les rapports qu’il recevait régulièrement et qui lui prouvaient qu’il avait tort. C’est après ces échecs répétés qu’il s’est mis à réfléchir à ce qu’il a alors appelé « l’illusion du bien-fondé » (illusion of validity). Pendant plus de dix ans, en collaboration avec le psychologue Amos Tversky, il a dressé une typologie des différentes erreurs cognitives que les humains commettent de manière systématique. C’est Richard Thaler, venu rencontrer les deux psychologues à Stanford, qui a intégré le premier ces recherches sur l’irrationalité humaine dans le champ de l’économie. http://www.kweeper.com/charles/image/6538819 Wed, 20 Jan 2021 23:37:43 +0100 charles nudging nudge marketing economie economie comportementale "De la démocratie en pandémie" de Barbara Stiegler http://www.kweeper.com/charles/image/6538818 Barbara Stiegler, fille du défunt Bernard Stiegler, est professeure de philosophie politique à l’Université Bordeaux Montaigne, membre de l’Institut universitaire de France et responsable du Master « Soin, éthique et santé » Le pensée philosophique de Barbara Stiegler s’appuie sur ses recherches sur Nietzsche, notamment avec son livre "Nietzsche, critique de la chair". ********** De la démocratie en pandémie ******** En faisant le récit de la crise épidémique, Barbara Stiegler nous réveille. Lecture revigorante, d'une belle puissance critique sans jamais verser dans la simplification abusive de quelque "complot". Pour Barbara Stegler, nous ne vivons pas une pandémie, nous vivons "En" Pandémie, un pays dans lequel nous avons été colonisés par un imaginaire psychotique qui nous tient à distance de notre État de droit et de la démocratie qui s'est retrouvée sur le banc des accusés, tout comme l'esprit critique. Nous avons été renvoyés à nos responsabilités individuelles par ceux qui n'ont assumés aucune des leurs. Renvoyés à nos écrans, nous avons assuré une continuité qui a surtout été une accélération du capitalisme numérique et de la néoliberalisation de notre société, transformant encore un peu plus la santé, l'éducation et le travail en simples produits consommables, renforçant toujours plus la compétition interindividuelle. Nous avons accepté de mettre à distance et donc de dissoudre un peu plus nos collectifs critiques pourtant si essentiels. La crise a été pour le pouvoir une opportunité inédite pour continuer son projet de disloquer la société. Il serait temps de revenir aux mobilisations, et surtout à la démocratie, avant qu'elle ne disparaisse dans une Pandémie perpétuelle, nous rappelle-t-elle. Cet ouvrage montre que la philosophe déshabille très bien l'écosystème des éléments de langage des politiques et du bruit médiatique chantant sa litanie de chiffres, d'orientation de la pression sociale, de mise à distance numérique et physique participant au gouvernement par la peur qui nous tétanise et transforme peu à peu le pays en variante de l’hyper-capitalisme autoritaire chinois. NUDGE : LES TECHNIQUES DE GUIDAGE DES INDIVIDUS SONT-ELLES APPELÉES À REMPLACER LA DÉMOCRATIE ? Barbara Stiegler explique que Macron aurait consulté plusieurs cabinets de "nudging" pour gérer la crise liée à la Covid-19. La théorie du nudge (coup de coude en anglais) a été développée par le prix Nobel d'économie 2017 Richard Thaler. Cette technique issue de l'économie comportementale se propose d'influencer nos comportements dans notre propre intérêt en modifiant notre environnement en douceur. Cette technique est de plus en plus utilisée par les pouvoirs publics. Barack Obama (USA) et David Cameron (UK) en ont fait usages au cours de leurs mandats En effet, le #nudging rencontre un tel succès chez les décideurs industriels et politiques, aujourd'hui, que les #nudges sont en train d'envahir notre vie sociale et culturelle de manière invisible. Les plateformes, telles Facebook et Google, se jettent dessus, tandis qu'un nombre croissant d'Etats s'y intéresse. La révolution technologique, la crise générale de la représentation politique et l'épidémie de Covid, la font apparaître comme la solution idéale à la gouvernance de crise. En savoir plus sur le #nudge : http://www.kweeper.com/charles/tags/nudging http://www.kweeper.com/charles/image/6538818 Wed, 20 Jan 2021 23:20:52 +0100 charles philosophie pamphlet essai covid-19 pandémie barbara stiegler nudge nudging liberalisme Une Brève Histoire du Nudge ㅡ Découvrez l'approche nudge pour changer les comportements http://www.kweeper.com/charles/video/6538817 Provoquer des changements comportementaux forts chez les citoyens, usagers ou consommateurs en proposant des modifications simples et peu coûteuses des « architectures de choix », c’est l’expertise de la BVA Nudge Unit fondée sur les enseignements les plus récents et novateurs de la Behavioral Economics. http://www.bva.fr/fr/bva_nudge_unit/ http://www.nudgefrance.org http://www.kweeper.com/charles/video/6538817 Wed, 20 Jan 2021 23:13:52 +0100 charles nudging nudge marketing economie economie comportementale Covid-19 : comment les sciences comportementales aident le gouvernement à gérer la crise sanitaire http://www.kweeper.com/charles/image/6538816 Ils sont six chercheurs et trois doctorants mobilisés au sein de la Direction interministerielle de la transformation publique (DITP). Cette direction accompagne les ministères et les administrations dans la conduite de la transformation publique de l'Etat. Au sein de cette direction, et surtout depuis le 17 mars 2020, ces spécialistes en sciences cognitives guident le gouvernement et notamment son Service d'information pour toutes ses actions de communication sur le respect du confinement, les gestes barrières et les autorisations de sortie. (...) Les chercheurs de l'équipe "science comportementales" donnent des conseils sur les slogans, visuels et les campagnes d'informations sanitaires. L'équipe éclaire aussi Matignon sur la manière dont la population perçoit les messages. Exemple de communication, celui concernant les autorisations de sortie. Le fait que ça ne soit pas facile, qu'il faille en avoir une pour chaque sortie, qu'on ne puisse pas la présenter sur son téléphone portable, "c'est volontaire et plutôt malin" indique Olivier Oullier. "Il y a une vraie stratégie comportementale sur les autorisations de sortie. Si ça avait été simple, tout le monde aurait été se balader dehors", rajoute le neuroscientifique. http://www.kweeper.com/charles/image/6538816 Wed, 20 Jan 2021 23:01:32 +0100 charles nudging nudge marketing economie economie comportementale Le nudge pour encourager à prendre l’escalier http://www.kweeper.com/charles/image/6538770 Stockholm, Tokyo, Hambourg, … Les exemples de villes qui utilisent la technique du nudge pour encourager à utiliser les escaliers plutôt que l’escalator ne manquent pas. La ville de Lyon a également opté pour cette stratégie. L’approche reste toujours la même : encourager à prendre les escaliers – ici avec des messages positifs – plutôt que contraindre. http://www.kweeper.com/charles/image/6538770 Wed, 20 Jan 2021 02:48:28 +0100 charles nudging nudge marketing economie economie comportementale Exemple de NUDGE dans le Métro de Lyon pour régularise les flux de passagers http://www.kweeper.com/charles/image/6538769 Le Métro de Lyon régularise les flux de passagers avec un nudge à taille humaine La société de transport métropolitain de Lyon, le Sytral, mise elle aussi sur le nudge. Le métro de Lyon a ainsi doté sa principale station, celle de Lyon Part-Dieu, d’un nudge géant visant à faciliter l’orientation des usagers. L’objectif de l’opération est double : améliorer les flux piétons dans la station et réduire l’agacement des usagers dans les transports publics. http://www.kweeper.com/charles/image/6538769 Wed, 20 Jan 2021 02:46:08 +0100 charles nudging nudge marketing economie economie comportementale Le nudge institutionnel http://www.kweeper.com/charles/image/6538768 La théorie du #nudge a déjà été appliquée par des institutions afin d’inciter des comportements souhaités au lieu de passer par un système de réglementation et d’interdiction. La théorie du nudge a notamment été utilisée dans des politiques de santé publique, pour favoriser le don d’organes par exemple, mais aussi à des fins économiques pour diminuer les retards de paiement des taxes. EXEMPLES DE NUDGING INSTITUTIONNEL : Les administrations de Barack Obama aux États-Unis et de David Cameron en Grande Bretagne ont d’ailleurs initié ce mouvement dans les années 2010 en créant des groupes de réflexion, surnommés nudge unit, au sein de leur gouvernement. - En 2010, David Cameron créa la Behavioural Insights Team. Aujourd’hui, il s’agit d’une entreprise, leur site internet reprend quelques-unes de leurs actions comme ces cas d'usages pour la gestion de la vaccination contre la COVID-19 dans les maisons de retraites en France : https://www.bi.team/blogs/the-covid-19-vaccine/ - En 2015, Barack Obama initia la Social and Behavioral Sciences Team, qui fut supprimée en 2017. Le site internet est toujours en ligne : https://sbst.gov/ - En France, le ministère de la Transition écologique et solidaire soutient le « nudge vert », qui serait un « outil supplémentaire afin d’accélérer la transition écologique » https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/nudges-verts Il a notamment soutenu l’installation des compteurs Linky qui sont censés permettre un meilleur contrôle de la consommation d’énergie grâce aux données de consommation fournies en temps réel. La Direction interministérielle de la transformation publique (DITP) réfléchit également à la mise en place de nudges « au service du progrès public ». http://www.kweeper.com/charles/image/6538768 Wed, 20 Jan 2021 02:24:05 +0100 charles nudging nudge marketing economie economie comportementale Exemple de nudge institutionnel en France http://www.kweeper.com/charles/image/6538767 Pour gérer le comportement de la population pendant et depuis le confinement, les gouvernements anglais et français ont fait appel à des unités spéciales, des "nudges units", des cellules spécialisées dans la mise au point des nudges. Les nudges, littéralement, ce sont de petits coups de pouce mentaux qui nous influencent sans que nous en ayons conscience. Ainsi, par exemple, dans sa stratégie de déconfinement, le Gouvernement Français a, tous les jours depuis le 30 avril 2020, publié des cartes provisoires de synthèse de l’activité virale. Les départements français ont donc été classés en 3 catégories symbolisées par 3 couleurs : Le rouge, signifiant un protocole de déconfinement restrictif, Le vert, signifiant un protocole de déconfinement normal, Et la couleur que personne n’avait prévue : l’orange Après avoir dévoilé les premières cartes provisoires le 30 avril, le ministre de la Santé, Olivier Véran, précisait que la carte finale serait bicolore : « Au moment de lever le confinement, il y aura des départements verts et des départements rouges […] mais considérant le fait que nous ne sommes pas dans la prévision du 11 mai, mais de l’état actuel des choses aujourd’hui, que nous sommes amenés à affiner ces données, à les regarder évoluer jours après jours jusqu’à la fin de la semaine prochaine, nous avons maintenu des zones oranges, qui sont des zones qui ont vocations à basculer, d’ici au 11 mai, ou en vert, si la pression épidémique se réduit, parce que vous restez chez vous, […] ou à basculer en rouge si d’aventure la circulation du virus devait s’accentuer ». Si la signification d’une couleur est relative à la série de couleurs à laquelle elle est associée (Weisser, 1997), la combinaison vert-orange-rouge est particulièrement signifiante dans l’imaginaire collectif. Le vert s’apparente ainsi souvent à la sécurité, le rouge est, quant à lui, associé au danger, alors que l’orange est synonyme d’alerte. En revanche, l’utilisation de la binarité des couleurs, ici rouge et vert, pourrait renforcer cette pensée relative du mauvais et du bon, de l’erreur et du correct. À titre d’exemple, l’utilisation du stylo vert en milieu scolaire se réfère à la correction, soit à la bonne réponse, alors que le stylo rouge est utilisé par les professeurs afin de souligner ou entourer les erreurs (Weisser, 1997). À travers l’utilisation de combinaisons de couleurs très signifiantes, ces cartes peuvent être envisagées comme une application du nudge pour favoriser des comportements responsables, tant recherchés par le gouvernement dans sa stratégie de déconfinement. • Cette combinaison de couleurs, connue de tous, simplifie la transmission du message de prévention (biais de facilité) ; • La présence de la couleur orange alerte et rappelle aux habitants des départements en vert qu’il est possible à tout moment de passer au rouge (biais d’aversion à la perte) ; • A l’inverse, la couleur orange offre aux habitants des départements en rouge un espoir de passer en vert si le confinement est respecté (biais de récompense) ; • Une différenciation est faite entre les départements, en leur donnant une dite « bonne » ou une dite « mauvaise » couleur (biais de l’égo) ; • La binarité rouge-vert favorise une option à privilégier, le vert est vu comme un objectif de réussite, elle transforme une information en injonction (biais de cadrage). Le Gouvernement est finalement revenu sur son choix initial de couleurs puisque, le 28 mai 2020, l’orange est réapparu sur la carte de la phase 2 du déconfinement, récompensant les départements autrefois en rouge, tout en conservant son rôle d’alerte. http://www.kweeper.com/charles/image/6538767 Wed, 20 Jan 2021 02:01:34 +0100 charles nudging nudge marketing economie economie comportementale Une Brève Histoire du Nudge ㅡ Découvrez l'approche nudge pour changer les comportements http://www.kweeper.com/charles/video/6538766 La théorie du nudge part du principe que "l'homo oeconomicus" qui prendrait toujours des décisions dans son propre intérêt, n'existe pas. Il souffre de biais de comportements causés notamment par son environnement. Ce qui lui fait parfois prendre des décisions qui ne sont pas les bonnes pour lui (manger des frites à la cantine plutôt que de la salade, ne pas jeter ses déchets dans la bonne poubelle, ne pas attacher sa ceinture de sécurité, etc.) Le nudge vient alors modifier son environnement, et donc son "architecture de choix" pour l'inciter (et non le contraindre) à prendre la bonne décision. La société d'études et de conseil BVA, qui a vite compris l’intérêt d'avoir une cellule "nudge" en son sein, a produit une vidéo pédagogique en direction de ses clients publics et privés. http://www.kweeper.com/charles/video/6538766 Wed, 20 Jan 2021 01:44:41 +0100 charles nudging nudge marketing economie economie comportementale Le NUDGE, qu'est ce que c'est ? http://www.kweeper.com/charles/image/6538764 La théorie du #nudge ou "coup de coude" en anglais, a été développée par le prix Nobel d'économie 2017 Richard Thaler. Ces objets conceptuels sont nés dans les années 80 du croisement entre l'économie, l'information et les études comportementalistes. Plus subtiles et différentes que la simple publicité, ils sont censés nous faire agir pour notre bien. Leurs promoteurs les présentent comme une révolution scientifique visant à rectifier la manière dont nous prenons nos décisions. Nous croyons agir rationnellement, mais non. En fait, nous sommes conditionnés par des préjugés (biais cognitifs). Il faut donc nous reconditionner pour nous faire agir mieux dans le sens de notre intérêt et dans le sens de l'intérêt général. cette théorie est décrite en 2008 dans le livre "Nudge - La méthode douce pour inspirer la bonne décision" de Richard H. Thaler et Cass R. Sunstein. Dans cet ouvrage, les deux auteurs s'inspirent des recherches en psychologie et en économie comportementale pour faire valoir des techniques d'influence douce qui peuvent faire changer les comportements plus sûrement que des lois, des interdits, ou des ordres. Quand Richard Thaler reçoit l'équivalent du prix Nobel d'économie en 2017 pour ses travaux sur l'économie comportementale, La théorie du nudge devient encore plus grand public. L'idée est de défendre un "paternalisme libertaire" qui influence les décisions des gens dans la bonne direction mais laisse le choix final aux personnes. L'administration Obama s'est entourée d'une équipe spécialisée en nudging afin de faire adhérer les citoyens plus efficacement à ses décisions. https://www.foxnews.com/politics/govt-knows-best-white-house-creates-nudge-squad-to-shape-behavior  QUELQUES EXEMPLES DE NUDGING : - le déplaisir ressenti à la perte de quelque chose est plus puissant que le plaisir ressenti lors du gain de la même chose. Il est plus efficace en termes de changement de comportement, de dire aux consommateurs : "Si vous ne diminuez pas votre thermostat de 1°C, vous allez perdre 300 € par an" que de leur dire "Si vous diminuez votre thermostat de 1°C, vous allez gagner 300 € par an". - Les individus sont plus enclins à développer un comportement déjà adopté par l'ensemble de la communauté à laquelle ils appartiennent. Exemple : si un hôtelier indique, dans la salle de bain des chambres, que 75% des personnes ayant occupé cette chambre (une valeur fausse, délibérément exagérée) ont réutilisé leur serviette au lieu de la changer tous les jours, 44% des clients conservent effectivement leurs serviettes, contre 35% si la statistique n’était pas mentionnée. Au Royaume-Uni, un organisme de dons d'organes a ajouté sur son site "Chaque jour, des milliers de gens qui voient cette page décident de s’enregistrer"... et a récolté 96 000 enregistrements supplémentaires en un an. - Nous sommes rétifs à réviser nos choix - d'où la fréquence des abonnements par reconduction tacite (depuis quand reportez-vous le moment de vous rendre sur le comparateur pour changer de fournisseur d'énergie ?...) - L'effet ludique : les escaliers musicaux entraînent une majorité de passants à les choisir au lieu de l'escalator ; la "plus profonde poubelle du monde" récolte des quantités astronomiques de déchets à cause du bruit qu'ils y font en tombant. - Nous sommes excessivement optimistes ce qui nous entraîne à prendre trop de risques, notamment au volant, mais aussi avec la cigarette et toutes les autres nuisances pour la santé. - A l’Aéroport d'Amsterdam, la mouche peinte dans les urinoirs incite les utilisateurs à la viser pendant qu'ils font pipi, ce qui réduit de 80% les éclaboussures et débordements volontaires ou non EN FRANCE, COMMENT LE NUDGE EST UTILISE POUR LA COVID-19 ? l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) qui a rejoint l'Institut des hautes études du ministère de l'Intérieur (IHEMI) a récemmet publié cet article qui indique comment la sémiologie des couleurs rencontre l'économie comportementale pour construire la stratégie de déconfinement du Gouvernement https://inhesj.fr/articles/nudge-deconfinement-sous-influence http://www.kweeper.com/charles/image/6538764 Wed, 20 Jan 2021 01:31:19 +0100 charles nudging nudge marketing economie economie comportementale Playlist http://www.kweeper.com/charles/sentence/6538760 https://www.beatport.com/chart/i-need-you/660309 http://www.kweeper.com/charles/sentence/6538760 Tue, 19 Jan 2021 18:56:25 +0100 charles Martin Luther King Speaks! Introduced by James Baldwin "We come not to beg, but to demand" http://www.kweeper.com/charles/video/6538706 http://www.kweeper.com/charles/video/6538706 Tue, 19 Jan 2021 00:09:28 +0100 charles james baldwin boustrophédon http://www.kweeper.com/charles/image/6538683 Le boustrophédon désigne une écriture dont le sens de lecture change alternativement d'une ligne sur l'autre, à la manière du bœuf marquant les sillons dans un champ, allant de droite à gauche puis de gauche à droite. http://www.kweeper.com/charles/image/6538683 Mon, 18 Jan 2021 11:29:54 +0100 charles ecriture « La France a un problème avec l’inceste » : des dizaines de milliers de Tweet libèrent la par http://www.kweeper.com/charles/image/6538667 « La France a un problème avec l’inceste » : avec #metooinceste, des dizaines de milliers de Tweet libèrent la parole Le mot-dièse a réuni de nombreux témoignages, ce week-end, en réaction à la publication du livre de Camille Kouchner « La Familia grande ». Autour de midi samedi 16 janvier, 180 personnes avaient pour consigne de tweeter en même temps, pour créer un élan. Le premier d’entre eux, c’était celui-là : « J’avais 5 ans. En une soirée, ce frère de ma mère a bouleversé ma candeur et assombri le cours du reste de ma vie. En une seconde, j’avais 100 ans. #metooinceste. » http://www.kweeper.com/charles/image/6538667 Mon, 18 Jan 2021 10:11:42 +0100 charles inceste viol olivier duhamel camille kouchner metooinceste Gilles Deleuze : l'art et les sociétés de contrôle http://www.kweeper.com/charles/video/6538666 http://www.kweeper.com/charles/video/6538666 Mon, 18 Jan 2021 10:10:19 +0100 charles philosophie gilles deleuze "Les jeunes hommes sont plus souvent célibataires que les jeunes femmes", Marie Bergström, sociolo http://www.kweeper.com/charles/video/6538592 hute du nombre de mariages, explosion des divorces, consumérisme sexuel via des applications de rencontres… Dans une société marquée par le désengagement, quelle place aujourd’hui pour le couple ? 👉 Vox Pop enquête au Royaume-Uni, où depuis quelques années émergent sur Internet des communautés d’"Incels", des célibataires frustrés qui, se croyant condamnés à ne jamais trouver l’amour, propagent un discours haineux à l’encontre des femmes. Nora Hamadi s’entretient avec Marie Bergström, sociologue suédoise et chercheuse en France à l’Ined (Institut national d’études démographiques), et Thorsten Peetz, sociologue et professeur à l’université de Brême, en Allemagne. http://www.kweeper.com/charles/video/6538592 Fri, 15 Jan 2021 22:27:32 +0100 charles sociologie psychologie mariage celibat incels femcels Camille Kouchner, invitée exceptionnelle de la grande librairie http://www.kweeper.com/charles/video/6538591 http://www.kweeper.com/charles/video/6538591 Fri, 15 Jan 2021 22:26:24 +0100 charles inceste viol olivier duhamel bernard kouchner litterature Comment s'engager en pandémie ? http://www.kweeper.com/charles/video/6538590 http://www.kweeper.com/charles/video/6538590 Fri, 15 Jan 2021 22:25:16 +0100 charles philosophie pandémie barbara stiegler Camille Kouchner, invitée exceptionnelle de la grande librairie http://www.kweeper.com/charles/sentence/6538540 https://youtu.be/gJ3Ni5PFNyE http://www.kweeper.com/charles/sentence/6538540 Thu, 14 Jan 2021 13:12:13 +0100 charles La Côte d’Ivoire fournit plus de 40 % du cacao mondial mais les planteurs ne reçoivent que 6 % d http://www.kweeper.com/charles/image/6538501 La Côte d’Ivoire fournit plus de 40 % du cacao mondial. Mais sur les 100 milliards de dollars que génère ce marché mondial, les planteurs ne reçoivent que 6 % contre 44 % pour les distributeurs et 35 % pour les groupes chocolatiers http://www.kweeper.com/charles/image/6538501 Wed, 13 Jan 2021 15:10:46 +0100 charles cacao economie Îles, épidémies et quarantaines : L'histoire du Lazaret d’Arenc au large de Marseille http://www.kweeper.com/charles/image/6538457 Ces derniers jours, la nouvelle vague et le variant "Anglais" de la COVID-19 ont remis Marseille sous le feu des projecteurs anxiogènes. De nombreuses voix se sont élevées, suggérant un reconfinement de la ville qui en a déjà connu d'autres. STORY Les îles de Marseille et son port, haut-lieu du commerce méditerranéen, ont longtemps fait office de première porte d’entrée aux Hommes, aux marchandises et aux pandémies qui ont sévi jusqu’au début du XXe siècle : la peste, bien sûr, mais aussi à partir du XIXe siècle, le choléra morbus et la fièvre jaune. Contre ces menaces, les Marseillais ont appris peu à peu à se protéger, procédant notamment par l’isolement des voyageurs malades et des cargaisons auxquelles on prêtait un pouvoir de contamination. A la fin du XVIIIe siècle, une administration sanitaire veillait à ce qu’aucune épidémie ne rentre dans Marseille. Le lazaret de Saint-Martin d’Arenc et le port de quarantaine de Pomègues permettaient alors de recevoir une soixantaine de bateaux ainsi que leurs occupants. Or, dès le début du XIXe siècle, une maladie originaire d’Amérique, inconnue et inquiétante apparaît : c'est la fièvre jaune. Elle apparaît neuf fois au lazaret d’Arenc à Marseille, entre 1800 et 1819, mais ne déclenche aucune épidémie dans la ville. Au contraire de Barcelone, qui perd un sixième de sa population en 1821, à cause d’un navire infecté en provenance de Cuba. Un signal d'alarme pour les intendants de Santé ! Marseille doit se préparer à endiguer cette maladie dont on ignore le mode de transmission. Appuyé par la municipalité et la Chambre de commerce, les intendants de Santé demandent la construction d’un hôpital dans l’archipel du Frioul afin d’isoler les patients, mais aussi d’éviter l’affolement des Marseillais et des échanges commerciaux. Le caractère urgent de la menace épidémique aboutit à la rapide acceptation du projet architectural de Michel-Robert Penchaud sur un promontoire de l’île de Ratonneau. La construction est onéreuse. Le projet rencontre des difficultés de sorte que l’hôpital n’est prêt qu’en 1828. L’Hôpital Caroline portera le prénom de la Duchesse de Berry a fut construit entre 1823 et 1828. http://www.kweeper.com/charles/image/6538457 Tue, 12 Jan 2021 07:56:16 +0100 charles histoire confinement marseille pandémie covid-19 Aux États-Unis, ce sont des républicains qui ont lancé les lois antitrust http://www.kweeper.com/charles/image/6538442 Aux États-Unis, ce sont des républicains qui ont lancé la lutte contre les abus de position dominante. Retour sur la naissance, il y a plus d'un siècle, du droit antitrust aujourd'hui invoqué face aux géants du numérique. Au début de la dernière décennie du XIXe siècle, l'économie américaine ne s'est jamais aussi bien portée. Favorisé par l'expansion rapide du réseau ferroviaire, un nouvel âge de la révolution industrielle s'est ouvert. La vie quotidienne en est modifiée. Pourtant, l'opinion publique est inquiète. Le capitalisme, ce formidable moteur à créer de la prospérité, n'est-il pas en train de se saborder ? L'expansion du marché a fait émerger des géants en position de contrôler des pans entiers de l'industrie et, ce faisant, de fausser les mécanismes de l'offre et de la demande. À terme, n'est-ce pas la destruction de la libre entreprise qui est en jeu ? Et avec elle, celle du rêve américain ? Les agriculteurs, notamment, sont anxieux : la concentration rapide des compagnies de chemin de fer, vitales pour le transport des céréales, aboutit à une envolée des prix sur les lignes sans concurrence. La colère gronde. Un sénateur républicain, John Sherman, se saisit de la question. Juriste de formation et expert du Congrès pour les questions économiques et financières, cet élu de l'Ohio est bien placé pour constater l'ampleur des mutations. Son État, bien que largement rural, est un des foyers de la révolution en cours. Toutes les industries de l'ère nouvelle émergent dans ce Middle West en plein boom. Ici, à Cincinnati, William Procter et James Gamble lancent un savon bon marché à l'origine d'un géant des produits ménagers. Des compagnies promises à un bel avenir naissent en Ohio : elles se nomment Dow Chemical, Firestone, Packard… En 1870, John Rockefeller fondait la plus grande raffinerie de pétrole du monde à Cleveland, sur les bords du lac Érié : la Standard Oil. Trente ans plus tard, il contrôle 90 % du marché national. Il deviendra, en 1913, le premier milliardaire en dollars des États-Unis. L'Ohio est la Californie de l'époque ! John Sherman veut briser les tentations monopolistiques des compagnies ferroviaires John Sherman a un motif personnel de vouloir limiter l'emprise des cartels dont il observe l'influence omniprésente, y compris dans la vie politique. À la convention du Parti républicain pour l'élection présidentielle de 1888, réunie en juin à Chicago, il a raté l'investiture alors qu'il était favori. Il n'est pourtant pas un “bleu” : quatre fois élu à la Chambre des représentants, il siège ensuite au Sénat à partir de 1861 ; puis est le secrétaire au Trésor du président Rutherford Hayes, de 1877 à 1881, avant de retourner au Sénat. Chacun reconnaît son expérience, sa maîtrise des dossiers, sa rigueur. Son frère, William, est un des généraux victorieux de la guerre de Sécession, qui a pris fin en 1865. Toutefois, avant même le début des votes à la convention, une partie des délégués qui s'étaient déclarés pour Sherman lui fait défaut. http://www.kweeper.com/charles/image/6538442 Tue, 12 Jan 2021 01:30:00 +0100 charles Combien y a-t-il eu de révolutions industrielles ? http://www.kweeper.com/charles/image/6538441 L'histoire retient quatre révolutions industrielles : La première apparaît à la fin du XVIIIe siècle au Royaume-Uni, la deuxième à la fin du XIXe siècle aux États-Unis et en Allemagne, et la troisième à la fin du XXe siècle aux États-Unis et au Japon. À la fin du XVIIIe siècle au Royaume-Uni, l'extraction massive du charbon permet l'invention de la machine à vapeur et fait émerger de nouvelles industries, notamment textiles. Dès 1800, de nombreux brevets mènent à la commercialisation de machines à coudre mécanisées au Royaume-Uni puis en France. Par ailleurs, le travail de la fonte progresse, des métaux nouveaux apparaissent, l'industrie métallurgique puis sidérurgique favorise la construction de ponts puis, au milieu du XIXe siècle, le développement du chemin de fer. Les deuxième et troisième révolutions industrielles sont mondiales La deuxième révolution industrielle apparaît entre 1890 et 1910 en Allemagne et sur la côte est des États-Unis. L'extraction du pétrole puis l'invention de l'électricité permettent d'adapter les matériaux en vogue (l'acier et l'aluminium) à des industries de pointe. Le secteur automobile explose en Europe et dans quelques États de l'est des États-Unis. La troisième révolution industrielle apparaît entre 1970 et 2000 sur la côte ouest des États-Unis et au Japon. L'électricité d'origine nucléaire motive la recherche, fait émerger des matériaux révolutionnaires (résines, silicones, céramiques) et participe à la diffusion mondiale de nouveaux moyens de transmission: l’électronique avec l’arrivée du transistor et du microprocesseur. C’est également l’invention de l’automate et du robot. La quatrième révolution industrielle est issue de la numérisation de l’information et de l’interconnectivité des appareils mobiles connectés. Bien que déjà visible dans ses réalisations comme l’intelligence artificielle avec les voitures autonomes, l’impression 3D, la nanotechnologie ou l’information quantique, nous en sommes qu’au début. Mais en comparaison avec les précédentes, elle évolue à un rythme exponentiel et non plus linéaire. Elle transformera tous nos systèmes de production, de management et de gouvernance. http://www.kweeper.com/charles/image/6538441 Tue, 12 Jan 2021 01:15:48 +0100 charles histoire economie revolutions industrielles internet numerique Comment la France s'est vendue aux Gafam - Par Tariq Krim http://www.kweeper.com/charles/image/6538436 Pourquoi la France est-elle passée du statut de pays leader dans la technologie à celui beaucoup moins enviable de nation consommatrice de smartphones obligée de mendier un peu d'oxygène aux grandes plateformes pour développer ses projets  ? L'histoire du déclin du numérique français est une tragédie en trois actes. Il y eut d'abord les «  30 honteuses du numérique  », où une petite élite arrogante et dénuée de vision stratégique a démantelé notre industrie informatique et électronique grand public. Elle a débranché les travaux de recherches les plus intéressants et laissé nos meilleurs développeurs partir à l'étranger faute de pouvoir les associer à des projets ambitieux. Vient ensuite la capitulation vis-à-vis des grands acteurs américains. Ainsi, de nombreux politiques et hauts fonctionnaires français leur ont permis d'intégrer leurs technologies au cœur des prérogatives régaliennes de l'État : défense, renseignement, éducation, sécurité, mais aussi culture. Plusieurs d'entre eux quitteront leurs fonctions pour aller rejoindre ces sociétés. Le troisième acte se joue en ce moment. Alors que nos dirigeants se préparent à une vente à la découpe, il reste cependant un mince espoir d'inventer une autre manière d'utiliser le réseau plus en phase avec nos principes et nos valeurs. Mais pouvons-nous encore changer la doctrine des politiques numériques de la France  ? Quand on écoute nos hommes politiques, le déclassement de l'Europe vis-à-vis de l'Internet est présenté comme une fatalité. Un accident de l'Histoire à l'issue duquel les clés du monde de demain auraient été données aux États-Unis et à la Chine. La réalité est beaucoup plus douloureuse. En 1993, les États-Unis lancent le projet des «  Autoroutes de l'information  » qui fera notamment de l'Internet et du numérique le fer de lance de leur nouvelle stratégie de croissance. Au même moment, l'Europe décide de miser sur les industries traditionnelles… et le diesel propre  ! Vingt-cinq ans plus tard, les Gafam dominent aujourd'hui le monde et le patron d'Audi a été arrêté pour avoir faussé les mesures de pollution de ses moteurs. En France, les Gilets jaunes ne comprennent pas pourquoi ils sont taxés sur le diesel alors que pendant des années on les a massivement incités à acheter les voitures utilisant ce type de carburants. Nous aurions pu avoir un autre destin, car si les États-Unis avaient la vision et l'argent, c'est en Europe qu'ont été inventées deux des briques fondamentales de l'Internet : Linux et le Web. Mais à la différence du standard GSM, ces dernières ont eu le malheur d'être conçues par des individus talentueux hors des grandes institutions. Snobés chez nous, ces deux projets deviendront le moteur des plateformes numériques américaines et chinoises et l'instrument de leur domination mondiale. Car c'est bien de la détection précoce des technologies d'avenir et des talents que viennent les succès de sociétés comme Google, Apple, Facebook, Amazon ou Microsoft. La France ne voit pas les choses de la même manière, notre élite méprise ce qui est marginal, différent ou simplement trop petit. Le scénario de «  dénumérisation  » de la France suivra toujours le même schéma. Nous vendrons à la casse nos sociétés, ou les dilapiderons alors qu'elles possédaient en interne les technologies qui, si elles avaient été mieux valorisées, nous auraient permis d'influencer la direction prise par l'Internet. Tout commence dans les années 70, avec l'abandon du réseau Cyclades de Louis Pouzin au profit du Minitel. Louis Pouzin en est le concepteur et il est l'inventeur de la segmentation des données en «  Datagramme  ». Il sera récompensé (avec Tim Berners-Lee et Vinton Cerf) par la reine d'Angleterre pour ses contributions essentielles à la création de l'Internet et il reste à ce jour un inconnu du grand public en France. Il faudra attendre 1994 pour que nos chercheurs acceptent enfin de s'intéresser à autre chose qu'à des technologies incompatibles avec l'Internet. Dans les années 90, c'est au tour du Premier ministre de l'époque Alain Juppé d'expliquer, au journal de 20 heures, sa décision de vendre à la casse Thomson Multimédia au coréen Daewoo : «  Thomson, ça ne vaut rien, juste un franc symbolique. » Le gouvernement obsédé exclusivement par le volet social de l'entreprise ignore que Thomson multimédia dispose d'une grande partie des brevets sur la musique (le fameux MP3) et la vidéo en ligne qui seront utilisés quelques années plus tard dans tous les smartphones. Sa branche grand public sera démantelée et vendue au chinois TCL et ses meilleurs ingénieurs partiront chez Google. La suite : https://www.lepoint.fr/invites-du-point/tribune-comment-la-france-s-est-vendue-aux-gafam-05-01-2019-2283510_420.php * Tariq Krim, pionnier du Web français, fondateur de Netvibes, Jolicloud et de la plateforme de Slow Web dissident.ai. http://www.kweeper.com/charles/image/6538436 Tue, 12 Jan 2021 00:37:44 +0100 charles trumpban internet souveraineté numerique gafa facebook gafam Economie : Roosevelt et l'histoire des lois Anti-Trust http://www.kweeper.com/charles/image/6538425 http://www.kweeper.com/charles/image/6538425 Mon, 11 Jan 2021 17:48:10 +0100 charles economie histoire essai revolutions industrielles anti-trust L'interview la plus WTF de 2020 😅😂😂😂 http://www.kweeper.com/charles/video/6538329 http://www.kweeper.com/charles/video/6538329 Sat, 09 Jan 2021 11:09:19 +0100 charles francois begaudeau lol bourgeoisie Capitole: qui est QAnon Shaman, l'homme à la peau de bête ? http://www.kweeper.com/charles/video/6538304 http://www.kweeper.com/charles/video/6538304 Fri, 08 Jan 2021 17:09:56 +0100 charles capitole qanon shaman <link>http://www.kweeper.com/charles/image/6538294</link> <description>Je lisais ce post du géographe Michel Lussault (https://bit.ly/38schYF  ) au sujet de la tentative insurrectionnelle de quelques supporters de Donald Trump au Capitole, analyse dans laquelle il nous invite à ne pas prendre ce spectacle à la légère car le choix du "populisme" par des millions d'électeurs ne s'effectue pas par défaut, mais sur la base d'une proposition et d'une représentation où la politique se pratique selon le principe "ami/ennemi" théorisé par Carl Schmitt. Schmitt pensait que le critère du politique, ce qui le constitue comme tel, est la distinction de l’ami et de l’ennemi - ennemi qu’il est dès lors permis et juste d’assujettir ou de détruire. Par ses affrontements verbaux, ses batailles d’opinion, son ton imprécatoire... le politique est animé d'une thématique de combat précédant les affrontements et prise du pouvoir avec pour but l’élimination des vaincus et de leurs partisans. "Ami/Ennemi" donc, quand soudain, BREAKING NEWS : Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, annonçait la suspension des comptes Facebook et Instagram du président TRUMP. Puis ce fut au tour du PDG de Twitter d'annoncer la suspension du compte de Donald Trump et celles de profils liés à la mouvance QAnon. "Ami/Ennemi", encore. Après l'avoir laissé agir comme bon lui semblait pendant des années, participant ainsi à son succès et à la prospérité de leurs plateformes ou l'injure, l'égo et le voyeurisme sont le carburant, les mastodontes numériques, démontrent qu'ils peuvent en un claquement digital, déchoir de ses droits numériques le président de la première puissance mondiale, inaugurant ainsi une nouvelle ère et une seconde création. En leur temps, Paul Virilio, penseur de la science de la vitesse et de l'accélération du monde, Bernard Stiegler, penseur du numérique, nous ont offert des pistes anticiper les mutations induites par le calcul, les algorithmes, les technologies et le capital. Auteur de "BRUTALISME", son dernier essai en date, le penseur Achille Mbembe médite sur cette seconde création du monde à l'heure où la mise en ordre des sociétés s’effectue désormais sous un seul et même signe : la computation numérique et le basculement dans l’animisme (http://kpr.me/10cEwS ). Achille Mbembe : "(...) La traversée des écrans est devenue l’activité primaire de l’humanité contemporaine. Elle autorise la sortie de nos frontières corporelles et inaugure la plongée sans filet dans des mondes parallèles. En se transportant de l’autre cote de l’écran, l’humanité peut désormais être présente à elle-même et à distance d’elle-même. L’animisme contemporain est, par ailleurs, le résultat de la vaste remise en chantier de l’humain. L’ère de la seconde création a en effet démarré. Il s’agit désormais de capter techniquement l’énergie du vivant et de la télécharger dans l’humain, dans un processus qui rappelle la première création elle-même. (...) Avec la cybernétisation du monde, aussi bien l’humain que le divin sont téléchargés dans une multitude d’objets techno-logiciels, d’écrans interactifs et de machines physiques. Ces objets sont devenus de véritables creusets dans lesquels se forgent visions et croyances, les métamorphoses contemporaines de la foi. Les religions technologiques contemporaines sont, de ce point de vue, des expressions de l’animisme. Mais elles s’en détachent aussi dans la mesure où elles sont régies par le principe de l’artifice la ou l’animisme ancestral était régi par celui de la force vitale." Le terrain de lutte et de vigilance de nombreuses associations et personnalités se situe aujourd'hui majoritairement sur les questions de cyber-sécurité, de surveillance (et ses corollaires le pseudonymat et anonymat), de la souveraineté numérique et du traitement des données face à la toute puissante de mastodontes numériques web. En ayant joué un rôle majeur dans L'avènement de Trump, puis procédé à son bannissement du champ numérique dominant, ces mastodontes du web nous indiquent leur terrain de jeu: l’aboutissement logique du projet d’un monde sans Dieu et le basculement dans l’animisme. Sans existence numérique, pas de présence et de circulation, d’incarnation et de réincarnation ?</description> <guid>http://www.kweeper.com/charles/image/6538294</guid> <pubDate>Fri, 08 Jan 2021 12:37:08 +0100</pubDate> <author>charles</author> <category>trump</category> <category>facebook</category> <category>carl schmitt</category> <category>brutalisme</category> <category>trumpban</category> </item> <item> <title>Michel Lussault - Au sujet de la tentative insurrectionnelle du Capitole à Washington http://www.kweeper.com/charles/image/6538275 Mais s'arrêter à se divertir d'un tel spectacle ou relativiser l'importance de ce qui s'est produit en voulant se montrer une fois de plus trop raisonneur me semblerait une erreur. Nous avons pu constater l'aboutissement d'une stratégie séditieuse qui est depuis le départ, sciemment, celle de Donald Trump. Fort de ses soutiens indéfectibles (les milieux les plus conservateurs obsédés par le maintien du pouvoir du masculinisme WASP, les évangélistes, l'ultra-droite, les milieux populaires attachés à prendre une revanche sur des "élites stigmatisées" tout en admirant un milliardaire faussaire, les anti-Black Lives Matter), avec la complaisance coupable des Républicains, d'une partie de médias (mais d'autres ont très tot alerté sur ce qui était en train de se passer), Trump a placé le pays sous la coupe de son déni permanent des institutions, de ses caprices, de sa paresse, de son incapacité à travailler les dossiers. Il a enrôlé le système à son profit et il a volontairement subverti une vie démocratique qu'il exècre. Comme beaucoup de ses soutiens, il dévoie les principes constitutionnels des Etats-Unis, ne retenant que la vague idée d'une liberté de jouir de tout à son bon vouloir. En un sens, le trumpisme est un "coup d'Etat permanent" et cela doit nous faire réfléchir, car nous ne sommes pas à l'abri d'une telle évolution. Ce qui s'est passé en Grande Bretagne lors du Brexit n'est pas sans rapport avec une partie de l'évolution américaine. Et en France, nous aurions tort de ne pas prendre au sérieux cette évolution. Sommes-nous encore collectivement attachés à la démocratie parlementaire et pluraliste, et saurions-nous/voudrions nous la défendre? Et ce alors que nous devons affronter des défis considérables en matière sociale, culturelle et écologique, qui imposeront de réorienter nos manières de co-habiter et de recomposer nos sociétés politiques. COMPLEMENT Ne nous y trompons pas, Trump a été choisi par un grand nombre de ses électeurs par adhésion à ce qu'il était et disait. Il n'a pas été un candidat élu par défaut, et il reste soutenu par une majorité des électeurs républicains, ce matin encore, même après les évènements de Washington. Il est temps de sortir du mirage qui consiste à dire que les populistes s'imposent faute de mieux. Non ils sont choisis pour ce qu'ils proposent et représentent, ils sont choisis parce qu'ils pensent la politique selon le principe ami/ennemi, théorisé en son temps par Carl Schmitt. Il s'agit d'une politique de la détestation de l'autre, de la mise en question violente de la différence. Les populistes à la Trump sont aussi, presque toujours, des chantres de la puissance, de la virilité, des défenseurs de l'ordre et des traditions, de l'appel à la grandeur historique de la Nation, des adeptes de la falsification systématique des réalités sociales, historiques, scientifiques. Tout cela, nous pouvons l'entendre chaque jour en France sur CNEWS, bien sûr, mais aussi dans bien d'autres médias (sans parler de Twitter, Facebook, You Tube). C'est cette imagination populiste instituante qu'il faut déconstruire et réfuter pied à pied, chacun avec son point d'entrée et ses capacités spécifiques. Le travail politique consiste donc d'abord à comprendre cela et à commencer à offrir d'autres scénarios possibles — pas recycler les idéologies d'hier. De mon point de vue, ces scénarios ne peuvent se construire qu'autour de la critique de l'Etat-Nation, du féminisme (sans doute la pensée politique la plus subversive qui soit), de la justice et de l'éthique, de la réflexion sur l'anthropocène. http://www.kweeper.com/charles/image/6538275 Thu, 07 Jan 2021 15:26:52 +0100 charles capitol Sa-Ra Creative Partners | Red Bull Music Academy http://www.kweeper.com/charles/sentence/6538274 https://www.redbullmusicacademy.com/lectures/sara-creative-partners-sound-and-space-continuum http://www.kweeper.com/charles/sentence/6538274 Thu, 07 Jan 2021 15:24:34 +0100 charles Février 1933 -, Incendie du Reichstag - qui était Marinus Van der Lubbe ? http://www.kweeper.com/charles/image/6538254 Ci-dessus : Marinus van der Lubbe lors de son procès. Photo de la Gestapo Marinus van der Lubbe était anarchiste selon les uns, militant communiste conseilliste selon les autres. Il est né le 13 janvier 1909 à Leyde (ou selon d'autres sources à Oegstgeest), Pays-Bas fut exécuté le 10 janvier 1934 à Leipzig, est l'incendiaire présumé du Reichstag à Berlin dans la nuit du 27 au 28 février 1933, quelques semaines après la nomination d'Adolf Hitler à la chancellerie. Condamné à la peine de mort pour haute trahison, il a été exécuté le 10 janvier 1934. Sa condamnation à mort a été finalement déclarée illégale le 10 janvier 2008 par les services du procureur fédéral allemand. L'incendie du Reichstag servit de prétexte à Hitler pour établir sa dictature. Qui était Marinus van der Lubbe ? Les parents de Van der Lubbe se séparent et sa mère meurt lorsqu'il avait 12 ans. Il grandira dans la famille de sa demi-sœur. Il commence une formation de maçon à l'âge de 20 ans . En raison de sa force physique, il était surnommé « Dempsey » par ses amis. Mais un accident de travail survenu en 1925 va lui causer un handicap oculaire et il ne pourra continuer à exercer son métier. Après une altercation avec sa sœur, il déménage à Leyde en 1927 et y fonde la maison Lénine, un lieu de rencontres et de conférences politiques. Au cours des années suivantes il adhère à un petit groupe d'ultra-gauche : l'Opposition ouvrière de gauche. À Leyde, Van der Lubbe a des démêlés avec la police : ainsi en 1930 il passera deux semaines de prison pour avoir cassé des vitres des bureaux de l'aide sociale. Sur le plan politique, Van der Lubbe s'éloigne progressivement des communistes parlementaristes qu'il considère trop peu radicaux et trop peu combattifs. Il privilégie l'action directe. Entre 1928 et 1932 il voyagera à travers l'Europe, mais ne pourra réaliser son souhait de se rendre en Union soviétique, car l'entrée lui est refusée. Il se radicalise ensuite et devient conseilliste. Malade, Marinus van der Lubbe est condamné à devenir aveugle d'après les médecins. En février 1933, il se rend à Berlin et tente d'incendier plusieurs bâtiments. Immédiatement arrêté par la police au cours de l'incendie du Reichstag, Marinus van der Lubbe est de plus accusé par le Parti communiste d'Allemagne (KPD) qui le décrit comme un déséquilibré, d'avoir été manipulé par les nazis Les conseillistes organisent sa défense et créent un Comité international Van der Lubbe qui est également soutenu par le mouvement anarchiste. Condamné à mort pour "haute trahison" par le Reichsgericht, plus haute instance judiciaire allemande, Marinus van der Lubbe est guillotiné le 10 janvier 1934 à Leipzig. Ce jugement sera cassé le 21 avril 1967 par un tribunal de Berlin qui, à titre posthume, condamne van der Lubbe à huit ans de prison pour « tentative d'incendie avec effraction ». Treize ans plus tard, en 1980, un des procureurs américains des procès de Nuremberg, en obtient l'acquittement. Ce verdict est cassé un an plus tard en appel. La condamnation est officiellement jugée « illégale » par les services du procureur fédéral allemand le 10 janvier 2008, en application d'une loi de 1998. Cette décision ne se prononce pas sur la culpabilité ou l'innocence de van der Lubbe, mais se fonde sur le fait que le verdict avait des motifs politiques et reposait sur des « prescriptions injustes spécifiquement national-socialistes ». Jean Le Bitoux, journaliste, historien et auteur de "Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel" et "Les Oubliés de la mémoire", évoquait dans un article du journal français Libération paru en 1999 l'accusation d'homosexualité portée par les nazis contre le jeune van der Lubbe : "Les nazis utilisèrent pour la première fois l'homophobie populaire lors de l'incendie du Reichstag en accusant van der Lubbe, un fragile jeune homme manipulable, d'être un sympathisant communiste, mais aussi, on l'a moins lu à l'heure de la récente ouverture du Reichstag, d'être homosexuel. Lequel Reichstag, s'il n'eut été incendié, aurait, comme l'indiquait son calendrier parlementaire, eu à débattre quelques mois plus tard de l'abrogation de cette loi homophobe, le paragraphe 175, héritée du code prussien, elle qui avait été effacée au milieu du XIXe siècle par le code Napoléon qui avait aboli toute condamnation pénale pour sodomie. Cette double accusation de la chancellerie nazie – imaginez : un incendiaire du parlement à la fois communiste et homosexuel – permit, par une sorte de "tétanisation" de l'indignation populaire ainsi interloquée, rumeurs comprises, de faciliter la suspension des libertés publiques, des syndicats, des associations et des partis politiques." Depuis la fin de la période nazie, la thèse de l'homosexualité de van der Lubbe a été remise en question par plusieurs chercheurs et historiens. http://www.kweeper.com/charles/image/6538254 Thu, 07 Jan 2021 06:10:11 +0100 charles incendie du reichstag histoire marinus van der lubbe <link>http://www.kweeper.com/charles/image/6538252</link> <description>Marinus van der Lubbe, né le 13 janvier 1909 à Leyde et mort le 10 janvier 1934 à Leipzig, était un syndicaliste néerlandais, auteur présumé de l'incendie du Reichstag à Berlin dans la nuit du 27 au 28 février 1933, quelques semaines après la nomination d'Adolf Hitler à la chancellerie. LES FAITS : Le soir du 27 février 1933, à Berlin, la police est avertie d'un début d'incendie au Reichstag. Cependant que le feu embrase l'immeuble du Parlement allemand, les policiers se saisissent d'un jeune illuminé, torse nu, errant dans le bâtiment. Aussitôt les Nazis, qui viennent tout juste d'accéder au pouvoir, accusent les communistes d'être à l'origine de l'incendie. Cinq personnes seront inculpées, 4 seront acquittés sauf un, maçon hollandais de la mouvance communiste et en apparence déséquilibré, Marinus van der Lubbe. Il sera considéré comme responsable de l'incendie et exécuté. Dans les faits, il est possible qu'il ait été « aidé » par les sbires du nazi Goering, depuis peu ministre de l'Intérieur du Land de Prusse. l'avocat français Marcel Villard, qui était parvenu à se "glisser" dans le procès, rappelle le contexte de l'événement: l'incendie est une provocation du gouvernement nazi pour éliminer ses opposants en les accusant d'un crime dont il est lui-même coupable. https://www.rts.ch/archives/radio/divers/emission-sans-nom/4661718-le-reichstag-brule-01-03-1949.html VERS LA DICTATURE Dès le lendemain, le chancelier Hitler fait arrêter 4000 chefs communiste. Il fait signer par le Reichsprésident von Hindenburg un décret qui suspend les libertés fondamentales ! Le 23 mars 1933 ouvre près de Munich, à Dachau, un premier camp de concentration pour les opposants politiques. Malgré le climat de terreur, les élections législatives du 5 mars 1933 ne donnent aux nazis qu'une simple majorité au Parlement avec 44% des suffrages. C'est insuffisant à Hitler pour modifier la Constitution en sa faveur. Il lui manque la majorité des deux tiers. Qu'à cela ne tienne. Le 23 mars, la nouvelle assemblée se voit soumettre un décret qui donne au chancelier le droit de gouverner et légiférer à sa guise pendant quatre ans, sans l'accord des députés ! Le Centre catholique, le Zentrum, vote le décret contre la promesse que Hitler respecterait le droit de veto du président von Hindenburg ! Dans le même temps, le régime resserre les rangs de ses partisans en multipliant les opérations antisémites : boycott des magasins juifs, éviction musclée des enseignants juifs ou réputés hostiles au régime... Le point d'orgue de cette campagne est l'« Autodafé rituel des écrits juifs nuisibles », le 10 mai 1933. La mobilisation internationale oblige toutefois Hitler à un repli tactique. Les campagnes antisémites s'interrompent pendant près de deux ans au point que des juifs allemands qui avaient fui le pays choisissent d'y revenir... Avènement du « IIIe Reich » L'année suivante, le 2 août 1934, le président, le maréchal Paul von Hindenburg, rend l'âme à 86 ans. Hitler en profite pour réunir sur sa tête les fonctions de président et de chancelier. Il proclame l'avènement d'un « IIIe Reich » allemand dont il se présente comme le Führer (guide en allemand), avec un pouvoir dictatorial. C'est l'aboutissement de la vision nazie de l'État : « Ein Volk, ein Reich, ein Führer » (un Peuple, un État, un Guide).</description> <guid>http://www.kweeper.com/charles/image/6538252</guid> <pubDate>Thu, 07 Jan 2021 05:54:16 +0100</pubDate> <author>charles</author> <category>histoire</category> <category>reichstag</category> <category>incendie</category> <category>incendie du reichstag</category> <category>marinus van der lubbe</category> </item> <item> <title>Olivier Duhamel, l’inceste et les enfants du silence http://www.kweeper.com/charles/image/6538183 Olivier Duhamel est un homme doté d’une surface sociale comme Paris sait si bien en faire émerger. A 70 ans, le constitutionnaliste règne sur la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), qui finance Sciences Po et dont le conseil d’administration est l’un des lieux d’influence les plus verrouillés du monde universitaire. Ni vraiment militant ni pur mandarin, il est l’auteur d’un ouvrage potassé par des milliers d’étudiants en droit « constit », La Gauche et la Ve République (son sujet de thèse, publié aux PUF en 1980), et préside Le Siècle, ce club prestigieux – et très masculin – où se retrouve l’élite française. Il co-anime aussi chaque samedi sur Europe 1 l’émission « Mediapolis » et commente l’actualité politique sur les plateaux de la chaîne LCI. Enfin, il est membre du comité de pilotage de la Fondation Culture et diversité, de son ami l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière. Olivier Duhamel, ancien compagnon de route du Parti socialiste et député européen de 1997 à 2004, n’a jamais quitté la scène du pouvoir. Le 23 avril 2017, il faisait partie des happy few réunis à la brasserie parisienne La Rotonde pour fêter la victoire d’Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle. http://www.kweeper.com/charles/image/6538183 Tue, 05 Jan 2021 00:12:18 +0100 charles olivier duhamel Matière et mémoire. Essai sur la relation du corps à l'esprit - Henri Bergson http://www.kweeper.com/charles/image/6538175 La philosophie de Bergson est une #philosophie concrète attentive à l'expérience immédiate. Qu’est-ce que l’esprit dans la philosophie de #Bergson ? Comment interagit-il avec la matière ? Partant des différentes fonctions de la mémoire, Bergson esquisse les contours d’une spiritualité en mouvement, qui se manifeste dans la conscience, dans la durée, dans la vie, dans l’univers tout entier. Cet essai affirme la réalité de l'esprit, la réalité de la matière et essaie de déterminer le rapport de l'un à l'autre sur un exemple précis, celui de la mémoire. Dès la première phrase de l'avant-propos, H. Bergson précise le sujet de cet essai : analyser cette relation qui « quoiqu'il soit constamment question d'elle à travers l'histoire de la philosophie, a été en réalité for peu étudiée. » Deux principes ont servi de fil conducteur à Henri Bergson dans son travail : d'une par « l'analyse psychologique doit se repérer sans cesse sur le caractère utilitaire de nos fonctions mentales », d'autre part « les habitudes contractées dans l'action, remontant dans la sphère de la spéculation, y créent des problèmes factices et la métaphysique doit commencer par dissiper ces obscurités artificielles. » http://www.kweeper.com/charles/image/6538175 Mon, 04 Jan 2021 17:03:28 +0100 charles essai henri bergson philosophie Achille Mbembe · Méditation sur la seconde création http://www.kweeper.com/charles/image/6538171 En quoi consiste la nature humaine et, au-delà, qu'est-ce que la vie? Qu'est-ce qui fait de nous des êtres moraux? Quel est notre destin sur terre? Pendant très longtemps, seuls les théologiens, métaphysiciens et philosophes de existentialistes semblaient se poser de telles questions. Aussi étrange que cela puisse paraître, ils sont aujourd'hui de retour, y compris et surtout parmi les scientifiques. La méditation sur la fin de la vie n'a fait qu'augmenter en intensité dans le contexte du confinement imposé par la lutte contre la Covid-19 et du nombre de morts sans cesse croissant. Mais alors qu’hier il s’agissait de déterminer si l’humain est avant tout corps ou esprit, aujourd’hui le débat porte sur le point de savoir s’il est matière et uniquement matière, ou si, en fin de compte, il n’est qu’un ensemble de processus physiques et chimiques. La discussion porte également sur le point de savoir ou s’arrête le vivant, ce qu’il en est des futurs de la vie a l’âge des extrêmes et a quelles conditions celle-ci prend-elle fin ? Le corps, la matière et le vivant sont trois concepts bien distincts. Il n’est plus besoin d’adhérer au christianisme pour comprendre qu’il y a, dans tout corps humain dans son unité organique, quelque chose qui n’est pas que matière. À ce quelque chose, plusieurs noms ont été donnés selon les cultures et les époques. Mais quelles que soient les différences culturelles, la vérité du corps humain aura été de résister à toute réduction. Il en est de même de ce que l’on pourrait appeler le corps du monde. Ce corps du monde, on le reconnaît à sa profusion. Typique de celle-ci est le déchaînement viral dont nous faisons actuellement l’expérience sur une échelle planétaire. Nombreux sont ceux aux yeux desquels en ce virus, la nature démontrerait sa puissance quasi infinie. Ils y voient un événement d’allure cosmique, un signe annonciateur des catastrophes à venir. Pour d’autres encore, il s’agit de l’aboutissement logique du projet d’un monde sans Dieu, qu’ils accusent la modernité d’avoir mis en selle. Ce monde supposément libre, mais en réalité livré à lui-même et sans recours, n’aurait fait qu’assujettir l’homme sous la contrainte d’une nature à présent convertie en puissance arbitraire. En fait, l’absence de Dieu ne constitue guère le fait caractéristique du monde d’aujourd’hui. Sa présence virulente et vengeresse, sous la forme de la violence d’un virus ou d’autres calamités naturelles, n’est pas non plus le trait marquant de notre époque. La marque essentielle du début du XXIe siècle est le basculement dans l’animisme. Couplées à l’escalade technologique, les transformations du capitalisme auront en effet débouché sur un double excès : un excès de souffle et un excès d’artefacts. Rien ne traduit mieux cet excès que l’univers techno-numérique devenu le double de notre monde. Le propre de l’humanité contemporaine est de traverser en permanence des écrans et d’être immergée dans des machines à images. La plupart de ces images sont animées. Elles sont productrices de toutes sortes d’illusions et de fantasmes, à commencer par le fantasme d’auto-engendrement. Mais elles rendent surtout possibles de nouvelles formes de présence et de circulation, d’incarnation et de réincarnation. Dans cet univers, il n’est pas seulement possible de se dédoubler ou d’exister en plus d’un lieu à la fois, et en plus d’un corps ou d’une forme. Il est aussi possible d’avoir des avatars, c’est-à-dire d’autres soi-même à mi-chemin du corps propre et de l’image du corps du sujet sur l’écran. Du reste, la traversée des écrans est devenue l’activité primaire de l’humanité contemporaine. Elle autorise la sortie de nos frontières corporelles et inaugure la plongée sans filet dans des mondes parallèles. En se transportant de l’autre cote de l’écran, l’humanité peut désormais être présente à elle-même et à distance d’elle-même. L’animisme contemporain est, par ailleurs, le résultat de la vaste remise en chantier de l’humain. L’ère de la seconde création a en effet démarré. Il s’agit désormais de capter techniquement l’énergie du vivant et de la télécharger dans l’humain, dans un processus qui rappelle la première création elle-même. Cette fois-ci, le projet est cependant de rapatrier l’ensemble des compétences du vivant dans des composés organo-artificiels dotés, pour l’essentiel, des caractéristiques de la personne humaine. Ces composés sont appelés à opérer comme des doubles de l’humain. Considérées hier comme des survivances de l’obscurantisme propre aux sociétés dites primitives, les formes contemporaines de l’animisme s’accommodent tant de l’intelligence artificielle, des supercalculateurs, des nanorobots que des neurones artificiels et des puces RDFID ou cerveaux-télépathiques. Cette seconde création est essentiellement profane. Elle passe par un triple procès de décorporation, de recorporation et de transcorporation qui, instrumentant le corps humain, en fait un vecteur d’hybridation et de symbiose. Ce triple procès est à la base des nouvelles religions technologiques. Il déstabilise profondément la plupart des catégories fondamentales du mystère chrétien, à commencer par la création elle-même, l’incarnation, la transfiguration, la résurrection, l’ascension, voire l’eucharistie (ceci est mon corps). Avec la cybernétisation du monde, aussi bien l’humain que le divin sont téléchargés dans une multitude d’objets techno-logiciels, d’écrans interactifs et de machines physiques. Ces objets sont devenus de véritables creusets dans lesquels se forgent visions et croyances, les métamorphoses contemporaines de la foi. Les religions technologiques contemporaines sont, de ce point de vue, des expressions de l’animisme. Mais elles s’en détachent aussi dans la mesure où elles sont régies par le principe de l’artifice la ou l’animisme ancestral était régi par celui de la force vitale. Car, dans l’animisme ancestral, il n’y avait ni corps, ni vie sans air, sans eau et sans un sol commun. Dans les systèmes précoloniaux de pensée en Afrique par exemple, la vie et le corps, et par conséquent l’humain, étaient fondamentalement ouverts à l’air et au souffle, à l’eau et au feu. Cette essentielle porosité en faisait l’essentielle fragilité. Dans la réalité de l’air et du souffle se jouait, pensait-on, l’aventure humaine sur Terre. Celle-ci ne pouvait durer que si une place était faite à la régénération des cycles vitaux. Pays natal de l’humanité, l’Afrique a, peut-être plus que d’autres parties du globe, fait l’expérience des puissances catastrophiques. Ce faisant, elle aura appris que la catastrophe n’est pas un événement qui arrive une bonne fois pour toutes, puis s’en va après avoir accompli son funeste labeur, laissant derrière elle un monde de ruines. Pour bien des peuples, elle aura été un processus toujours en cours, qui s’accumule et se sédimente. Dans ces conditions, frayer les voies d’un monde plus respirable pourrait être le fondement d’une nouvelle éthique chrétienne à l’âge viral. Car l’âge viral est corollaire à la fois de l’Anthropocène, de la transformation irréversible des environnements et de l’escalade technologique. Age du brutalisme, c’est-à-dire du passage en force, il s’agit d’un âge au cours duquel les puissances catastrophiques deviendront de plus en plus des acteurs visibles de l’histoire. L’air que nous respirons sera de plus en plus charge de poussières, de gaz toxiques, de substances et rejets, particules et granulations, bref d’émanations de toutes sortes. Plutôt que de sortir du corps grâce aux technologies de visualisation immersives, il s’agira donc d’y revenir, notamment par ses organes les plus exposés à l’asphyxie et à la destruction. Enfin, le Covid-19 ne défie pas seulement les frontières étatiques. Parce que plus exposés que d’autres, certains y succombent certes plus facilement que d’autres. Mais par définition, il s’attaque à tous les humains, sans distinction de race, d’origine, d’ethnie ou de religion. En fait, il se moque aussi bien du particulier aveugle que de la singularité nue. Au-delà des nationalités, il nous rappelle combien chaque corps humain, aussi singulier soit-il, porte sur lui et en lui, dans son essentielle porosité, les marques de l’universel. Nombreux sont ceux qui estiment que l’universel, c’est ce qui est diaphane, c’est-à-dire sans marques ni traces. En réalité, il n’y a d’universel que ce qui porte la marque de son espèce. Or, ce qui nous est commun et que nous révèle cruellement ce virus, c’est que nos corps sont des enveloppes fragiles que l’on ne pourra soigner qu’en même temps que l’on prendra soin de l’air, de l’eau et du feu sans lesquels ils ne pourront guère respirer. Achille Mbembe http://www.kweeper.com/charles/image/6538171 Mon, 04 Jan 2021 15:32:49 +0100 charles achille mbembe brutalisme philosophie esprit corps matiere Une histoire du « Peuple blanc » Entretien de Christiane Vollaire et Nell Painter (revue Chimère http://www.kweeper.com/charles/image/6538138 Historienne Nell Painter est Professeure émérite d’Histoire américaine et ancienne responsable des études afro-américaines à l’Université de Princeton. Elle a publié en mars 2010 l’ouvrage The History of White People (W. W. Northon & Company). http://kpr.me/10cEvw ***** C.V. : Vous venez de publier The History of White People, votre septième livre, dont le titre (L’Histoire du peuple blanc) sonne étrangement. 2N. P. : Le titre est une provocation. Dans l’introduction, je pensais dire que le livre est l’histoire d’une construction des races blanches aux USA: l’histoire des Blancs est une autre chose. Je vois mon livre comme une généalogie, dans la ligne de Michel Foucault : en français, le sujet imposerait de distinguer la construction des idées de l’histoire effective des Blancs. 3C. V. : Cette histoire est-elle donc celle d’une fiction ? 4N. P. : C’est une histoire intellectuelle, ce n’est pas une histoire des actes. Ce n’est pas réel, mais ça produit du réel. Je ne veux pas perdre de vue la loi, la politique et la relation entre les idées, et des faits comme l’immigration : le fait de l’immigration des gens qui travaillent. Ce sont les travailleurs qui sont surtout sujets aux idées sur les races, qui sont « racialisés ». Dès le xixe siècle, les Irlandais catholiques sont racialisés comme race celtique, donc inférieure. Par opposition aux anglo-saxons, qui sont supposés être la race supérieure, les Irlandais sont pensés comme race inférieure. Aux USA, les Irlandais étant blancs, les hommes irlandais pouvaient voter, et c’était très important. Mais, comme blancs, ils étaient quand même considérés comme membres d’une race inférieure à la race saxonne. 5Il est difficile, pour les Américains d’aujourd’hui, de comprendre que tous les Blancs ne sont pas égaux : pour eux, la race blanche est unie et singulière. Mais, au xixe-xxe siècle, il y avait beaucoup de Blancs qui n’étaient pas considérés de même race, et donc pas égaux : les Saxons, les Juifs, les Nordiques, les Slaves, les Italiens, etc. Des formes d’égalité ne se sont établies que progressivement, par une série d’élargissements successifs. Des événements comme la Guerre civile (guerre de Sécession) ont été importants. 6Les Irlandais par exemple, au xixe siècle, étaient considérés comme blancs, mais de race inférieure (la race celtique). Alors qu’au xxe, ils étaient considérés comme des Européens du Nord-Ouest – des « Nordiques » – et c’était supposé être la race supérieure. Quelquefois les Irlandais catholiques étaient inclus dans le groupe (présumé) supérieur des Anglo-Saxons ou WASPs (White Anglo-Saxon Protestants). Quoique beaucoup d’Irlando-américains aient vivement rappelé avoir été stigmatisés comme inférieurs, leur stigmatisation avait été largement oubliée au milieu du xxe siècle. 7Ernest Renan en France, ou Matthew Arnold en Angleterre, ont été des héros de la valorisation des Celtes au xixe siècle, mais ils étaient minoritaires : c’est seulement le xxe siècle qui a revalorisé les Western-Nordistes. 8C. V. : Vous présentez le concept d’Aryen comme intrinsèquement porteur d’une confusion entre langue, géographie et race. 9N. P. : L’idée d’Indo-européen, créée au xixe siècle, est devenue une catégorie raciale au tournant du xxe siècle. Le mot est popularisé par le français Gobineau, qui a écrit en 1853-1855 les deux volumes de l’Essai sur l’inégalité des races humaines, dont la publication a été plus ou moins un échec. Il a été redécouvert, et traduit en anglais en 1915 : c’est là que ses idées ont gagné une popularité fulgurante. L’idée raciale des Aryens est alors entrée en Angleterre, en France et en Allemagne. 10C. V. : Peut-on dire que l’idée de race, telle qu’elle s’est développée depuis le tournant du xixe siècle, ait pris naissance en Allemagne avec Blumenbach ? 11N. P. : Elle s’est étendue en France, en Angleterre, aux USA ; mais on peut dire que la racine de ces idées est en Allemagne. L’idée de taxinomie, au xviiie siècle, définit la science au plus haut degré. À ce moment-là, les Allemands étaient au sommet de la science en général, et ils ont voulu, à partir d’une légitimation par la taxinomie, créer une science des races : c’était une autre voie de supériorité. 12Les Allemands du Nord étaient moins civilisés (moins raffinés, moins éduqués) que les Allemands du Sud, les Autrichiens ou les Français. La différence entre les Allemands et les Français est très présente dans ce livre. On mentionnait la virilité des Allemands, mais les Français étaient vus clairement comme plus civilisés qu’eux. Mais les Allemands se vantaient de leur intelligence dans des grands textes. 13C. V. : Vous mentionnez, dans votre livre, le rôle joué par Mme de Staël au xixe siècle, pour établir un pont avec la culture allemande. 14N. P. : Je me suis demandé quel est le rapport entre les idées allemandes, et les idées anglo-saxonnes ou américaines, surtout à une époque où la langue allemande demeurait hors de la formation américaine. La clef était De l’Allemagne, de Germaine de Staël. Elle a influencé d’abord Carlyle en Angleterre, puis son ami Emerson en Amérique. Mme de Staël a traduit des idées que les anglophones trouvaient très difficiles. Par exemple, les idées sur le naturalisme. Les idées philosophiques d ‘Emerson sont venues de ses traductions : il a été influencé par Mme de Staël, et par Carlyle, qui était très germanophile. 15Les idées de Kant sur la religion, ou sur la nature, sont pour Emerson ce qu’ i l a pu en comprendre grâce à Mme de Staël. Et le Transcendantalisme d’Emerson a été très important dans la Renaissance américaine du milieu du xixe. 16C. V. : Une part centrale de votre ouvrage est consacrée à cette figure d’Emerson, et vous insistez sur un point paradoxal : son anti-esclavagisme, pour lequel il est connu, n’est pas du tout corrélatif d’un anti-racisme. 17N. P. : Pour Emerson, l’esclavage est un crime contre la civilisation, c’est-à-dire, contre la civilisation des hommes blancs. Emerson ne s’intéressait guère aux Noirs : pour lui, les classes laborieuses (noires en particulier) font partie de ce qu’il appelle « le guano ». Il écrit dans son Journal en 1851: « The absence of moral feeling in the white-man is the very calamity I deplore. […] The captivity of a thousand negroes is nothing to me [1] [1] « La catastrophe que je déplore, c’est l’absence de sens moral…. » 18L’esclavage est un crime, un délit, quelque chose de très mauvais de la part des Blancs. Jefferson aussi était contre l’esclavage dans cet esprit : parce qu’il nourrit le caractère des Blancs propriétaires d’esclaves (ce qu’il était du reste lui-même). Mais peu importe le sort des Noirs : ce sont des travailleurs de nature. Dans un autre texte, Emerson dit que la race noire est une race d’esclaves. Pour lui, il vaut mieux tout simplement rendre les Noirs invisibles (les faire disparaître de la vue), mais leur sort ne l’intéresse pas beaucoup. Le point important est de libérer les Blancs de l’esclavage comme culpabilité. 19C. V. : Comment concilier ce point de vue avec l’affirmation de l’universalisme ? 20N. P. : Les anti-esclavagistes avaient beaucoup d’idées différentes. Certains voyaient les Noirs comme des citoyens, mais la plupart ne s’intéressaient pas beaucoup à ce qu’étaient les Noirs, ou à leur sort : le plus important était le futur des Blancs aux USA comme nation de liberté. Une chose qui m’a frappée dans mes recherches, c’est que les Américains n’ont commencé que très tard à voir les Noirs comme américains. 21Je présente dans le livre la couverture d’une brochure de 1938 intitulée Americans all, immigrants all, supposée valoriser la diversité du peuplement américain au moment du New Deal. Les Noirs n’y figurent qu’en tout petit, dans le coin en bas à gauche, réduits au standard sudiste du coton et du Mississipi. Ce sont des esclaves sudistes, tout petits dans le coin, tandis que les Puritains sont représentés en très grand. 22C. V. : Peut-on parler d’une politique d’intégration ? 23N. P. : C’est une idée très difficile pour les Américains de cette époque. Même dans les années 1950 - 1960 - 1970, il s’agissait plutôt d’une dé-ségrégation. Très peu de gens en étaient préoccupés, et le pays se représentait à lui-même comme peuplé de quelques Noirs dans une marée de Blancs. C’est ce que je vois dans cette image avec les tout petits Noirs dans le coin : une volonté qui se limite à la dé-ségrégation. 24Même maintenant, c’est difficile d’imaginer l’intégration. Ça réussit plutôt dans les classes supérieures, mais c’est difficile dans les classes moyennes et dans la classe ouvrière. Parce que là, les questions de compétition pour les salaires et le travail sont aiguës. 25J’arrive de Martha’s Vineyard [2] [2] Île au large de la côte Est, connue comme lieu de villégiature…, où j’étais invitée : c’est « l’élite », et tout le monde est content ensemble. On y va depuis la côte du Massachusetts, par navette ou par avion. Nos hôtes étaient professeurs à Harvard, et leur voisinage compte beaucoup de professeurs, d’artistes. De l’autre côté de l’île, ce sont les riches. C’est essentiellement un lieu de vacances, et ce sont les vacances des classes aisées. En ce moment, le Président y est. Et quand Clinton était président, il y allait aussi en villégiature. Là, c’est mixte : on voit Noirs et Blancs se côtoyer, et tout le monde est très content parce que tout le monde est très gentil. Mais maintenant, il faut des millions de dollars pour y acheter une toute petite maison. 26Et cependant, dans le monde des classes moyennes, les Noirs, même bien éduqués, demeurent systématiquement présumés coupables : tout n’est pas facile et heureux ! Dans les classes laborieuses, on voit des mariages entre Blancs et Noirs ; mais, quand se pose la question de la compétition, c’est toujours difficile. C’est dans les classes où la compétition est voilée, que les gens peuvent être ainsi ensemble. 27C. V. : Vous montrez, dans votre livre, la confusion, autour du fantasme de la race, entre les dimensions esthétiques, scientifiques et politiques. N. P. : Ces confusions se cristallisent dans la question du genre masculin/féminin. L’idée de la beauté de la race caucasienne (créée par Blumenbach au xviiie siècle) est fondée sur la féminité de l’esclave blanche, de l’odalisque. Mais, pour Emerson, il faut transformer cette beauté féminine en masculinité, et produire la beauté des Blancs saxons : pour lui, le concept de Blanc est trop large, il faut le réduire au concept de Saxon. Et là, il faut retrouver une beauté masculine : c’est l’époque de la colonisation, de l’Empire nord-européen. Mais l’idée de la beauté, ce qu’on voit de la personne, ce sont toujours au fond des catégories raciales. Qu’est-ce qu’on voit ? Le nez, les yeux, les lèvres, la stature, la couleur des cheveux, tout ça se voit. Quand on voit, on ne voit pas l’histoire de la personne, on voit seulement son image. Et l’on ignore ce qu’il y a derrière. L’identification entre Blanc et Caucasien est venue de Blumenbach, qui en a écrit le texte. Mais Winckelmann était antérieur à Blumenbach, et il a influencé Goethe sur l’idée de la beauté des Grecs anciens, comme beauté parfaite, dure et blanche. L’idée de la beauté parfaite des Grecs anciens est une idée allemande, qui s’est répandue au xxe en Europe. Pour les Allemands du xixe, il y avait un lien entre eux et les Grecs anciens, par la beauté. C. V. : Est-ce à dire qu’il y a, dans l’idée même de beauté, un ferment de domination ? N. P. : C’est chez Emerson qu’il faut en trouver l’idée : il est l’auteur le plus important, comme écrivain et comme penseur. Pour Emerson, l’origine est dans l’histoire des Vikings, qui sont pour lui les ancêtres des Saxons : c’est un peu compliqué, et non vertical, mais pour lui ça marchait… Emerson n’est pas un homme de science : pour lui, l’histoire est plus importante que la science ; mais c’est une histoire « vraie », et donc au final scientifiquement crédible. La beauté comme catégorie scientifique, quand on l’examine de près, ça n’a pas de sens. C’est l’idée de race qui lui donne une orientation : une idée qui permet de distinguer les gens les uns des autres, pour créer et renforcer les différences. Et ça donne, dans la société américaine, l’idée de race comme moyen de discrimination entre les gens. Pas mal de Blancs, comme de Noirs, pensent qu’il y a des différences permanentes et fondamentales entre les personnes, leur histoire, leur nation, ce qu’ils pensent. Et ils préfèrent distinguer par la race, que par la richesse ou par la classe. C. V. : Quel est l’intérêt de produire préférentiellement ce type de distinction ? N. P. : Produire et reproduire : pour nous aussi, la race fonctionne par proximité de classe. C’est plus facile aux États-Unis de parler de race que de classe : tous les Américains pensent qu’ils sont de classe moyenne. C’est plus simple que Marx : c’est fondé sur l’esclavage, et l’esclavage est un esclavage racial, pour lequel Blanc signifie libre, et Noir signifie esclave. Si un Blanc n’est pas de classe moyenne, il faut utiliser l’adjectif poor, pour dire poor-white (Blanc pauvre). Pour un Noir, c’est s’il est de classe moyenne qu’il faut utiliser l’adjectif middle-class pour signifier qu’il ne s’agit pas d’un type pauvre. Sans l’adjectif, il va sans dire que c’est le contraire. Il y a un chapitre dans mon livre que je crois très important, et dont personne n’a parlé, c’est sur le troisième élargissement des Blancs américains : la politique de New Deal dans les années trente, la politique de la deuxième guerre mondiale et la politique de la Federal Housing Administration. La politique de Housing (politique du logement) est très ségréguée, même maintenant : c’est la politique de financement des Financing mortgages, qui fixait l’hypothèque à trente ans dans les années 1950 - 60 - 70. Cette politique d’emprunt a séparé les Noirs cantonnés à l’intérieur des villes, et les Blancs auxquels étaient réservées les banlieues : c’était légal de discriminer par le logement. Pour le troisième élargissement, l’important a été le rôle de la politique fédérale. La ségrégation entre villes et banlieues n’est pas naturelle, c’est le fait de la politique de l’emprunt pour acheter des maisons, basée sur la discrimination. Et cette politique est toujours invisible : on ne voit pas que la politique de Housing était discriminatoire. Les Blancs pensent qu’ils ont travaillé très dur, qu’ils ont fait des efforts, et que les Noirs n’ont pas d’ambition. Après 1968, il y a eu une loi fédérale : Fair Housing Act. Mais auparavant, c’était tout à fait légal de refuser l’installation aux familles noires : ça a été le cas pour ma famille en Californie. Tout ça est toujours très important, parce que le fondement du Family Wealth (les finances familiales) aux USA, c’est la maison. Et c’est très inférieur pour les familles noires, par rapport aux familles blanches. Le logement est fondamental pour stigmatiser les différences de race, corrélativement aux différences de richesse, entre les familles. Avant 1968, c’est sur des critères raciaux qu’on refusait aux gens d’emprunter pour acheter des maisons. Être blanc voulait dire avoir le droit d’acheter une maison n’importe où : les Noirs ne pouvaient acheter que dans les villes, parce qu’ils étaient moins riches, ils n’avaient pas accès aux emprunts de trente ans. C’était plus difficile d’avoir l’argent pour acheter, parce qu’on empruntait : les conditions de l’emprunt sont très importantes. Personne n’achetait à la campagne : maintenant, acheter à la campagne, c’est pour la maison de vacances. http://www.kweeper.com/charles/image/6538138 Sun, 03 Jan 2021 19:49:21 +0100 charles privilège blanc blanchité sociologie intersectionnalité essai nell painter « Dans le blanc des yeux » de Maxime Cervulle (Ed. Amsterdam) http://www.kweeper.com/charles/image/6538111 Inversant les termes habituels du débat français autour de la « diversité », cet ouvrage propose d’interroger la construction sociale de la #blanchite. Ce concept anglo-américain, né à la fin des années 1980 et presque complètement ignoré en France, désigne un mode de problématisation des rapports de race : l’étude des modalités dynamiques par lesquelles des individus ou groupes peuvent adhérer ou être assignés à une « identité blanche » socialement gratifiante. A travers le terme blanchité, il s’agit de renverser le regard habituellement porté sur le racisme, en n’interrogeant pas tant les processus d’altérisation et de minorisation, que leur envers : la construction d’une hégémonie blanche rarement interrogée. Cette perspective a émergé de la sociologie et de la littérature afro-américaines, avant de donner lieu à l’apparition d’un champ d’étude particulièrement développé en Grande-Bretagne et aux États-Unis – le champ des Critical White Studies. Qui a pour objet la construction socio-historique des «identités blanches», et son articulation avec le racisme. Le concept ne renvoie toutefois ni à un type corporel, ni à une origine définie, mais à un «construit» social : aux modalités changeantes par lesquelles, en certaines conjonctures, certains groupes peuvent être assignés ou adhérer à une «identité blanche» socialement gratifiante. L’enjeu est à la fois de penser la persistance de l’identification raciale, aussi bien que la façon dont l’occupation d’une telle position identitaire peut se traduire par des formes de gratifications symboliques ou matérielles. LES RAPORTS SOCIAUX DE RACE : L’histoire du développement capitaliste est profondément liée à celle de l’esclavage et de la colonisation, comme le montrent notamment les travaux de Walter Mignolo ou d’Achille Mbembe. Parler de «rapports sociaux de “race”» revient à dire que l’invention et la persistance de cette catégorie mortifère qu’est la race s’inscrit dans un certain mode de production, le capitalisme, et donne lieu à certains modes d’organisation sociale fondés sur l’inégalité dans l’accession aux biens, aux ressources et à la dignité. http://www.kweeper.com/charles/image/6538111 Sun, 03 Jan 2021 18:41:08 +0100 charles privilège blanc blanchité sociologie intersectionnalité essai Racisme de l’intelligence par Pierre Bourdieu http://www.kweeper.com/charles/image/6538089 l faut avoir à l’esprit qu’il n’y a pas un racisme, mais des racismes : il y a autant de racismes qu’il y a de groupes qui ont besoin de se justifier d’exister comme ils existent, ce qui constitue la fonction invariante des racismes. Il me semble très important de porter l’analyse sur les formes du racisme qui sont sans doute les plus subtiles, les plus méconnaissables, donc les plus rarement dénoncées, peut-être parce que les dénonciateurs ordinaires du racisme possèdent certaines des propriétés qui inclinent à cette forme de racisme. Je pense au racisme de l’intelligence. Le racisme de l’intelligence est un racisme de classe dominante qui se distingue par une foule de propriétés de ce que l’on désigne habituellement comme racisme, c’est-à-dire le racisme petit-bourgeois qui est l’objectif central de la plupart des critiques classiques du racisme, à commencer par les plus vigoureuses, comme celle de Sartre. Ce racisme est propre à une classe dominante dont la reproduction dépend, pour une part, de la transmission du capital culturel, capital hérité qui a pour propriété d’être un capital incorporé, donc apparemment naturel, inné. Le racisme de l’intelligence est ce par quoi les dominants visent à produire une « théodicée de leur propre privilège », comme dit Weber, c’est-à-dire une justification de l’ordre social qu’ils dominent. Il est ce qui fait que les dominants se sentent d’une essence supérieure. Tout racisme est un essentialisme et le racisme de l’intelligence est la forme de sociodicée caractéristique d’une classe dominante dont le pouvoir repose en partie sur la possession de titres qui, comme les titres scolaires, sont censés être des garanties d’intelligence et qui ont pris la place, dans beaucoup de sociétés, et pour l’accès même aux positions de pouvoir économique, des titres anciens comme les titres de propriété et les titres de noblesse. Pierre Bourdieu Sociologue, professeur au Collège de France. Extrait d’Interventions 1961-2001, Agone, Marseille, 2002, page 177. http://www.kweeper.com/charles/image/6538089 Sun, 03 Jan 2021 10:58:06 +0100 charles privilège blanc blanchité sociologie pierre bourdieu Réflexions sur le privilège blanc - De quelle couleur sont les blancs ? (par Pierre Tévanian) http://www.kweeper.com/charles/image/6538087 pages 23 à 33 "Être blanc n’est en effet pas une simple affaire de couleur de peau. Jack Lang ou Jacques Séguéla, par exemple, ont le teint plus mat que beaucoup d’Arabes, d’Antillais ou de métis, mais ce sont eux les Blancs. Être blanc ne signifie pas simplement avoir la peau claire, mais plutôt : ne pas être identifié comme un Noir, un Arabe, un Asiatique, un Turc ou un musulman, ne pas porter certains stigmates. D’où une seconde réponse : « Être blanc, c’est avant tout ne pas subir la discrimination comme les non-Blancs la subissent. Ce n’est pas avoir une certaine couleur mais occuper une certaine place – un certain rang social. » Blanc n’est en effet pas une catégorie raciale, mais une catégorie sociale. La race est, comme la classe et le sexe, une construction sociale, et le racisme, comme l’oppression de classe et l’oppression de genre, s’incarne dans une souffrance sociale : ne pas trouver d’emploi ou de logement parce qu’on est noir ou arabe, être exclu de l’école parce qu’on porte un voile, etc…" http://www.kweeper.com/charles/image/6538087 Sun, 03 Jan 2021 10:36:32 +0100 charles privilège blanc blanchité sociologie intersectionnalité essai De quelle couleur sont les Blancs ? - sous la direction de Sylvie Laurent et Thierry Leclère (2013) http://www.kweeper.com/charles/image/6538086 Ouvrage collectif intitulé : De quelle couleur sont les blancs ? : Des « petits Blancs » des colonies au « racisme anti-Blancs » Sous la direction de Sylvie Laurent, Thierry Leclère Année : 2013 Éditeur : La Découverte ***** SUMMARY **** " Blancs ", " petit Blancs ", " racisme anti-Blancs "... ces vocables, qui appartenaient autrefois au discours de l'extrême droite, font un retour en force dans le débat public. Le quotidien Libération, par exemple, décrit l'Assemblée nationale comme une " réunion d'hommes blancs d'un âge avancé ". L'hebdomadaire Marianne trouve " tellement petit Blanc, tellement franchouillard " un roman de Christine Angot. En politique, Jean-François Copé part en guerre contre le " racisme anti-Blancs ", tandis que pour l'écrivain et éditeur Richard Millet, " passer à la station Chatelet-les Halles à six heures du soir est un cauchemar absolu, surtout quand je suis le seul Blanc ". Le " Blanc " est revenu dans le débat, mais souvent par effraction, sans précaution et sans mise en perspective. Sans réellement qu'on sache à quoi le terme fait référence : est-il synonyme de " Français de souche " ? d'autre chose ? de quoi le Blanc est-il donc le nom ? Le débat sur les " minorités visibles ", prégnant depuis une vingtaine d'années, accouche aujourd'hui, logiquement, d'un questionnement sur la " majorité invisible ". Alors qu'est-ce qu'être Blanc ? Une couleur ? Ce serait si simple... Pour l'essayiste et philosophe Pierre Tevanian, " être blanc, c'est ne pas avoir à se poser la question "qu'est-ce qu'être blanc ?'. Ne pas avoir, contrairement aux Noirs, Arabes et autres non-Blancs, à s'interroger sur soi-même, son identité et la place qu'on occupe dans la société, parce que cette place va en quelque sorte de soi ". Si la race n'existe pas scientifiquement, la " ligne de couleur ", comme disait le sociologue noir américain W. E. B Dubois, passe bien au coeur de la société française. Dans notre système républicain, en apparence si rétif au prisme racial, la " question blanche " explore cette ligne de couleur en s'arrêtant sur l'histoire coloniale (Alain Ruscio, Pascal Blanchard), les sciences politiques (Ariane Chebel d'Appollonia) mais aussi l'histoire du cinéma (Andrew Asibong), de la littérature (Clarissa Behar) ou de la chanson ( Magyd Cherfi de Zebda). Depuis le début des années 1990, les Américains ont fait de la question blanche un domaine d'étude universitaire : les "whiteness studies". Pour la première fois en France, cet ouvrage d'historiens, de sociologues, d'anthropologues et de journalistes revisite de façon originale les questions raciale et sociale, avec la conviction qu'il faut déconstruire la question blanche pour mieux la dépasser. http://www.kweeper.com/charles/image/6538086 Sun, 03 Jan 2021 10:20:58 +0100 charles privilège blanc blanchité sociologie intersectionnalité essai Histoire des Blancs (Éditions Max Milo) - Nell Irvin Painter http://www.kweeper.com/charles/image/6538085 L’historienne américaine Nell Irvin Painter, dont l’Histoire des Blancs traduite en français sortait au printemps 2019 en France (chez Max Milo), adopte un point de vue révolutionnaire : au lieu d'étudier la négritude, elle interroge la construction de la notion de race blanche, depuis les Scythes de l'Antiquité jusqu'aux catégories raciales utilisées dans l'Occident d'aujourd'hui. Elle étudie la manière dont la désignation de Blancs et de Non-Blancs a évolué selon les croyances politiques et la représentation des corps. Elle montre les constructions du regard sur la couleur, et leurs liens avec les critères esthétiques de la beauté féminine. Elle étudie les passages entre les pensée américaines et européennes au XIXe siècle. Elle analyse les catégories raciales qui définissent les identités aujourd'hui. Nell Irvin Painte montre combien la blanchité est une construction sociale et imaginaire comme toutes les races, qui est largement tramée par les discours. Et surtout pas une essence stable. Elle rappelle que le terme “Blanc” s’est d’abord forgé, aux Etats-Unis, par opposition à “Noir” et “Nègre”, au XVIIe siècle. http://www.kweeper.com/charles/image/6538085 Sun, 03 Jan 2021 10:10:04 +0100 charles privilège blanc blanchité sociologie intersectionnalité essai nell painter "Blanchité" et race : pourquoi ce déni tenace ? http://www.kweeper.com/charles/image/6538084 Comme le mot "race", les "Blancs" sont entrés par la petite porte dans le monde académique. Déni, tabou ou désaccord plus frontal : longtemps on n'a pas pensé les Blancs en France, où être "une personne de couleur" c'est surtout être Noir ou Arabe. Ça change, notamment grâce au concept de blanchité. Définie comme une construction institutionnelle et médiatique d’une identité blanche majoritaire, la blanchité est un terme utilisé depuis longtemps dans les sciences sociales aux États-Unis alors qu’il est complètement ignoré en France. Minorités visibles contre majorité invisible : s’interroger sur la blanchité permet de dénaturaliser une norme qui paraît encore neutre pour beaucoup. Pourquoi, en France, la majorité ne s’identifie-t-elle pas comme blanche, alors que l’expression « racisme anti-blanc » est de plus en plus employée ? Comment la blanchité opère-t-elle au quotidien ? Le mot “#blanchite” a mis du temps à s’installer dans les sciences sociales en France. Notamment du fait de fortes résistances, mais aussi d’une culture académique française plus générale. Les rares chercheurs qui l’ont fait leur ont souvent d’abord utilisé le terme anglais, “whiteness”, très dynamique outre-Atlantique où, depuis 25 ans, il est utilisé aussi bien en histoire, en droit, en sociologie de l’éducation, en littérature. Bizarrement, à la genèse de ce concept de “#whiteness”, on retrouve Toni Morisson (décédée le 5 août 2019), une écrivaine pourtant encensée en France. Bien plus reconnue, finalement, que le concept qu’elle avait largement contribué à populariser avec, par exemple, Playing In The Dark : Whiteness and the Literary Imagination, en 1992 avant que la civilisationniste Judith Ezekiel (spécialiste de l’histoire américaine), ne traduise “whiteness” en “blanchité” dans les années 90 lors de conférences, puis en 2002 dans une première publication. Anglicisme, le concept s’est souvent vu reprocher une forme d’extraterritorialité, comme s’il s’agissait en somme d’un import mal digéré, un terme peut-être utile pour qualifier un monde social américain pétri par l’esclavage et malaxé par un capitalisme racialiste… mais un peu vénéneux et carrément suspect quand il s’agirait de décortiquer les mécanismes de domination qui courent toujours dans la vieille France républicaine. En ne nommant pas le groupe majoritaire et en refusant de regarder les privilèges qui lui incombent, on prendrait en fait plus facilement la partie pour le tout. Quitte à stigmatiser ceux qui ne correspondent pas au modèle dominant. C’est en cela que la blanchité est devenue un outil utile aux travaux sur les discriminations. “Privilèges”, carrément ? Le terme est familier aux chercheurs des discriminations raciales, qui ont fait leur les termes de “race” voire d’”intersectionnalité” quand il s’agit d’articuler les catégories de race, de genre et de classe pour observer la manière dont ils se combinent et s’actualisent, ensemble. http://www.kweeper.com/charles/image/6538084 Sun, 03 Jan 2021 09:48:39 +0100 charles privilège blanc blanchité sociologie intersectionnalité Thierry Leclère - De quelle couleur sont les Blancs ? http://www.kweeper.com/charles/video/6538083 Thierry Leclère présente l'ouvrage collectif : "De quelle couleur sont les Blancs ? des petits Blancs des colonies au racisme anti-Blancs" paru aux éditions La Découverte en 2013, avec les contributions de Andrew Asibong, Clarissa Behar, Pascal Blanchard, Pierre Tévanian ... Sous la direction de Thierry Leclère et Sylvie Laurent. Les contributions analysent ce qu'implique le concept idéologique autour de la couleur de peau blanche depuis l'époque coloniale (les "petits Blancs") jusqu'à nos jours où la notion de "racisme anti-Blancs" est de plus en plus utilisée dans les discours politiques depuis les années 2000 et la montée de l'extrême droite en France. http://www.kweeper.com/charles/video/6538083 Sun, 03 Jan 2021 09:23:48 +0100 charles privilège blanc blanchité sociologie Bilan 2020 : On a tous attendu 2021. Bonne année et surtout bonne santé ! http://www.kweeper.com/charles/image/6537955 http://www.kweeper.com/charles/image/6537955 Thu, 31 Dec 2020 01:50:07 +0100 charles 2021 new year bonne année 2020 covid-19 RADIOSHIC x MURAATO : les interviews des chefs http://www.kweeper.com/charles/image/6537698 ITW Romain Pelosse https://radioshic.com/timetable/event/radioshic-x-muraato-2-2-2/ ITW Cyril Boisviel https://radioshic.com/timetable/event/radioshic-x-muraato-2-2-2-3-3/ ITW Maxime et Hélène Laurenson https://radioshic.com/timetable/event/radioshic-x-muraato-2-2-2-2/ ITW Jean-Luc Leger https://radioshic.com/timetable/event/radioshic-x-muraato-2-2-2-3/ ITW Florent Poulard https://radioshic.com/timetable/event/radioshic-x-muraato-2/ ITW Jeff et Max Têtedoie https://radioshic.com/timetable/event/radioshic-x-muraato-2-2-2-2-2/ ITW Paul et Massimiliano Cocotte https://radioshic.com/timetable/event/radioshic-x-muraato-2-2-2-3-2/ ITW Hubert Vergoin et Arnaud Laverdin https://radioshic.com/timetable/event/radioshic-x-muraato-2-2/ #radioshic http://www.kweeper.com/charles/image/6537698 Fri, 25 Dec 2020 17:19:24 +0100 charles radioshic Joyeux Noël à tous ! http://www.kweeper.com/charles/image/6537653 En cette période de fêtes plus que perturbée par la Covid-19, le réveillon a une saveur particulière en cette année 2020. Je vous souhaite un joyeux Noël, rempli de joie et de passion autour des gens que vous aimez. http://www.kweeper.com/charles/image/6537653 Thu, 24 Dec 2020 21:03:23 +0100 charles xmas kweeper christmas joyeux noel 2020 covid-19 Covid : une ministre belge dévoile les prix des vaccins au grand dam de la Commission européenne http://www.kweeper.com/charles/image/6537371 http://www.kweeper.com/charles/image/6537371 Fri, 18 Dec 2020 21:20:44 +0100 charles NGONDO 2020 : Toto Guillaume rend hommage à Manu Dibango ! http://www.kweeper.com/charles/video/6537347 http://www.kweeper.com/charles/video/6537347 Fri, 18 Dec 2020 15:41:46 +0100 charles toto guillaume