charles on kweeper http://www.kweeper.com/charles sans la faculté de mémoire, l'homme perd ses capacités cognitives et conceptuelles car il vit uniquement dans l'instant... Sat, 30 May 2020 23:50:11 +0100 http://www.kweeper.com/avatars/c50x50/2-charles.jpg Kweeper http://www.kweeper.com/charles <link>http://www.kweeper.com/charles/audio/6526051</link> <description/> <guid>http://www.kweeper.com/charles/audio/6526051</guid> <pubDate>Sat, 30 May 2020 23:50:11 +0100</pubDate> <author>charles</author> <category>soundcloud</category> </item> <item> <title>Luc Ferry: allons nous vivre 300 ans avec le transhumanisme ? http://www.kweeper.com/charles/video/6526041 http://www.kweeper.com/charles/video/6526041 Sat, 30 May 2020 16:01:17 +0100 charles transhumanisme brutalisme L’homme immortel : fantasme ou réalité ?" - Laurent Alexandre http://www.kweeper.com/charles/video/6526038 http://www.kweeper.com/charles/video/6526038 Sat, 30 May 2020 15:19:51 +0100 charles transhumanisme brutalisme Zuckerberg prend ses distances vis à vis de Twitter http://www.kweeper.com/charles/image/6525971 Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a pris ses distances jeudi vis-à-vis de Twitter et du différend qui l'oppose au président américain Donald Trump, alors que la Maison blanche s'apprêtait à abandonner une loi protégeant les opérateurs de réseaux sociaux. Trump, qui accuse ces entreprises d'être de parti pris contre les conservateurs sans avancer de preuves, a intensifié ses attaques envers Twitter après que le réseau social a ajouté sous un de ses double message un avertissement incitant les utilisateurs du réseau social à vérifier la véracité de ses affirmations. «Nous avons une politique différente de celle de Twitter à ce sujet», a déclaré Zuckerberg à Fox News, la chaîne de télévision préférée de Trump. Les deux sites retirent le contenu qui viole leurs conditions de service, mais l'approche de Facebook, dit-il, «nous distingue d'autres entreprises technologiques en termes de liberté d'expression et de faire entendre toutes les voix.» http://www.kweeper.com/charles/image/6525971 Fri, 29 May 2020 10:53:40 +0100 charles facebook twitter trump fake news Addi Bâ, itinéraire d'un résistant méconnu http://www.kweeper.com/charles/video/6525930 Le parcours singulier de Mamadou Hady Bah dit « Addi Bâ » (1916-1943), tirailleur puis héros de la Résistance dans les Vosges. A découvrir dans le livre « Addi Bâ, le résistant des Vosges », d'Etienne Guillermond, éditions Duboiris, Paris, 2013. Plus d'infos sur : http://addiba.free.fr http://www.kweeper.com/charles/video/6525930 Wed, 27 May 2020 23:47:56 +0100 charles addi ba histoire tirailleurs senegalais Resistance - Addi Bâ, surnommé le « terroriste noir » par les Allemands http://www.kweeper.com/charles/image/6525912 Addi Bâ, surnommé le « terroriste noir » par les allemands, est le premier maquisard des Vosges, arrêté, torturé puis exécuté. Il ne reçu la médaille de la résistance qu’en 2003, une seule rue en France porte son nom QUI ÉTAIT ADDI BA? Addi Ba Mamadou,naît en Guinée le 25 Décembre 1916. Il est domestique dans l’Indre avant de rejoindre Paris, il s'engage dans l'armée française en 1939 et fait partie du 12e régiment de tirailleurs, il est fait prisonnier mais il s’évade audacieusement et rejoint le maquis des Vosges dès octobre 1940 pour aider à l’exil de soldats. En 41 il fait passer la frontière suisse à une trentaine de tirailleurs, administre le maquis puis il est arrêté en novembre 43 par les Allemands lors d’un assaut contre le maquis du camp de la délivrance. Torturé, il ne parlera pas, il est fusillé le 18 décembre 43 à Épinal. Comme la plupart des soldats noirs français, son sacrifice (et patriotisme) n’est pas reconnu dès la fin de la guerre, il faut attendre le XXIème siècle pour qu’il reçoive à titre posthume la médaille de la résistance, 1 rue porte son nom (2215 portent celui de Jean Moulin) http://www.kweeper.com/charles/image/6525912 Wed, 27 May 2020 15:37:10 +0100 charles addi ba histoire tirailleurs senegalais Resistance - Addi Bâ, surnommé le « terroriste noir » par les Allemands http://www.kweeper.com/charles/image/6525913 Addi Bâ, surnommé le « terroriste noir » par les allemands, est le premier maquisard des Vosges, arrêté, torturé puis exécuté. Il ne reçu la médaille de la résistance qu’en 2003, une seule rue en France porte son nom http://www.kweeper.com/charles/image/6525913 Wed, 27 May 2020 15:37:10 +0100 charles addi ba histoire tirailleurs senegalais Louis Pouzin - L’un des pères de l’internet http://www.kweeper.com/charles/image/6525889 Louis Pouzin est un ingénieur français qui dans les années 70 s’est illustré pour avoir travaillé sur le Plan Calcul et le projet Cyclades, un réseau global de télécommunication utilisant la commutation de paquets appelée aussi Datagramme. Louis Pouzin avec son équipe, ont donc mis au point dès 1964, ce concept du Datagramme qui a ensuite été implémenté par Vinton Cerf au sein d’ARPANET, l’ancêtre d’Internet (côté américain donc). Aux côtés du Britannique Tim Berners-Lee et des Américains Vint Cerf et Robert Kahn, Louis Pouzin est considéré comme l'un des pères fondateurs de ce qui allait devenir internet. Il a été décoré à ce titre par la reine Elizabeth. Du côté français et européen, nous avions un temps d’avance technologique sur les Américains, avec le réseau Cyclades. Mais pour de mauvais choix politiques, les subventions du projet ont été coupées par Valéry Giscard d’Estaing au profit du Minitel, déjà bien en retard technologiquement par rapport à Cyclades. Un gros ratage politico-technologique qui ne sera que le premier d’une longue série qui se poursuit encore aujourd’hui. La suite vous la connaissez… Internet explosa aux US et le Minitel fit son temps et disparu. Aujourd'hui encore, Ià plus de 88 ans, Louis Pouzin parcourt le monde pour défendre sa vision d'un «autre internet», qui a désormais l'appui de l'UE, de centres de recherches et d'entreprises technologiques. http://www.kweeper.com/charles/image/6525889 Wed, 27 May 2020 11:15:06 +0100 charles internet economie louis pouzin L'invention du restaurant - un concept français universellement connu http://www.kweeper.com/charles/image/6525844 Avant la naissance des restaurants, on compte 4 grands types de commerçants qui fournissent à manger et à boire à leurs clients. - Les taverniers ne délivrent que du vin, - les cabaretiers servent du vin et des viandes, - les aubergistes ne proposent qu'un seul plat à heure fixe, - les traiteurs sont autorisés à vendre des sauces et ragoûts. Ce n'est qu'au début du 16e siècle que le mot "restaurant" commence à être utilisé comme substantif pour désigner un aliment reconstituant. Au milieu du 17e siècle, le terme désigne plus précisément un bouillon reconstituant fait de jus de viande concentré habituellement servis aux femmes enceintes et aux personnes malades. Enfin, au milieu du 18e siècle, le terme restaurant désignera le lieu qui assure la vente de ce bouillon. Le bouillon restaurant Un marchand de bouillon, nommé Boulanger et surnommé Champ d'Oiseau ou Chant d'Oiseau, ouvrit en 1765 à Paris, rue des Poulies, une maison de santé. Dans cet établissement étaient servis avant tout des bouillons ou consommés. Ces aliments avaient la réputation de redonner des forces aux femmes en couches, aux individus relevant de maladie, atteints de maladie de langueur, ou qui avaient commis des excès... Boulanger s'intitula tout naturellement "restaurateur". Son enseigne portait la devise Venite ad me, omnes qui stomacho laboratis, et ego restaurabo vos (Venez à moi, vous tous dont l’estomac crie misère, et je vous restaurerai). Il semblerait que M. Boulanger, devenu Roze de Chantoiseau et associé à un nommé Pontaillé, ait déménagé son établissement, vers 1766, à l'Hôtel d'Aligre, rue Saint-Honoré, emplacement plus favorable. Il est rapidement imité et les "restaurants" se multiplient. En 1782, Antoine Beauvilliers, cuisinier du prince de Condé, officier de bouche du comte de Provence, ouvre à son tour un établissement, 26 rue de Richelieu à Paris. Il s'agit de proposer aux clients de manger comme à Versailles. C'est le premier grand restaurant. Le service des vins est fait en bouteille, selon la mode venue de Londres. A la Révolution, l'émigration des nobles met de nombreux cuisiniers et personnels de service au chômage. Ils deviennent alors restaurateurs, et l'on compte dès 1789 à Paris une centaine de restaurants fréquentés par la bonne société, regroupés autour du Palais-Royal. Trente ans après la Révolution, on dénombre 3000 restaurants. Les premiers restaurants dans le monde Le premier restaurant étranger ouvre à Boston en 1794. Les restaurants se multiplient alors à travers le monde. Le service reste longtemps le service à la française, où les clients se servent dans les plats posés à table. Le service à la russe, où les convives sont servis à des tables individuelles et les plats dressés sur assiette, introduit en France vers 1810, se répand progressivement. Les nouveaux Bouillons Pierre-Louis Duval, un boucher des Halles à Paris, a l'idée astucieuse d'ouvrir, en 1855, un restaurant proposant un plat unique de viande et un bouillon, pour un prix modeste, aux travailleurs des Halles. Sa formule connaît un grand succès. En 1900, on dénombre 250 Bouillons à Paris. Ils représentent en quelque sorte la première chaîne de restauration rapide. Parmi ceux-ci, les Bouillons Chartier occupent une place particulière, parce qu'ils fonctionnent encore aujourd'hui. http://www.kweeper.com/charles/image/6525844 Tue, 26 May 2020 11:56:32 +0100 charles restaurant histoire Kampire DJ Set | The Roots Africa Day 2020 http://www.kweeper.com/charles/video/6525798 http://www.kweeper.com/charles/video/6525798 Tue, 26 May 2020 01:01:04 +0100 charles soukouss Meiway - Tu dis que quoi ? http://www.kweeper.com/charles/video/6525730 http://www.kweeper.com/charles/video/6525730 Mon, 25 May 2020 14:41:01 +0100 charles côte d'ivoire cameroun Bigard, l'homme qui murmurait à l'oreille de Jupiter http://www.kweeper.com/charles/image/6525715 http://www.kweeper.com/charles/image/6525715 Mon, 25 May 2020 13:08:03 +0100 charles bigard macron La vie impossible de Frantz Fanon par Memmi Albert (Publié en Sept 1971 dans la revue ESPRIT) http://www.kweeper.com/charles/image/6525694 Albert Memmi et Frantz Fanon eurent pour préfacier un certain jean-paul Sartre Memmi pour "Portrait du colonisé" précédé de "Portrait du colonisateur", et Fanon pour "Les Damnés de la terre". Les convergences d’analyse entre Fanon et Memmi tout comme les nuances des postures individuelles et des styles sont frappantes. Ainsi l'ouvrage "Peau noire et masque blancs" de Frantz Fanon (1952) avait trouvé, cinq années plus tard de si fins prolongements dans les Portrait du colonisé et du colonisateur de Memmi (1957). Correspondance des titres : comme celui du chapitre de Memmi L’amour du colonisateur et la haine de soi et celui de l’œuvre de Fanon Peau noire, masques blancs qui l’a précédé. Convergences des constats : « La première tentative du colonisé est de changer de condition en changeant de peau. L’ambition première du colonisé sera d’égaler ce modèle prestigieux, de lui ressembler jusqu’à disparaître en lui » / « Le noir veut être blanc ». Évidence des impasses. Semblable démonstration implacable de l’impossibilité de l’assimilation, de la nécessité d’arracher le masque en raison des railleries, des rejets de l’écrasement de la personnalité organisé par le colonisateur : « C’est le colonisé qui souhaite l’assimilation et c’est le colonisateur qui la lui refuse. » De là, le processus de révolte : « La condition coloniale ne peut être aménagée, tel un carcan, elle ne peut qu’être brisée. » http://www.kweeper.com/charles/image/6525694 Sun, 24 May 2020 21:54:14 +0100 charles albert memmi frantz fanon litterature Albert Memmi, écrivain et essayiste, est mort http://www.kweeper.com/charles/image/6525691 Albert Memmi est mort le 22 mai, à l’âge de 99 ans. Français d’origine tunisienne, Albert Memmi a écrit des livres majeurs sur la décolonisation et le racisme, dont « Portrait du colonisé ». Fils de Fraji Memmi, bourrelier, et de Maïra Serfati – une Berbère analphabète, c’est dans la pauvreté du ghetto juif de Tunis, la Hara, qu’est né le 15 décembre 1920 Albert Memmi, l’employé de mairie ayant refusé le prénom hébraïque proposé par le père du nouveau-né. Ainsi vont les rapports de domination dans le système colonial, comme l’analysera plus tard, de manière magistrale, l’auteur de Portrait du colonisé (précédé de Portrait du colonisateur, Editions Corrêa, 1957)… Le jeune Albert grandit au milieu de ses douze frères et sœurs. Il fréquente l’école rabbinique dès l’âge de 4 ans, apprenant à déchiffrer l’hébreu dans les textes traditionnels. Lui qui a grandi dans la langue arabe (le dialecte tunisien est sa langue maternelle), en apprend très vite une troisième : le français, qu’il découvre en entrant, en 1927, à l’école de l’Alliance israélite universelle, fondée, comme il le note lui-même, « par des philanthropes européens, pour aider les enfants orientaux et propager la langue et la culture françaises ». Excellent élève, il a la chance « inespérée », souligne-t-il, d’obtenir une bourse du gouvernement tunisien et de la communauté juive, ce qui lui permet d’entrer au lycée Carnot, établissement réputé du Tunis colonial. A PROPOS DU LIVRE PORTRAIT DU COLONISE À la lumière de son expérience personnelle de Tunisien de confession juive, ayant donc connu les colonisateurs –, Albert Memmi montre dans "Portrait du colonisé" que les colonisés et colonisateurs étaient inscrits dans une perpétuelle interdépendance, liée au système colonial, ne pouvant se définir que les uns par rapport aux autres. Pour Memmi, tout "colonisateur", le "petit Blanc" comme le colon « de bonne volonté », ne peut être qu'un privilégié, fût-ce relativement, par rapport aux indigènes. Il était ainsi toujours, dans une posture d'« usurpateur » par ses privilèges non légitimes, et le savait bien. D'où, d'une part, une mauvaise conscience, qui atteint son paroxysme chez l'"homme de gauche", déchiré par ses contradictions, ne comment se situer face au système colonial, étant mal à l'aise par rapport aux revendications nationalistes des colonisés, et sachant pertinemment qu'il n'aura pas davantage sa place après l'indépendance. Quant au colonisé, dépourvu de tout droit, y est constamment soumis, humilié et en état permanent de carence, étant souvent amené à se conformer au miroir qui lui est tendu. Certains tentent bien de s'assimiler, et donc de "s'aliéner culturellement", mais l'assimilation étant refusée par le colonisateur, n'est qu'un mirage. La révolte en devient donc inévitable. Pour assurer la cohésion du mouvement de révolte, l'élite des colonisés en arrive souvent à affirmer les « valeurs refuges », régressives, que sont la tradition, la famille et, plus encore, la religion, ce qui est lourd de dangers, une fois l'indépendance obtenue. Sartre d'écrire : «Cet ouvrage sobre et clair se range parmi les "géométries passionnées" : son objectivité calme, c'est de la souffrance et de la colère dépassée.» Cet essai est devenu un classique, dès sa parution en 1957 : il soulignait combien les conduites du colonisateur et du colonisé créent une relation fondamentale qui les conditionne l'un et l'autre. http://www.kweeper.com/charles/image/6525691 Sun, 24 May 2020 19:49:57 +0100 charles litterature recit colonisation albert memmi Plan de relance européen: les pays du Nord rejettent la proposition franco-allemande http://www.kweeper.com/charles/image/6525647 Les Pays-Bas, l’Autriche, la Suède et le Danemark ont adressé samedi matin à la Commission leur proposition. Dans ce document, ils confirment leur opposition au principe de transferts budgétaires vers les pays les plus touchés par la crise du coronavirus. Pas question d’octroyer des subventions aux pays les plus touchés par la crise du coronavirus. Les «quatre pays frugaux» (Pays-Bas, Autriche, Suède et Danemark) ont adressé samedi matin 23 mai à la Commission européenne et aux capitales leur proposition pour «une reprise efficace et durable» du bloc. Elle est aux antipodes de ce que souhaitent Paris et Berlin. Dans ce document que Le Figaro a pu consulter, les pays du Nord se disent certes favorables à la création d’«un fonds d’urgence temporaire et unique pour soutenir la reprise économique et la résilience de nos secteurs de santé aux éventuelles vagues futures» qui, grâce à des emprunts réalisés par la Commission, viendrait renforcer le budget européen. Mais, comme le répétait ces derniers jours le chancelier autrichien Sebastian Kurz et comme il l’a encore déclaré vendredi soir sur Bild TV, ils rejettent le principe des dettes mutualisées et l’option selon laquelle le soutien de l’UE aux pays les plus affectés par la crise du coronavirus prendrait la forme de dons comme le veulent Paris et Berlin, ainsi que les pays du sud. «Nous proposons de créer un fonds de relance d’urgence basé sur une approche ‘prêt pour prêt’, conforme aux principes fondamentaux du budget de l’UE», est-il écrit dans le document. http://www.kweeper.com/charles/image/6525647 Sun, 24 May 2020 06:16:30 +0100 charles economie europe Mory Kante - Courougnene http://www.kweeper.com/charles/video/6525629 http://www.kweeper.com/charles/video/6525629 Sat, 23 May 2020 09:59:55 +0100 charles mory kanté Xavier Niel – fondateur du groupe Iliad/Free | Les Grands Entretiens de Guy Lagache #1 http://www.kweeper.com/charles/video/6525628 http://www.kweeper.com/charles/video/6525628 Fri, 22 May 2020 20:14:15 +0100 charles Mory Kante - Yeke Yeke (Hardfloor Remix) http://www.kweeper.com/charles/video/6525624 http://www.kweeper.com/charles/video/6525624 Fri, 22 May 2020 16:07:52 +0100 charles Le chanteur Mory Kanté est décédé http://www.kweeper.com/charles/image/6525623 Le chanteur et musicien guinéen Mory Kanté, connu pour le tube planétaire "Yéké yéké" dans les années 1980, est décédé vendredi à l'âge de 70 ans dans un hôpital de Conakry, a annoncé son fils Balla Kanté à un correspondant de l'AFP. Mory Kanté, surnommé le "griot électrique", a contribué à populariser la musique africaine et guinéenne à travers le monde. "Yéké Yéké", sorti en 1987, s'est vendu à des millions d'exemplaires et a atteint les sommets des hit-parades dans de nombreux pays. Mory Kanté s'est éteint "vers 9H45 ce matin à l'hôpital sino-guinéen", a dit son fils. "Il souffrait de maladies chroniques et voyageait souvent en France pour des soins, mais avec le coronavirus ce n'était plus possible", a-t-il ajouté. "On a vu son état se dégrader rapidement, mais j'étais surpris quand même car il avait déjà traversé des moments bien pires" http://www.kweeper.com/charles/image/6525623 Fri, 22 May 2020 16:06:09 +0100 charles mory kanté Regardez "Mory Kante - Yeke Yeke (Hardfloor Remix)" sur YouTube http://www.kweeper.com/charles/sentence/6525622 https://youtu.be/YDZ9HYCAknc http://www.kweeper.com/charles/sentence/6525622 Fri, 22 May 2020 15:46:03 +0100 charles L'OMS répond aux critiques sur l'artemisia et le Covid-Organics - Extrait BBC Infos http://www.kweeper.com/charles/video/6525615 http://www.kweeper.com/charles/video/6525615 Fri, 22 May 2020 12:34:34 +0100 charles artemisia oms covid 19 COVID 19 : l’OMS s'engage à accompagner les essais cliniques du remède du Covid Organics Malgach http://www.kweeper.com/charles/video/6525614 Le Président malgache a échangé ce mercredi avec le directeur général de l’OMS, docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus qui a « salué les efforts de Madagascar dans sa lutte contre la Covid- 19 et la découverte du Covid-Organics ». L'OMS par la voix de son Directeur Général, s'engage à signer une clause de confidentialité sur la formulation du #covidorganics et appuyera le processus d’observations cliniques dans un certain nombre de pays du continent Africain. RAPPEL : l’OMS avait eu une position très tranchée contre le Covid organics après l’annonce de la découverte d’un remède malgache. (voir cet échange sur BBC Africa http://kpr.me/10cBid) Dr Matshidiso Moeti, la responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique, s’etait prononcé le jeudi 07/05/2020 contre la tentation de promouvoir des remèdes traditionnels contre le Coronavirus sans tests scientifiques. Dr Matshidiso Moeti,estimait que les éventuels effets préventifs voire curatifs de cette tisane n’ont été validés par aucune étude scientifique. La sortie de la patronne Afrique de l’OMS intervenait à un moment où plusieurs états du continent ont reçu de Madagascar des lots d’un médicament à base d’Artemisia, une plante à l’effet thérapeutique reconnu contre le paludisme, présenté par son président Andry Rajoelina comme efficace contre le Covid-19. http://www.kweeper.com/charles/video/6525614 Fri, 22 May 2020 12:25:25 +0100 charles covid-19 coronavirus madagascar covid organics artemisia Lijadu Sisters - Come On Home (V4YS Rework) http://www.kweeper.com/charles/audio/6525598 http://www.kweeper.com/charles/audio/6525598 Thu, 21 May 2020 23:58:51 +0100 charles nigeria Arnaud Montebourg chez Thierry Ardisson http://www.kweeper.com/charles/video/6525577 http://www.kweeper.com/charles/video/6525577 Thu, 21 May 2020 15:04:33 +0100 charles arnaud montebourg souverainisme « Un paradoxe à lui tout seul » : Martin Hirsch, patron de l’AP-HP http://www.kweeper.com/charles/image/6525576 « Le même qui nous a dégradé nos conditions de travail demande aujourd’hui la revalorisation des salaires. C’est un paradoxe à lui tout seul. Un jour, il faudra qu’il choisisse. » Arrivé en 2013 à la tête de la puissante Assistance publique-Hôpitaux de Paris, celui qui a incarné l’austérité demande aujourd’hui des moyens. http://www.kweeper.com/charles/image/6525576 Thu, 21 May 2020 14:31:02 +0100 charles martin hirsch coronavirus santé Pape San, un Français raconte son test Covid19 en Corée du Sud http://www.kweeper.com/charles/video/6525533 http://www.kweeper.com/charles/video/6525533 Thu, 21 May 2020 01:36:25 +0100 charles Marc Bloch, fusillé à Saint-Didier-de-Formans (Ain), lieu-dit Roussille,16 juin 1944 http://www.kweeper.com/charles/image/6525433 Trente résistants détenus dans la prison de Montluc de Lyon (Rhône) furent exécutés sommairement par les Allemands. Deux hommes survécurent à la fusillade. Les deux rescapés furent, d’une part, Jean Crespo mort le 17 avril 1948 à Marseille des suites de ses blessures, et, d’autre part, Charles Perrin, mort le 10 mars 1975 à Villeurbanne. Leurs témoignages permirent de connaître avec précision le déroulement des faits. Trente résistants – dont l’historien Marc Bloch - détenus à la prison de Montluc à Lyon (Rhône), furent extraits de leurs cellules le 16 juin 1944 vers 20 h. Menottés deux par deux, ils furent transportés en camion bâché escortés par une vingtaine de militaires dans deux voitures jusqu’au lieu d’exécution, un pré clos de haies et d’arbres au lieu-dit Roussille, sur la commune de Saint-Didier-de-Formans (Ain). « Les voitures escortant les prisonniers se positionnent en travers de la route, devant et derrière le camion. Sur ordre, quatre prisonniers descendent du camion et sont dirigés vers l’entrée du pré où on leur enlève leurs menottes. A peine ont-ils le temps de parcourir quelques mètres qu’ils sont abattus par quatre tueurs postés deux par deux de chaque côté de l’entrée, derrière la haie, à l’intérieur du pré. Les autres prisonniers vont subir le même sort ; cependant deux d’entre eux, grièvement blessés vont survivre à ce massacre et sont soignés par des familles du village et conduits ensuite dans deux familles de résistants à Trévoux. » Ce massacre est un acte de représailles contre la Résistance à l’endroit même où, le 11 juin, elle avait contraint un convoi allemand à s’arrêter en disposant des arbres en travers de la chaussée. Un peu plus loin, le convoi tomba dans une embuscade. Au lendemain du débarquement allié, l’action de la Résistance s’intensifiait et les Allemands y répondirent par des mesures de répression extrajudiciaires draconiennes, des exécutions pour terroriser la population et vider les prisons des éléments que la Résistance pourrait tenter de libérer. Ces détenus de Montluc étaient incarcérés soit par simple dénonciation, soit pour activité anti-allemande ou faits de résistance. Ils sont natifs des Bouches du Rhône, de la Drôme, de l’Isère, de la Haute-Garonne, de l’Hérault, de la Loire, de la Haute-Loire, de la Manche, de Paris, du Rhône, de la Savoie, de la Haute-Savoie, des Vosges, d’Italie ; seuls quatre d’entre eux ne purent être identifiés. Ils sont ouvrier, artisan, militaire, mineur, avocat, fonctionnaire, professeur, universitaire… le plus jeune à dix-neuf ans et le plus âgé cinquante-huit ans. La liste des vingt-six victimes identifiées est la suivante : ADAM Louis BAC Marcel BERTOLINO Martin BLOCH Marc BONNET Lucien Alexandre Émile BOUREAU Marc BRIBAUD Francisque CACHON Armand CÉZARD Louis Eugène CHAPURLAT Henri CHAWALSKI Joseph CLOUET Marcel CRESPO Jean-Baptiste (rescapé) DAVSO Francis Aimé Paul FURBY Georges GAYET Marius INCONNU 20 INCONNU 24 ISABELLA Hector JOMARD Francisque MIGNARD Étienne PERRIN Charles (rescapé) PUCILOWSKI Antoni (ex inconnu n°4) RIBAUD Maurice ROCHE Jean-Marie ROCHE Mathieu ROUSSEL Fabien VEYRIER Félix WALUS Valentin (ex inconnu n°16) ZENEZINI Antoine Les quatre victimes non identifiées furent inhumées dans la nécropole nationale de La Doua, à Villeurbanne (Rhône). SOURCES: https://fusilles-40-44.maitron.fr/?article179387  https://www.persee.fr/doc/ahess_1243-2571_1944_num_6_1_3122 http://www.kweeper.com/charles/image/6525433 Tue, 19 May 2020 00:42:36 +0100 charles marc bloch histoire deuxieme guerre mondiale L’Étrange défaite de Marc Bloch http://www.kweeper.com/charles/image/6525432 Ce texte, écrit à chaud dans l'été 1940, est une analyse implacable de la défaite française. Marc Bloch (1886-1944) qui, bien que déjà âgé, s'était volontairement engagé dans les combats de la bataille de France, a vécu la débâcle française. Historien du Moyen Age, Marc Bloch l’avait rédigé à chaud dans sa maison de Guéret (Creuse), au cours de l’été 1940, sous le titre de "Témoignage 40". Mais ce texte ne sera finalement publié que de manière posthume (en 1946), après son exécution en 1944 par les Allemands dans la région lyonnaise pour faits de résistance. L’Étrange défaite est devenu, depuis quelques années, le texte de référence par excellence des crises politiques. Marc Bloch tente d'y démêler les responsabilités militaires et politiques de cet échec mais en profite aussi pour présenter, à la première personne, le témoin qu'il est, attaché au ravitaillement en essence de l’armée du Nord qui combattait sous les ordres du général Blanchard. La France à perdu plus de 50 000 soldats dans la guerre de 1939-1940. Même si ce chiffre peut être relativisé au regard des pertes totales de la Seconde Guerre mondiale, il reste conséquent, et bien largement supérieur notamment à l’addition des pertes anglaises, belges, hollandaises et polonaises sur la même période. L’écrit de Marc Bloch permet de remettre en contexte les différents facteurs qui peuvent expliquer l’effroyable catastrophe de la bataille de France : un état-major sur-bureaucratisé et lent, fatigué, vieilli, déconnecté systématiquement du terrain, incapable de souplesse intellectuelle, inapte à réagir face à la vitesse motorisée, inadapté au rythme de la guerre moderne. Le repli des troupes, à la suite de pertes de territoires, ne se réalisait jamais dans l’appréhension des bonnes distances : à peine les camps réinstallés, ils se retrouvaient déjà sous le feu des mitrailleuses et des tirs de mortiers. Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’état major n’anticipait le franchissement des distances par l’ennemi qu’à travers ses capacités de déplacement des guerres précédentes. Ne s’arrêtant pas à mi-chemin des absurdités, l’auteur pointe également le manque de coordination avec les forces alliées, l’incompréhension culturelle mutuelle qui finit par tourner au sauve-qui-peut pathétique. Bloch rapporte comment, dans leurs retraites, les Anglais détruisaient les ponts avant même que les Français aient pu les franchir, ou faisaient sauter des centres de communications, sans considération pour les conséquences, comme l’isolement d’une armée française entière. Il enrage du manque de communication entre l’état major et les exécutants, de l’inertie générée par les rivalités mesquines entre services, dénonce la nostalgie trompeuse de 14-18, souligne la surprise totale de la percée à Sedan par les forces allemandes, l’absence de considération pour l’importance nouvelle de l’armée de l’air, l’effroyable bruit de sirènes des bombardiers allemands, les fameux stukas. Il relève avec ironie les manoeuvres des responsables de l’information, ceux du “2e bureau” qui, pour éviter la responsabilité d’une erreur, en viennent à produire volontairement des bulletins d’informations contradictoires : “Offrir un grand choix d’indications contradictoires n’est -ce pas se réserver le moyen de dire triomphalement, quoi qu’il arrive : « Si vous m’aviez cru “ ?” Cette remise en contexte, en revenant sur les détails, permet de battre en brèche l’idée reçue selon laquelle les Français se seraient rendus sans combattre. Une défaite militaire ne peut avoir uniquement des origines politiques, mais procède aussi d’un contexte autonome, celui des règles de la guerre. Elle fut mal menée, mal organisée, mais il y a eu une guerre, avec des moyens matériels, des stratégies élaborées, des sacrifices. Le dernier chapitre du livre clôt le récit sur un examen politique de l’état d’esprit collectif qui a favorisé la déconfiture. Après avoir ciblé gauche et droite, il dénonce pêle-mêle l’affaiblissement intellectuel de la bourgeoisie, l’orthodoxie de l’enseignement, le dogmatisme, les moeurs viciées par les intrigues parlementaires, le fétichisme du potin en politique, la réaction haineuse de la bourgeoisie à l’affirmation sociale des masses comme acteur politique, notamment grâce au Front populaire. Après avoir démystifié le culte béat de la terre, dédouané le soi-disant anticléricalisme républicain accusé d’avoir désorganisé l’armée, il s’attaque franchement à l’anti-progressisme technophobe qu’il accuse d’avoir diminué la possibilité de mécanisation de la France, et finit par tirer à boulets rouges sur une société contemplative et douce que ne renierait pourtant pas les contributeurs de ce média, adeptes de la décence commune. Il dénonce la France des” journées au rythme trop lent, la lenteur de ses autobus, ses administrations somnolentes, les pertes de temps que multiplie à chaque pas un mol laisser-aller, l’oisiveté de ses cafés de garnison, ses politicailleries à courtes vues, son artisanat de gagne-petit” http://www.kweeper.com/charles/image/6525432 Mon, 18 May 2020 23:27:36 +0100 charles litterature recit deuxieme guerre mondiale marc bloch Tweet de Mémoire2Ville (@Memoire2cite) http://www.kweeper.com/charles/sentence/6525429 Mémoire2Ville (@Memoire2cite) a tweeté à 2:29 PM on dim., mai 17, 2020 : PONTOISE En juillet 1971, un projet d'Aérotrain devant transporter 160 passagers à 200 km h entre Cergy et le quartier de La Défense est élaboré Le 21 juin 1974, un contrat de construction d'une ligne d'Aérotrain entre la ville nouvelle de Cergy et le quartier d'affaires parisien https://t.co/0Lhrau7AyD (https://twitter.com/Memoire2cite/status/1261997286613286912?s=03) Téléchargez l'application officielle Twitter sur https://twitter.com/download?s=13 http://www.kweeper.com/charles/sentence/6525429 Mon, 18 May 2020 18:13:32 +0100 charles Qwant, boulet d'État : Enquête sur les dessous du Moteur de Recherche Made in France http://www.kweeper.com/charles/video/6525424 Ce devait être le fleuron de la French Tech, l’une des promesses les plus ambitieuses de la start-up nation : Qwant, le moteur de recherche français dédié au respect de la vie privée de ses utilisateurs, qui promettait de mener le combat contre les géants de la Silicon Valley au nom de la « souveraineté » technologique. Fondé en 2011 par les hommes d’affaires Jean-Manuel Rozan, Eric Léandri et Patrick Constant, souvent présenté par la presse comme le « Google français », Qwant est devenu en janvier dernier le moteur de recherche officiel de l’administration française, qui l’installera par défaut sur tous ses ordinateurs. Au même moment, la Caisse des Dépôts et Consignations (bras financier de l’Etat) a décidé de réinvestir dans la start-up, faisant suite à plus de vingt millions d’euros dépensés ces dernières années. Sur le papier, cela pourrait passer pour une success story. Mais en réalité, Qwant ne marche pas, ou mal. Ses résultats sont tirés principalement du moteur de recherche Bing, de Microsoft ; ils sont souvent datés, peu fiables, peu pertinents, limités en nombre. C’est le constat tiré par la Direction interministérielle du numérique (DINUM) dans une note confidentielle daté du mois du 8 août 2019, que Le Média s’est procurée. Certains éléments de cette note avaient déjà été révélés dans Acteurs publics en janvier 2020, mais elle n’avait pas été publiée dans son intégralité, comme s’y était pourtant engagé le secrétaire d’État au numérique, Cédric O. http://www.kweeper.com/charles/video/6525424 Mon, 18 May 2020 17:49:59 +0100 charles internet start-up qwant <link>http://www.kweeper.com/charles/video/6525409</link> <description/> <guid>http://www.kweeper.com/charles/video/6525409</guid> <pubDate>Mon, 18 May 2020 14:07:40 +0100</pubDate> <author>charles</author> <category>chansons françaises</category> <category>cinema</category> <category>romy schneider</category> <category>michel piccoli</category> </item> <item> <title>Le bluesman Lucky Peterson est mort http://www.kweeper.com/charles/image/6525402 Lucky Peterson est décédé soudainement ce dimanche à l’hôpital de Dallas où il avait été transporté en urgence, d’après un communiqué publié il y a quelques heures sur la page Facebook de l’artiste. Âgé de 55 ans seulement, le chanteur, guitariste et organiste américain était plus que jamais l'un des dépositaires les plus légitimes du blues, avec un demi-siècle de scène à son actif. Né le 13 septembre 1964 à Buffalo près de New York, Judge Kenneth Peterson de son vrai nom s'était en effet produit à l'orgue dès l'âge de cinq ans devant Willie Dixon qui, stupéfait, l'avait pris sous son aile. S'en est suivi une période d'enfant prodige de l'orgue où il devient la star des plateaux TV et interpréta notamment lors d'un Ed Sullivan Show le morceau 1-2-3-4, une reprise du Please, Please, Please de James Brown. Lucky Peterson a plus tard accompagné à l'orgue des artistes comme Mighty All Stars, Mavis Staple ou encore Bootsy Collins. http://www.kweeper.com/charles/image/6525402 Mon, 18 May 2020 13:18:54 +0100 charles lucky peterson blues Lucky Peterson 7 years old - "Our Futur" http://www.kweeper.com/charles/video/6525401 http://www.kweeper.com/charles/video/6525401 Mon, 18 May 2020 13:13:41 +0100 charles blues lucky peterson La fabrique du cerveau - Documentaire http://www.kweeper.com/charles/video/6525394 Dans les laboratoires du monde entier, la course au cerveau artificiel a déjà commencé. Enquête sur ceux qui tentent de transformer l’homme en être digital afin de le libérer de la vieillesse et de la mort. La science-fiction a inventé depuis longtemps des robots "plus humains que l’humain", mais ce fantasme n’a jamais été plus près d’advenir. Aujourd’hui, des neuroscientifiques et des roboticiens se sont donné pour objectif de créer un cerveau artificiel capable de dupliquer le nôtre. Leur but : extraire l’ensemble des informations "programmées" dans notre cerveau pour les télécharger dans une machine qui nous remplacera et vivra éternellement. Rêve ou cauchemar ? Du Japon aux États-Unis, pionniers en la matière, Cécile Denjean (Le ventre, notre deuxième cerveau) enquête aux frontières de la science et de la fiction, sur des recherches aux moyens démesurés. Éternité digitale La brain race ("course au cerveau") a aujourd'hui remplacé la space race ("course spatiale"). Après le séquençage du génome, la cartographie complète des connexions neuronales humaines, le Connectome, constitue le nouvel horizon de nombreuses recherches en cours. Cette "carte" du cerveau, récemment esquissée, comporte encore beaucoup de zones inexplorées. Pourra-t-on un jour "télécharger" les données d'une conscience individuelle comme on installe un logiciel ? Les enjeux diffèrent considérablement selon les acteurs. Dans le cas de grands projets scientifiques financés par les gouvernements, il s'agit de mieux comprendre le cerveau. Pour les transhumanistes, le but avoué est d’atteindre l’immortalité. Quant à l’empire Google, qui s'y intéresse également de près, il ambitionne de créer une intelligence capable d’apprendre et d’interagir avec le monde. Cette quête insensée, si elle aboutit un jour, offrira-t-elle l’éternité digitale à quelques milliardaires ? Donnera-t-elle naissance à une intelligence artificielle mondiale et désincarnée ? http://www.kweeper.com/charles/video/6525394 Mon, 18 May 2020 09:24:28 +0100 charles brutalisme transhumanisme cerveau robots L'ivrogne dans la brousse - Amos Tutuola http://www.kweeper.com/charles/image/6525325 «Je me soûlais au vin de palme depuis l'âge de dix ans. Je n'avais rien eu d'autre à faire dans la vie que de boire du vin de palme.» C'est ainsi que le narrateur, qui se nomme lui-même «Père-Des-Dieux-Qui-Peut-Tout-Faire-En-Ce-Monde», se présente. Les 560 000 palmiers de sa plantation lui fournissaient suffisamment de vin de palme pour en boire quotidiennement plus de deux cents calebasses. Mais un jour son «malafoutier», l'homme qui lui préparait son vin de palme, tombe du haut d'un arbre et se tue. Voilà un bien grand malheur ; impossible de trouver un «malafoutier» aussi expert que le défunt, et la soif se fait sentir. Le narrateur décide donc d'aller chercher son «malafoutier» dans la Ville-des-Morts, et ce sont ses aventures dans la Brousse et le Monde des Êtres Étrangers et Terribles, qui constituent le sujet de ce récit écrit directement en anglais par Amos Tutuola, Yoruba de l'ancienne Nigeria britannique. ***** Amos Tutuola était un écrivain nigérian d'expression anglaise. Après l'école primaire de l'Armée du Salut où l'envoya un parent dont il avait été le "boy", il rejoignit le lycée à Lagos, mais dut vite mettre un terme à ses études en 1939 à la mort de son père. Il tâta de plusieurs métiers (forgeron, planton de ministère…), et survécut à ces petits boulots en notant sur des cahiers d'écolier les contes de son enfance. Il acheva d'écrire «L'ivrogne dans la brousse » en 1946 et il se maria l'année suivante. Tutuola a été un des premiers auteurs africains à ne pas écrire selon le modèle littéraire européen. Ses romans s'inspirent des contes traditionnels yoruba. Ils sont écrits dans un anglais imparfait, très proche de l'oral. Cela a d'abord valu à Tutuola une critique sévère de certains de ses compatriotes qui pensaient que cela jetait un discrédit sur le Nigeria. Son succès l'a conduit par la suite à traduire ses ouvrages en yoruba. Son roman le plus célèbre, L'ivrogne dans la brousse, a été publié à Londres en 1952. Il a été traduit en français par Raymond Queneau en 1953. Son auteur était si peu connu à l'époque que certains ont cru que c'était Queneau lui-même qui se dissimulait sous un pseudonyme. Au temps de ses premiers romans, Amos Tutuola était magasinier à la radio du Nigeria. En 1957 il fut transféré à Ibadan et il entreprit la mise en scène de son œuvre. Puis il participa à la création du Club Mbari regroupant écrivains et éditeurs. En 1979 il fut appelé à l'atelier d'écriture de l'Université d'Iowa. Il rentra à Ibadan à la fin des années quatre-vingt. http://www.kweeper.com/charles/image/6525325 Sun, 17 May 2020 16:20:16 +0100 charles litterature roman amos tutuola nigeria Souleymane Bachir Diagne: «Les pays du Nord ne connaissent pas l’Afrique» http://www.kweeper.com/charles/image/6525323 Le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne pose son regard sur la crise mondiale ainsi que sur les inégalités et préjugés qu'elle met à nu. Il rappelle l'urgence de décoloniser les imaginaires pour penser le monde de maintenant comme d'après. Pourquoi l'Afrique, qui déjoue les pronostics fatalistes en résistant relativement bien au virus jusqu'à présent, est-elle toujours évoquée sous un prisme catastrophiste ? Pourquoi, dans les pays du Nord, ce sont les minorités, en particulier les Noirs, et les pauvres, qui sont le plus durement frappés par le Covid-19 ? Dans un entretien à Mediapart, le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne pose son regard sur la crise mondiale ainsi que sur les inégalités et préjugés qu'elle met à nu. Depuis New York où il vit et profite d'un congé sabbatique de l'université de Columbia pour terminer un ouvrage, l'auteur d'En quête d'Afrique(s), coécrit avec l'anthropologue Jean-Loup Amselle (Albin Michel, 2018), rappelle l'urgence de décoloniser les imaginaires pour penser le monde de maintenant comme d'après. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, l'Afrique n'est évoquée qu'à l'aune d'un présent et d'un futur horribles comme si le continent était voué à ne connaître que catastrophes et hécatombes. Pourquoi ce regard sempiternellement alarmiste et négatif du Nord sur l'Afrique ? Souleymane Bachir Diagne : La première grande raison à cela, c'est la force de l'habitude et la force du préjugé. Préjuger, c'est juger à l'avance. Dès lors qu'on juge à l'avance ce qu'est l'Afrique qu'on croit connaître, évidemment les mêmes images, les mêmes stéréotypes reviennent : que c'est nécessairement un continent pour lequel il faut avoir de la compassion, un continent enfoncé dans une pauvreté qu'on ne considère même plus comme conjoncturelle, le lieu de maladies. Ces images, qui sont anciennes, fonctionnent malheureusement encore dans l'inconscient de beaucoup. Donc les épidémies sont souvent associées à l'Afrique. L'idée que l'effort africain, la capacité de réponse de l'Afrique, comptent pour rien, tient à la force du préjugé. D'où ces discours catastrophistes à l'arrivée du Covid-19, "cela va être un désastre, un cataclysme incontrôlable". Cela dit, les infrastructures sanitaires sont dans un état de sous-équipement qu'il ne faut pas nier. Si on compte en nombre de lits, de respirateurs, les Etats africains n'auraient pas été en mesure de supporter la même courbe de la pandémie qu'ont connue les pays européens ou les Etats-Unis. Ces discours réducteurs m'inspirent une réflexion plus générale. Paradoxalement, alors qu'il y a eu la relation coloniale qui pourrait laisser penser qu'il y a une meilleure connaissance de l'Afrique, les pays du Nord ne connaissent pas l'Afrique. Beaucoup n'ont pas vu les progrès accomplis en Afrique ces dernières décennies. L'Afrique aujourd'hui, ce sont des classes moyennes, plus éduquées, qui se sont malgré tout développées et qui sont aussi un pouvoir d'achat. Le pays qui s'en est rendu compte d'abord, c'est la lointaine Chine qui est venue s'y installer et y investir massivement. En venant en Afrique, elle a ramené tout le monde, d'autres pays sont venus mais pour être en compétition avec elle. En s'investissant en Afrique, la Chine a créé la rupture avec l'idée que n'étaient possibles avec le continent que les liens traditionnels dans la continuité coloniale ou des liens de compassion, dans une relation humanitaire. Les origines de tant de préjugés sont-elles à chercher dans le passé colonial ? Toute la littérature coloniale – le fameux livre Heart of Darkness (Au coeur des ténèbres) de Joseph Conrad est emblématique –, représente l'Afrique comme le continent où sévissent toutes les maladies, des maladies mortelles pour les Européens, le lieu par excellence de l'infection. C'est ce regard colonial qui se traduit dans ces préjugés sous diverses formes à l'occasion de cette pandémie. On a vu ces médecins chercheurs français de l'Inserm considérant sur un plateau de télévision que l'Afrique était un réservoir de populations disponibles pour des essais cliniques. L'Afrique est toujours réduite à sa démographie avec la crainte que celle-ci va se déverser sur l'Europe, opérer un grand remplacement. C'est la première obsession des prospectivistes à propos de l'Afrique. C'est une Afrique évidemment totalement mythique qui ne correspond pas à l'Afrique d'aujourd'hui, qui a des problèmes bien réels, des infrastructures sous-développées inacceptables mais qui est aussi une Afrique avec des alternances démocratiques, des états plus légitimes, qui ont su gérer la pandémie avec des moyens limités, une jeunesse qu'il faut mettre à l'école, à laquelle il faut donner de l'emploi mais qui est innovante. Autant d'atouts que le monde ne veut pas voir souvent à cause du paravent des stéréotypes. Comment rompre avec ce regard qui perdure à travers les âges, comment décoloniser les imaginaires ? Les imaginaires vont se décoloniser tout seul. On l'a vu avec les réactions suscitées après les propos de ces chercheurs. Il ne s'agit pas d'implorer le monde de regarder l'Afrique autrement. Il s'agit pour les Africains eux-mêmes d'imposer au monde que l'Afrique d'aujourd'hui est une Afrique qui croit en ses capacités, ses forces, avec laquelle on doit compter et qui tient son propre discours sur soi. L'Afrique doit cesser d'être l'objet du discours des autres pour se dire elle-même dans ce qu'elle est et l'avenir qu'elle s'ouvre. Comment observez-vous cette pandémie à l'échelle du monde depuis New York où vous vivez et êtes confiné depuis maintenant deux mois ? 9782226397195-j Aujourd'hui les États-Unis sont parmi les plus touchés par l'épidémie au monde. L'État de New York où je suis est celui qui compte le plus de morts (plus de 20 000, confinement prolongé jusqu'au 28 mai – ndlr). Cette pandémie a un côté égalisateur : ce ne sont pas seulement les pays les plus mal lotis, ou les moins puissants ou les plus pauvres qui sont frappés, c'est tout le monde qui a été frappé. Le pays le plus puissant au monde a été obligé de marquer une pause comme le reste de l'humanité, c'est un phénomène extraordinaire. Pour quelqu'un comme moi, c'est aussi un moment privilégié pour étudier une réalité très importante : la valeur d'un bon gouvernement. Et je suis aux premières loges pour étudier cela dans l'État de New York. Nous sommes dans une époque du triomphe du capitalisme global où on a chanté à l'envi qu'il fallait le moins d'État possible, que la vraie gouvernance du monde devait être celle des marchés, le rôle des Etats étant réduit au minimum. Cette pandémie nous enseigne leur importance. Dans une crise aussi importante, les populations elles-mêmes demandent que l'État devienne ce qu'il a à être : le protecteur des citoyens. On a vu en temps réel la capacité des gouvernements à inspirer ou pas confiance, à informer pleinement ou pas les citoyens afin qu'ils puissent adopter les comportements individuels et collectifs qui soient des réponses à la crise, ce qui n'allait pas de soi. L'État de New York donc aura été bien gouverné, de ce point de vue. De Chicago à la Seine-Saint-Denis, le Covid-19 exacerbe les inégalités notamment raciales. Pourquoi ce sont les minorités, en particulier les Noirs, et les pauvres qui sont le plus durement frappés par le virus ? Il est très important d'insister sur ce constat car des théories absolument fantaisistes circulaient et affirmaient que les Noirs étaient les mieux protégés de cette pandémie. Non seulement ce n'était pas vrai mais c'est tout le contraire. On savait que les inégalités sont très importantes dans notre monde et qu'elles se creusent mais la pandémie a mis à nu ce qu'elles signifiaient vraiment. Ce sont des inégalités devant la vie et la mort. Lorsque les questions vitales se posent, ce sont les plus pauvres qui paient le plus grand prix. Et ce sont donc les personnes racisées comme on dit qu'on retrouve plus nombreuses parmi les victimes car ce sont elles qui souffrent le plus de la pauvreté. On ne peut pas nier les caractéristiques ethno-raciales de la pauvreté. Qui plus est, les plus pauvres et donc les racisés sont les travailleurs essentiels. Quand on demande à tout le monde de se réfugier chez soi pour échapper à la maladie, on leur demande à eux de monter au front. Car ils font tourner les bus, les métros, les hôpitaux, les commerces, etc. Ils sont exposés deux fois : à cause des inégalités qui étaient déjà là et en se retrouvant en première ligne. Beaucoup souffrent d'ailleurs de comorbidité car la pauvreté et les inégalités dégradent et précarisent la santé. La précarité fait boule de neige lorsqu'une pandémie comme le Covid-19 éclate. Il est impératif que les leçons soient tirées de cette pandémie et qu'on s'attaque à ces inégalités. Contrairement aux pays anglo-saxons comme le Royaume-Uni ou les États-Unis, les statistiques dites ethniques sont interdites en France. C'est un frein pour appréhender les inégalités ? Il y a quelque chose de généreux dans l'idéal de ne voir que des citoyens et non des couleurs de peau. Mais il faut aussi pouvoir nommer les problèmes et en prendre, littéralement, la mesure, pour s'y attaquer. Et avoir un instrument d'évaluation de l'efficacité des mesures prises. Le monde d'après qui vient est-il en mesure de tirer les leçons de ces inégalités ? [[lire_aussi]]Il serait absurde et stupide de revenir au monde d'avant. D'abord parce qu'il ne reviendra pas. Après la pause, on ne va pas redémarrer les moteurs et trouver l'économie au même stade. Une profonde crise socio-économique nous attend. Il faut prendre des mesures très importantes pour que la pauvreté et les inégalités soient combattues. Entre les nations et en leur sein. Un monde qui aurait tiré les leçons de la pandémie, c'est un monde où la dette des pays pauvres sera effacée sans atermoiement. Ce n'est pas de la compassion mais une mesure de sagesse. Si ces dernières décennies, on a vu une Afrique émergente, il est temps de penser le vrai partenariat avec l'Afrique, une Afrique qui contribue à l'avancement économique de tout le monde : le préparer c'est aider au redémarrage du continent en levant le fardeau de la dette. L'économie, ce n'est pas seulement la compétition capitaliste, des taux de croissance mais ce que l'on a appelé, le développement humain et je souligne le mot "humain". Il faut reconstruire le monde sur cette base non pas au sens humanitaire, de la compassion, mais bien au sens "humain", qui redonne son sens à l'humanité. Que peut la philosophie en ces temps bouleversés ? Nous vivons une époque où il faut explorer philosophiquement les sagesses contenues dans toutes les régions du monde dans tous les espaces où les humains pensent, réfléchissent à la vie, à la mort, à leur signification. Nous devons repenser beaucoup de choses notamment notre lien à la nature. Cette pandémie révèle la crise écologique qui était déjà là, ces blessures que nous n'arrêtons pas d'infliger à la nature. Il faut réfléchir à ce que signifie inscrire l'humain dans la nature, le replacer dans le vivant, et non pas, pour reprendre Descartes, le considérer comme un maître et possesseur de la nature qui s'arroge le droit de la transformer en ressources naturelles. Il est important ainsi de décoloniser nos esprits y compris sur ce terrain là. http://www.kweeper.com/charles/image/6525323 Sun, 17 May 2020 13:38:31 +0100 charles covid-19 <link>http://www.kweeper.com/charles/image/6525248</link> <description>Licornes, minotaures et champs de dollars Les investisseurs se plaisent à comparer les entreprises sur lesquelles ils parient à des créatures fantastiques : licornes, décacornes, minotaures… Les trouvailles sémantiques se succèdent pour décrire la fabuleuse ruée vers l’or de la nouvelle économie, cette terre promise où les collines sont émaillées de pâquerettes et les arbres constellés de billets de dollars. Plus les sommes mises en jeu sont considérables et plus les références mythologiques se font intimidantes. C’est la magie du « petit lexique de l’innovation » qui évolue chaque jour pour nous étonner toujours un peu plus. On connaissait déjà les célèbres licornes – ces entreprises valorisées à hauteur d’un milliard de dollars, les décacornes – dix milliards de dollars – place désormais aux « minotaures », nouvelle (et jolie) façon de désigner les start-ups parvenues à « lever » un milliard de dollars. Pour atteindre des sommes pareilles, une stratégie : le blitzscaling. Ce terme vous semble familier ? Normal, si vous avez bien écouté en cours d’histoire, vous vous rappelez certainement du « blitzkrieg », théorisé par un certain Heinz Guderian, qui n’est autre qu’un célèbre général de l’armée… nazie. La stratégie du blitzkrieg est très simple : privilégier la vitesse à l’efficacité. Aujourd’hui la « guerre éclair » est économique. Elle a notamment été pratiquée par Reid Hoffman, co-fondateur de LinkedIn et co-auteur d’un livre de référence sur le sujet. Revu à la sauce Silicon Valley, le blitzscaling renvoie à « la voie la plus rapide pour construire des entreprises de grande valeur » ou encore à la meilleure manière « d’atteindre une échelle massive à une vitesse incroyable ». Après avoir pris exemple sur le général Guderian – après tout, quel meilleur business guide que la Wehrmacht ? – Hoffman se réfère à quelques géants de la fast fashion – type Zara – louant leur capacité à s’adapter rapidement à un environnement changeant… De fait, les grands entrepreneurs contemporains ont, en général, développé leur business au pas de course, levant des millions à tout va, sans réfléchir à la pagaille qu’ils sèmeraient sur leur route. Seul compte l’atteinte d’une masse critique, la destruction de tout concurrent potentiel et, in fine, la formation d’un monopole. En bref, le blitzscaling, c’est un peu comme jouer au Monopoly sous stéroïdes : peu importe de dépenser – et gaspiller – des milliards de dollars, l’essentiel est de capter le plus vite possible le marché et de prospérer sur les cendres de ses anciens concurrents. Plus de concurrence, des moyens infinis… et le succès est au rendez-vous. Comme le formule fort bien Scott Galloway, professeur de marketing à la New York University Stern School of Business, « si vous avez assez de jetons pour jouer jusqu’au petit matin, vous finirez bien par faire “Black Jack” à un moment ou un autre ! ». Vous trouvez cela un brin indécent ? C’est pourtant de cette façon qu’un grand nombre des entreprises actuelles se sont imposées sur le marché. Rappelez-vous du mantra originel de Facebook : « Move fast and break things » ou de Uber et de son « playbook » qui théorise la stratégie du bulldozer comme le meilleur moyen de rendre le monde meilleur – car c’est évidemment de cela qu’il s’agit, n’est-ce pas ? LE PLAYBOOK D’UBER Partout où elle s’est lancée, l’entreprise de VTC que le monde adore détester a déployé la même tactique à marche forcée. L’association SumOfUs, créatrice du superbe site whyeveryonehatesuber.com, la résume en sept étapes : sept petites étapes répétées encore et toujours dans chacune des villes où l’entreprise a souhaité s’implanter : 1. Entrer sur le marché comme un éléphant dans un magasin de porcelaine : on tire d’abord, on négocie après ; 2. Déployer une stratégie agressive de recrutement : en offrant des primes d’inscription et de parrainage de 1 000 $ pour attirer les chauffeurs ou – plus fourbe – en commandant des milliers de trajets depuis l’appli Lyft, son principal concurrent, avant de les annuler à la dernière minute, afin de faire croire aux conducteurs que le service n’était pas fiable. 3. Dépenser des millions en campagnes marketing et multiplier les coups de pub du type : livrer des glaces, des chiots (so cute !), voire carrément des mannequins. 4. Acheter de l’influence politique : du lobbying, du lobbying et encore du lobbying. 5. Ignorer les règles. 6. Rester de marbre face aux protestations. 7. Réduire les tarifs et augmenter les commissions, une fois la position dominante établie. Répéter, à l’infini. Pour blitzscaler correctement, inutile d’être le premier. Nul besoin non plus d’être le meilleur. Il suffit d’être le plus « ballec » de la bande. Exemple avec Uber, toujours. En 2000, huit ans avant la fondation de l’entreprise, Sunil Paul déposait un brevet décrivant la possibilité de fournir des voitures à la demande via GPS. Qui se souvient aujourd’hui de sa boîte d’alors, Sidecar ? Personne car, contrairement à ses concurrents, Sunil a voulu « faire les choses bien ». Et a donc cherché à obtenir une autorisation des organismes de régulation compétents pour son service – old school, nous direz-vous. Lyft et Uber, eux, n’ont pas eu de tels scrupules. C’est précisément ce que reproche Tim O’Reilly, écrivain et vieux sage de l’open source, à cette stratégie du bulldozer : elle favorise un type de management à base de métaphores guerrières, déconnecté des réalités sociales. En matière d’agressivité, personne n’est plus performant que les rois du blitzscaling à l’européenne, j’ai nommé, les frères Samwer. S’ils semblent tout droit sortis de la dernière pub Kinder, Olivier, Marc et Alexander Samwer n’ont pourtant pas la réputation d’être les entrepreneurs les plus sympas du marché. Leur gagne-pain ? Plagier les autres, tout simplement ! En quelques années, les trois Allemands sont devenus des véritables « machines à cloner » le web. Leur recette est simple : repérer des concepts porteurs aux États-Unis, les copier à un rythme effréné, avant de les revendre à prix d’or (ou de les introduire en bourse). Car après tout pourquoi se casser les pieds à innover ? Leur premier fait d’arme remonte à 1999. Lors d’un séjour aux États-Unis, les trois mousquetaires découvrent le site de vente aux enchères eBay qui, à l’époque, n’existe pas encore en Europe. Ni une ni deux, ils montent une version allemande du site, Alando, copie conforme de l’original. Même design, même logo, tout est semblable, mais – et c’est là que réside tout leur génie – le site n’est pas protégé par brevet. La copie cartonne, et quatre mois seulement après le lancement, eBay rachète son clone aux trois frères pour 43 millions d’euros. Marc, Oliver et Alexander Samwer, alors âgés respectivement de 28, 27 et 24 ans, deviennent millionnaires. Flairant le bon filon, les « frères cloneurs », comme on les surnomme outre-Rhin, formalisent ce processus en créant en 2008 Rocket Internet, sorte d’usine à copies de start-ups : CityDeal (copie de Groupon), eDarling (copie d’eHarmony), Zalando (copie de Zappos), Pinspire (copie de Pinterest), Glossybox (copie de Birchbox), Wimdu (copie d’AirBnB), Payleven (copie de Square). C’est bien simple : les trois gamins plagient plus vite que leur ombre. Pour réussir à copier autant d’entreprises en aussi peu de temps, les frangins ont, eux-aussi, choisi d’adopter la stratégie du blitzscaling, industrialisant le processus comme personne. Première étape, incontournable : embaucher une armée de jeunes consultants et de banquiers « morts de faim » – les fameux « insecure overachievers » théorisés par Goldman Sachs, en gros, des Hermione Granger en puissance. Puis les pressuriser pendant plusieurs mois – horaires typiques de travail : 8h30 du matin/3h00 du matin, pour une petite journée de travail de 19 heures, à la cool. Deuxième étape, dépenser des millions d’euros en publicité et revendre l’entreprise dès que possible. Dans un mail leaké par TechCrunch, Olivier Samwers, PDG du groupe, compare noir sur blanc sa stratégie au « blitzkrieg » – étonnant, pour un dirigeant allemand, tout de même. La suite est un joyau de management bienveillant : Je vous donne tout l’argent pour gagner, je vous donne toute ma confiance, mais vous devez faire preuve d’un succès sans égal. Si je vois que vous gaspillez mon argent, que vous n’êtes pas attentifs aux détails, que vous n’êtes pas rapides, que vous n’êtes pas agressifs, que vous n’êtes pas data-driven, que vous ne gérez pas bien les stocks, vous devrez subir ma colère […]. Je suis l’homme le plus agressif d’Internet : je suis prêt à mourir pour gagner et j’attends la même chose de vous. Être innovant c’est bien, être un requin, c’est encore mieux […]</description> <guid>http://www.kweeper.com/charles/image/6525248</guid> <pubDate>Fri, 15 May 2020 12:47:11 +0100</pubDate> <author>charles</author> <category>essai</category> <category>technologie</category> <category>french tech</category> </item> <item> <title>khruanbin Wordwide Playlist http://www.kweeper.com/charles/image/6525221 https://music.apple.com/fr/playlist/worldwide-groove/pl.18a0ff8dd00d4ed99d43e00a3063ce0e http://www.kweeper.com/charles/image/6525221 Thu, 14 May 2020 23:58:51 +0100 charles radioshic Entretien confinement : avec Charles Elé, fabricant d'outils numériques http://www.kweeper.com/charles/video/6525199 http://www.kweeper.com/charles/video/6525199 Thu, 14 May 2020 09:41:55 +0100 charles Essai d'Achille Achille Mbembe :Lettre aux Allemand.e.s http://www.kweeper.com/charles/image/6525096 Le philosophe répond aux attaques en présentant les racines africaines et la portée globale de sa pensée. *** Je ne me considère pas du tout en procès en Allemagne. Pour qui veut s’engager dans un débat constructif avec mon oeuvre dont une partie seulement est traduite en langue allemande, j’aimerais néanmoins fournir ici quelques clés d’interprétation. Comprendre la généalogie d’une oeuvre et ses contradictions éventuelles exige de savoir dans quel contexte elle est née et s’est développée, quelles sont les grandes questions auxquelles elle tente de répondre et dans quel idiome, dans quels grands débats elle s’inscrit et quels en ont été les grands tournants. Ceci vaut pour tout produit de l’esprit, peu importe la région du monde d’où il provient, ou la langue dans laquelle il est mis en forme. Pour qui cherche véritablement à saisir le sens de ma démarche, ou le contenu de ma réflexion dans la perspective d’un dialogue interculturel, les interrogatoires ne sont d’aucune utilité. L’époque étant à la recherche de boucs émissaires, aux excommunications et à la distribution des anathèmes, j’espère que ces clés aideront à ouvrir la voie à un débat raisonnésur les grandes questions morales et politiques qui opposent certains d’entre nous. Ma pratique intellectuelle peut être définie comme un incessant voyage ou, plutôt, comme un déplacement sans fin d’un rivage à l’autre. C’est ce que j’appelle la traversée. Elle exige de sortir du confort de ce que l’on sait déjà et de s’exposer consciemment à ce qui menace de déstabiliser ses propres certitudes. Penser, dans ce contexte, c’est prendre des risques, y compris le risque d’être mal compris ou mal interpreté. Un tel état d’esprit est peut-être le propre de ceux qui, nés quelque part, sont partis très tôt et ne sont plus jamais revenus au bercail. Le double héritage du Cameroun Au Cameroun où je suis né, j’ai reçu un double héritage. Le tout premier découle de mon éducation scolaire dans d’excellentes institutions chrétiennes. Je n’ai pas seulement été exposé à la culture européenne classique. L’Eglise catholique, ses dogmes, son catéchisme et ses mythologies ont, très tôt, fait partie de mon imaginaire. C’est ce qui explique peut-être le fait que plus tard, le christianisme en tant que tel soit devenu l’un des objets de ma réflexion. Ayant compris ce dernier comme, avant tout, un régime de vérité, l’on peut dire que ce à quoi je me serai attelé dès le début de mon parcours intellectuel, c’est à une critique de l’Absolu. Les théologies de l’Absolu ne sont pas seulement propres aux Eglises. Elles sont aussi le propre des pouvoirs profanes. Ce fut le cas de l’Etat dans nos contrées. L’Etat, sous sa forme coloniale ou sous celle des tyrannies postcoloniales, deviendra très vite l’autre objet privilégié de mon travail. Le deuxième héritage, je l’ai reçu de ma grand-mère, une paysanne illettrée qui avait participé à la lutte contre le colonialisme et y avait perdu son fils unique, assassiné par l’armée française le 13 septembre 1958. C’est elle qui m’a introduit à la question de l’anticolonialisme et à celle des mémoires oubliées, en particulier les mémoires des vaincus de l’histoire. Or justement, quel que soit l’angle à partir duquel on les examine, les peuples d’Afrique appartiennent à ces vaincus de l’histoire. Comment, en tant que communauté historique, sortir de la défaite et apprendre à gagner de nouveau? C’est une question qui aura retenu mon attention dès mon enfance. Il se trouve que, de tous les territoires sous domination coloniale française en Afrique sub-saharienne, le Cameroun fut le seul ou la revendication d’autonomie se termina par un conflit arme. Le mouvement nationaliste, qui avait conduit la résistance, fut militairement vaincu. S’appuyant sur les dispositifs d’Etat, ceux qui prirent le pouvoir au lendemain de l’indépendance firent tout pour effacer la mémoire de cette résistance. Mes premiers travaux académiques portent précisément sur cette tentative de manufacture de l’oubli. Cette expérience d’effacement de la mémoire des vaincus a joué un rôle majeur dans mes réflexions sur les politiques du souvenir et sur mes analyses de l’Etat postcolonial et des figures contemporaines de la tyrannie. Et ce n’est que petit à petit que j’ai fini par comprendre que ceci n’était guère le propre des pouvoirs africains. Je dois ajouter que c’est aussi ma grand-mère qui m’a introduit à la lecture de la Bible. Adolescent, j’ai trouvé dans la Bible un univers extraordinaire qui m’est devenu petit à petit familier. Très tôt, dans mon esprit, le récit biblique et le récit anticolonialiste ont été lies l’un a l’autre, au point où j’ai fini par m’attacher à la Bible et à ses figures plus qu’à l’Eglise et à ses dogmes, à la mémoire oubliée des vaincus plus qu’à la théologie de l’Etat qui prétend détenir le monopole de la vérité. Un soupçon insurrectionnel Il y a donc, au coeur de ma démarche, un soupçon insurrectionnel, que vient tempérer une fibre utopiste. Cette fibre utopiste, fondée sur l’idée du refus radical des états de fait et des jeux de puissance, ceux qui me persécutent aujourd’hui ne savent pas que c’est dans certaines traditions de la pensée juive que je l’ai trouvée. Quand j’ai quitté le Cameroun pour poursuivre mes études dans les universités françaises, j’avais déjà dans mon esprit les grands thèmes qui allaient orienter mon projet intellectuel dans les années 1980-2000. Le premier avait trait à une critique politique du christianisme. Bien plus qu’une institution dotée d’un pouvoir centralisé, j’avais fini par concevoir le christianisme comme un songe et une vision à la fois. Je voulais savoir ce qui restait de ce songe une fois qu’on l’avait dépouillé de ses expressions dogmatiques. L’Eglise avec ses hiérarchies est-elle l’expression en dernière instance de la communauté? Ou peut-on imaginer des communautés qui n’aient pas, comme tâche première l’exercice du pouvoir, mais le partage, le service et le soin des plus petits d’entre nous? Par-delà l’Eglise, je voulais réfléchir sur la possibilité du commun, de l’en-commun, des communautés qui soient fondées non pas sur la foi et la parenté, mais sur la raison et la solidarité? Non pas sur l’idée de l’Un, mais sur celui du multiple. Non pas sur l’absolutisation de la mémoire de la souffrance et de la défaite, fut-elle provisoire (le Calvaire), mais sur l’anticipation de la résurrection, c’est-à-dire l’espérance d’une vie autre, jamais accomplie car toujours en avant de nous? Ceux et celles qui ont ont lu attentivement Afriques indociles (Paris, Editions Karthala, 1988) savent qu’il s’agit d’un moment-clé dans cette enquête. Pour écrire ce livre, j’ai été obligé de prêter toute l’attention possible à l’histoire des monothéismes. J’ai été obligé de voir dans quelle mesure le monothéisme se définit, dans notre contexte en Afrique, non point contre le polythéisme comme en Grèce, mais contre ce que l’on a appelé l’animisme. J’ai, dans le prolongement de cette problématique, passé beaucoup de temps à étudier les systèmes précoloniaux africains de pensée, à me faire une idée sur la manière dont, chez nous, le cosmos et l’univers tout entier faisaient partie intégrale des forces vitales. L’on ne comprend à peu près rien à ce que je dis et écris si on ne sait pas que tout ce que je dis et écris a ses origines dans les métaphysiques africaines du vivant, dans les conceptions africaines de l’énergie vitale, de la circulation des mondes et de la métamorphose des esprits. Une très grande partie de ma réflexion s’enracine précisément dans ces systèmes dans lesquels le principe de la multiplicité prévaut sur celui de l’Un. Contre la politique de l'identité Le travail sur la mémoire des vaincus ou encore la politique du souvenir se traduira par La naissance du maquis dans le Sud-Cameroun (Paris, Karthala, 1996). La critique de la tyrannie d’Etat débouchera, quant a elle, sur De la postcolonie (Paris, Karthala, 2000). Cet ouvrage, soit dit en passant, ne fait pas de moi un penseur postcolonial, comme beaucoup de commentateurs presses l’ont souvent affirmé. C’est en 2001 que je me suis installé en Afrique du Sud. Tout en étant basé dans ce pays, j’ai longtemps enseigné une partie de l’année aux Etats-Unis. En même temps, j’avais gardé de profonds liens avec la France ou je me rendais fréquemment, et où toute mon oeuvre est publiée. Entre 2001 et 2010, ma vie en Afrique du Sud et le cours du monde m’ont contraint à approfondir le thème de la mémoire, non plus sous l’angle de l’oubli et de la défaite, mais sous celui des identités souffrantes dans leur rapport avec l’éthique de la liberté. Ceci m’a poussé à examiner de près deux cas: l’expérience des Africains-Americains aux Etats-Unis et l’histoire de la ségrégation raciale en Afrique du Sud. Face à ces deux trajectoires fort différentes, il s’agissait de réinterroger le concept d’identité noire (blackness), de cesser d’en faire le paradigme par excellence de la différence, ou du monde à part. Je voulais, par contre, revenir aux traditions de la pensée africaine et diasporique qui insistent sur la ressemblance, la similarité et l’ouverture sur le vaste monde. Je voulais mettre le doigt sur ce qui, dans l’expérience du monde moderne, aura fait l’universalité de la condition nègre. En relativisant les identités raciales, en refusant de les essentialiser et en tournant le dos aux idéologies de la différence, je cherchais à développer une théorie de ce que j’ai appelé l’en-commun. Ce travail s’est traduit par deux ouvrages, Sortir de la grande nuit (Paris, La Découverte, 2010) et Critique de la raison nègre (Paris, La Découverte, 2013). Chacun de ces ouvrages, ainsi que tous ceux qui ont suivi, se termine par un plaidoyer pour l’espérance et pour la réparation. Depuis lors, ma réflexion porte résolument sur les conditions d’émergence d’un monde commun dans les conditions actuelles, marquées qu’elles sont par l’escalade technologique, la crise climatique et la lente combustion de la planète. Quand, dans Critique de la raison nègre, je parle de “l’universalisation de la condition nègre“, c’est précisément pour tourner le dos à la politique de l’identité, l’une des sources contemporaines de l’inimitié. Les théories de la différence et de l’identité servirent autrefois de levier pour les luttes pour l’égalité et la justice. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Elles ont été capturées par les forces du conservatisme et sont devenues des instruments de division absolue. Dans ces conditions, l’impératif est de reprendre avec un nouvel élan, de nouvelles forces, et à partir de toutes les archives du monde,l’enquête sur les possibilités d’une humanité solidaire avec l’ensemble du vivant. Ce retour à l’idée d’une “race humaine“, je m’efforce de l’articuler avec l’idée du vivant dans son ensemble, dans un effort qui intègre cette autre insécable composante qu’est la biosphère. Toute la critique de l’inimitié faite dans Politiques de l’inimitié et dans d’autres textes récents ne vise que ce but. À travers la Bible Israël s'est ancrée chez nous Ceux qui aujourd’hui me persécutent sans raison valable, et qui me doivent des excuses publiques, prétendent avoir trouvé, dans une note au retour d’un voyage en Israël en 1992, la preuve que c’est Israël qui m’aurait fourni le point de départ de mes réflexions. Ce faisant, ils ne sont même pas conscients du racisme et du paternalisme qu’ils véhiculent. La vérité est que je m’efforce de développer une pensée de la traversée – traversée des mers, traversée des frontières, traversée des identités et défétichisation des origines. Il se pourrait que c’est effectivement ce à quoi ils s’opposent finalement, convaincus qu’ils sont, que le temps est aux frontières et aux fortifications. Il y a, en Occident, une longue tradition de récits de voyage. Les récits de voyage ne sont pas des traites d’histoire ou de sociologie. Très souvent, il s’agit d’anecdotes. Leur but est de servir d’astuce pour qui veut s’interroger sur soi-même ou se remettre en question. La littérature européenne est pleine de ce genre de textes dans lesquels le voyageur évoque l’Afrique, la Chine, la Perse ou d’autres régions du monde. Cette évocation n’a pas pour but de dire qui sont véritablement les Africains, les Chinois ou les Iraniens. Elle est toujours comme un miroir grossissant, le plus souvent déformant, qu’ils se tendent a eux-mêmes dans le but soit de se rassurer sur ce qu’ils sont effectivement, soit pour renforcer le sentiment de ce qu’ils croient être. Dans ma note de 1992, je raconte de façon très furtive, voire naïve et romancée, parfois hyperbolique et parfois poétique, mes impressions de voyage au lendemain d’un séminaire en Israël. Ici et là, j’adopte consciemment l’attitude d’un enfant en état d’émerveillement, dans le but de suggérer au lecteur camerounais la part onirique et la part de songe dont je parle. Ce faisant, je m’efforce de renvoyer le lecteur à ce moment de mon enfance au cours duquel je devais lire des extraits de la Bible pour ma grand-mère illettrée. En effet à travers la Bible que nous n’avons pas choisie, Israël a fait irruption dans notre imaginaire et s’y est ancrée. Comme tous les éléments culturels venus chez nous avec la colonisation, nous lui avons fait place dans notre imaginaire, celui des chrétiens en particulier. Tous ceux et celles qui ont pris la peine d’observer nos sociétés et d’étudier nos cultures peuvent témoigner d’une chose. Cette hospitalité n’a jamais été simulée. Les questions qui me préoccupaient à l’époque étaient les suivantes. Qu’est-ce que cela veut dire de vivre dans les mythes et traditions de quelqu’un d’autre? Que se passe-t-il lorsque l’on se rend compte que ces mythes et ces songes, que l’on tenait pour des vérités, n’étaient au fond que des légendes? Les rejette-t-on en entier, ou les assume-t-on dans l’espoir qu’elles orienteront l’existence d’une manière productrice de vie? Ces questions, tout colonisé se les pose. Elles ne sont pas abstraites. Elles conditionnent l’existence. Dans les traditions intellectuelles auxquelles j’appartiens, elles ont retenu l’attention de chaque génération. Car pour ce qui nous concerne, il s’est souvent agi d’héritages imposés. Souvent, ils ne sont pas choisis. C’est notamment le cas de la religion, de la langue et de l’Etat. Dans ces conditions, une partie du travail critique effectué par les penseurs en provenance de pays anciennement colonisés aura consisté à organiser cette critique, souvent à tâtons, car de réponses définitives, il n’en existe pas. Tout comme il n’existe pas de questions définitives. Les questions doivent être constamment reformulées. Et dans l’acte de reformuler les questions, l’on accepte que puisse se glisser une part d’erreur et d’approximation. C’est ce que m’aura en tout cas appris l’Afrique du Sud. Israël fait partie des mythes dont nous avons hérité. Pour certains d’entre nous, il est devenu un mythe indispensable. Comment le vivre en toute connaissance de cause, non pas comme un dogme, alors qu’en même temps on cherche à se détacher de toutes les philosophies de l’Absolu? Ce sont ces questions qui sont partagées avec les lecteurs dans ces notes au lendemain du voyage en Israël. Elles ne portent pas sur la nature exacte d’Israël, mais sur le mythe dont nous avons hérité, la part de ce mythe qui peut encore servir d’orientation, et cette autre part dont on peut se dispenser. Partager l'ensemble des mémoires du monde Je crois finalement que notre monde se divise en deux. D’un côté, il y a ceux qui, comme moi, sont convaincus que nous ne sommes que des passants, qui cheminent en sachant que cheminer, c’est chercher dans l’incertitude et l’inconnu. De l’autre, il y a ceux qui croient détenir des vérités toutes faites, et qui cherchent à les imposer à tous, peu importe la diversité des expériences et des situations. Le fossé entre nous ne cesse de s’élargir. Aujourd’hui encore se pose à nous tous la question de savoir si les souffrances de chaque peuple lui appartiennent en propre, au point ou lui seul aurait le droit de s’y référer? Existe-t-il quelque possibilité que ce soit de partager l’ensemble des mémoires du monde et à quelles conditions? Ces questions, je les ai retrouvées une fois arrive en Afrique du Sud au début des années 2000, ainsi que celles du pardon, de la réparation et de la réconciliation. Elles n’ont cessé de m’habiter. Pour terminer, devrais-je rappeler que je ne suis pas Allemand? Je n’aspire ni à vivre, ni à travailler en Allemagne. Au regard des grands problèmes moraux et politiques de notre temps, il ne m’appartient pas de dicter à l’Allemagne sa conduite dans un monde pluriel ou de nombreux peuples aspirent encore à la liberté. Tout ce que je puis apporter dans ce débat, c’est une voix parmi d’autres, une voix venue d’ailleurs, de ces régions du monde dont on pense à tort qu’elles n’ont rien à dire et devraient se laisser dicter, par d’autres, ce qu’elles doivent penser. Il appartient à l’Allemagne de décider si elle est disposée ou non à écouter ces voix autresou si, tournant le dos à nos aspirations les plus profondes, elle veut nous dicter jusqu’à notre conscience. L’Allemagne n’a pas besoin de boucs émissaires étrangers pour affronter ses nombreux malaises. Une partie de l'Allemagne, qui de toutes les façons semble m'être hostile par principe, n'a pas le droit de prendre ma pensée en otage. Le plus vite elle laissera ma pensée s'exprimer en son nom propre, à partir de son idiome propre et dans la multiplicité des langues et des accents, le mieux ce sera pour nous tous. http://www.kweeper.com/charles/image/6525096 Mon, 11 May 2020 21:29:31 +0100 charles achille mbembe Zara, Fnac, Primark... : ruée sur les commerces en France au premier jour de déconfinement http://www.kweeper.com/charles/video/6525094 http://www.kweeper.com/charles/video/6525094 Mon, 11 May 2020 20:44:10 +0100 charles deconfinement Le langage humain bientôt obsolète, prédit Elon Musk http://www.kweeper.com/charles/image/6525069 À l'heure où une simple discussion orale peut entraîner la transmission du coronavirus, l'information dévoilée par le truculent Elon Musk prend une dimension particulière. Selon le patron de Tesla, le langage humain pourrait être remisé au rang d'accessoire dans un délai de cinq ans, rapporte The Independent. Le dirigeant de SpaceX a également cofondé, on le sait moins, une entreprise qui développe des implants cérébraux : Neuralink. Invité à participer à l'émission The Joe Rogan Experience, diffusée en podcast, l'ingénieur a expliqué que son entreprise serait en mesure d'intégrer un implant à un cerveau humain dans le courant de l'année prochaine. Un appareil capable d'interagir « avec n'importe quelle zone de votre cerveau » et qui pourrait donc, par exemple, « aider à guérir » les problèmes liés à la vue. http://www.kweeper.com/charles/image/6525069 Mon, 11 May 2020 12:26:48 +0100 charles brutalisme elon musk transhumanisme DJ PETIT PIMENT - CORONAVIRUS NE PASSE PAS ! http://www.kweeper.com/charles/video/6525051 http://www.kweeper.com/charles/video/6525051 Mon, 11 May 2020 00:27:41 +0100 charles petit piment cameroun bikutsi covid 19 coronavirus DJ PETIT PIMENT - OSSU (DEVANT) http://www.kweeper.com/charles/video/6525050 http://www.kweeper.com/charles/video/6525050 Sun, 10 May 2020 23:59:59 +0100 charles petit piment cameroun bikutsi « L'humanité en péril » : le cri d'alarme écologiste de Fred Vargas http://www.kweeper.com/charles/video/6525028 http://www.kweeper.com/charles/video/6525028 Sun, 10 May 2020 13:35:00 +0100 charles fred vargas collapsologie Little Richard et son jeune guitariste, un inconnu nommé Maurice James AKA Jimi Hendrix. http://www.kweeper.com/charles/image/6525026 Fevrier 1965. Fillmore Auditorium, San Francisco. Little Richard et son jeune guitariste, un inconnu nommé Maurice James AKA Jimi Hendrix. Jimi Hendrix fut guitariste de 2 groupes qui accompagnerent Little Richard en tournée : le "Royal Company" et les "Upsetters". En plus des tournées, Hendrix enregistra sur les singles "I Don't Know What You've Got But It's Got Me" et "Dancing All Around The World" de Little Richard Jimi Hendrix qui se faisait appeler Maurice James à cette époque, fut viré du groupe car il était toujours en retard et passait beaucoup de temps à flirter avec les filles en tournée. 📻 www.radiochic.fr #Jimi-Hendrix #little-richard http://www.kweeper.com/charles/image/6525026 Sun, 10 May 2020 10:07:38 +0100 charles little richard jimi hendrix rock an roll legend Little Richard - "I Don't Know What You've Got, But It's Got Me" http://www.kweeper.com/charles/video/6525025 Avec Jimi Hendrix à la guitare et Billy Preston aux claviers. http://www.kweeper.com/charles/video/6525025 Sun, 10 May 2020 09:39:02 +0100 charles little richard rock and roll rock blues jimi hendrix Covid-19 : « Il n’y aura pas de masques » : Fred Vargas avait tout compris en 2006 http://www.kweeper.com/charles/video/6524972 « Il n’y aura pas de masques » : Fred Vargas avait tout compris avec sa « cape antivirus » En 2006, convaincue du risque d’une épidémie majeure, la romancière de « Pars vite et reviens tard » avait conçu une cape qui faisait beaucoup ricaner, mais paraît aujourd’hui extraordinairement visionnaire. Fred Vargas parle du virus de la grippe aviaire et de la cape en plastique transparente qu'elle a inventé pour éviter la propagation du virus. Fred Vargas dit qu’un virus mutant arrivera d’ici 5 ans et se propagera par des gouttelettes, des postillons, il faudra inventer des protections pour éviter la propagation du virus. Elle évoque une pénurie de masques en France, une mise en quarantaine et un confinement d’un mois pour tous les Français. « Il faudra qu’on puisse être autonomes, ne pas se mettre dans les mains du gouvernement, qui ne pourra pas alimenter les gens en quarantaine vu qu’il n’y aura pas de masques. » Pour elle, ce qu’il faut d’urgence, c’est « un truc qu’on puisse fabriquer à la maison ». Pour les non-initiés, Fred Vargas est une femme, comme son nom de l’indique pas, et un maître du polar – mais peut-être faut-il dire « maîtresse », c’est à chacun de voir. Depuis « l’Homme aux cercles bleus » (1991) et « Pars vite et reviens tard » (2001), parus aux Editions Viviane Hamy, son placide commissaire Adamsberg est en bonne place dans la fantasmagorie policière et, d’un roman à l’autre, il séjourne sur des millions de tables de chevet, des séjours brefs tant ces livres-là n’attendent pas. Aujourd’hui, tandis que l’intéressée se tient en retrait de la vie médiatique, peu désireuse de commenter l’étrange affaire qui nous confine ou les aléas de sa propre réclusion, une archive sort des profondeurs du web et de l’INA et commence à circuler sur les réseaux sociaux. QUE SE JOUE T-IL CE SOIR DE 2006 ? Pour comprendre ce qui se joue ce soir-là, il faut remonter le temps et faire halte en 2004, l’année où une grippe aviaire, celle des oiseaux sauvages et domestiques, apparaît sous une forme inquiétante, estampillée H5N1, susceptible de muter, comme l’annoncent les savants de l’OMS. Si le passage du virus se fait d’homme à homme, la pandémie pourrait être dévastatrice. L’imagerie glaçante de la grippe espagnole colonise les esprits et les réseaux sociaux, en plein essor. Il se trouve qu’à ses heures perdues Fred Vargas a écrit, peu de temps avant, un court essai tragi-comique intitulé « Critique de l’anxiété pure » (Flammarion) et qu’elle redouterait presque davantage les effets effroyables de la panique, si une pandémie venait à survenir, que la pandémie elle-même. L’éducation qui se dissout dans la terreur à la faveur d’un événement et tourne à la barbarie, elle appelle ça « l’âme lourde » de l’humanité. Alors chez elle, à deux pas du cimetière du Montparnasse, elle se met au travail et, pendant des mois, ne fait que ça. Elle lit tout ce qui se peut lire, à toute allure, sur les virus en général et H5N1 en particulier, et évalue à 90 % le risque de mutation d’ici à cinq ans. Adamsberg attendra pour d’autres aventures. Voici son appartement transformé en cellule de crise pour répondre à ce qu’elle appelle « l’imprévoyance » de l’Etat. Elle pense que l’essentiel est de disposer d’objets simples « à basse technologie », et tout d’abord d’une protection pour sortir sans peur faire les courses, entrer dans la chambre d’un malade, vaquer à quelque occupation essentielle. Ce sera une cape en plastique, transparente pour que le monde ne ressemble pas à un champ de corbeaux. Le prototype, elle l’imagine d’abord avec une cagoule, puis un tuba intégré qu’elle teste en famille. A l’arrivée, la combinaison ressemble plutôt à un habit d’apiculteur, qui descend jusqu’aux pieds, avec une ceinture à ajuster au milieu de la foule, quand le risque de contamination augmente, afin d’empêcher que les particules ne s’infiltrent par le bas, et une fermeture éclair au niveau du menton. C’est la « cape anti-H5N1 », la fameuse. L’affaire fait grand bruit et causer dans les dîners en ville. Les ricaneurs ricanent, eux qui se mouillent mais sous leur douche. Fred Vargas a pourtant toute légitimité pour prendre part à une réflexion d’intérêt général. C’est une scientifique décorée de bronze par ses pairs. Pendant vingt ans, elle a été chercheuse au CNRS. Elle est archéologue, spécialiste du Moyen Age et des épidémies justement. En 2003, elle a publié « les Chemins de la peste. Le rat, la puce et l’homme » aux Presses universitaires de Rennes – 400 pages, signées de son vrai nom, Frédérique Audoin-Rouzeau. Son idée d’ailleurs est examinée avec intérêt. Le Pr Jean-Philippe Derenne, alors chef de service de pneumologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, voit en elle un esprit scientifique pertinent et l’aide à comprendre la dynamique de l’aérosol, la diffusion du virus par la parole, la toux, les éternuements. Fred Vargas poursuit son aventure de cape et d’essais au ministère de la santé où elle arrive avec un prototype qu’elle enfile devant Xavier Bertrand, qui lui-même en parle en commission parlementaire. Le directeur général de la Santé pense que son invention mérite qu’on mène des expériences. Deux prototypes seront bientôt testés dans le très sérieux Laboratoire national d’Essais. Fred Vargas voulait mettre sa cape à la portée des plus pauvres. « Dans toutes les épidémies, ce sont eux qui trinquent », disait-elle cette année-là. http://www.kweeper.com/charles/video/6524972 Sat, 09 May 2020 16:16:44 +0100 charles covid-19 coronavirus anticipation fred vargas roman <link>http://www.kweeper.com/charles/audio/6524966</link> <description/> <guid>http://www.kweeper.com/charles/audio/6524966</guid> <pubDate>Sat, 09 May 2020 12:41:03 +0100</pubDate> <author>charles</author> <category>radioshic</category> </item> <item> <title>allocution du Père Plessy, Supérieur de l'Institution des Chartreux http://www.kweeper.com/charles/video/6524958 Dans la troisième allocution du Père Plessy, Supérieur de l'Institution des Chartreux, à propos de la crise du Covid, nous sommes invités à nous tourner vers l'avenir dans un regard de confiance. http://www.kweeper.com/charles/video/6524958 Sat, 09 May 2020 11:39:13 +0100 charles chartreux