charles on kweeper http://www.kweeper.com/charles sans la faculté de mémoire, l'homme perd ses capacités cognitives et conceptuelles car il vit uniquement dans l'instant... Sun, 11 Apr 2021 09:58:07 +0100 http://www.kweeper.com/avatars/c50x50/2-charles.jpg Kweeper http://www.kweeper.com/charles Frantz Fanon contre toute aliénation http://www.kweeper.com/charles/video/6541527 http://www.kweeper.com/charles/video/6541527 Sun, 11 Apr 2021 09:58:07 +0100 charles frantz fanon <link>http://www.kweeper.com/charles/image/6541517</link> <description>La crise économique, climatique, sanitaire et les visceralités en tout genre autour des questions raciales, post-coloniales, de genre, d'intersectiionalité...devraient nous inciter à relire et comprendre Fanon. En 1952, Lorsque paraît "Peau noire, masques blancs" Frantz #Fanon est à peine âgé de 27 ans et il vient de terminer ses études de médecine à #Lyon tout en suivant des enseignements de #philosophie et de #psychologie de Maurice Merleau-Ponty. Après avoir côtoyé le psychiatre François Tosquelles, l'un des inventeurs de la psychothérapie institutionnelle (type de psychothérapie qui met l'accent sur la relation entre soignants et soignés, la dynamique de groupe et l'humanisation du fonctionnement des établissements psychiatriques), Fanon va interroger l'aliénation, la relation à l'autre et l'amour. De ces rencontres et de ses engagements politiques, il tirera la substance de sa pensée philosophique : POURQUOI NE S'AIME-T-ON PAS ? Qu’est-ce que pourrait être l’amour libre ? Quelles sont les conditions d'un amour non pollué par le racisme ? Comment faire place au vivant, à l’autre ? FANON croyait en une égalité originaire. Lorsqu'il parlait du nègre. Il voyait celui où celle qui aspirait à être un Homme comme tous les autres, un homme qui chemine avec les autres. Pas un homme en moins. Pas un homme en plus. Dans peau noir, masques blancs, il dessine le point de départ et la destination universelle qui nous englobe tous.</description> <guid>http://www.kweeper.com/charles/image/6541517</guid> <pubDate>Sat, 10 Apr 2021 15:50:30 +0100</pubDate> <author>charles</author> <category>frantz fanon</category> <category>psychologie</category> <category>philosophie</category> <category>lyon</category> </item> <item> <title>KANT : La «Critique de la raison pure» pour les nuls http://www.kweeper.com/charles/image/6541405 La Critique de la raison pure d'Emmanuel Kant énonce un programme philosophique qui est celui de la philosophie moderne, encore aujourd'hui. Le but de la Critique: la philosophie n'a pas, comme la science, à nous faire connaître le monde; elle doit nous révéler le fondement de la science dans l'esprit humain. Autrement dit, elle s'applique à montrer que la philosophie a pour mission de délimiter ce qu'est ou n'est pas la connaissance humaine. Écoutons Kant dans sa préface: «Mon but est d'instituer un tribunal qui en assumant les légitimes prétentions (de la raison), repousse aussi toutes celles de ses exigences qui sont sans fondement. Ce tribunal est la Critique de la raison pure elle-même, elle a pour fin de déterminer les limites à l'intérieur desquelles la raison est capable d'instaurer un ordre de certitudes indubitables, mais au-delà desquelles la métaphysique ne peut engendrer que des connaissances illusoires.» Autrement dit, la Critique de la raison pure définit la source, les formes et les limites de toute connaissance humaine en général. L'ouvrage est divisé en trois grandes parties: l'esthétique transcendantale, ou théorie des intuitions (espace et temps) = Source; l'analytique transcendantale, ou théorie des concepts et des formes de notre connaissance du monde = Formes; la dialectique transcendantale, ou théorie de ce que nous ne pouvons pas connaître (la totalité du monde, l'immortalité de l'âme et l'existence de Dieu) = Limites de toute connaissance humaine. Ainsi, la philosophie «transcendantale» développée dans la Critique de la raison pure a pour fonction de repenser les processus fondamentaux de la connaissance. Pour ce faire, Kant va donner une place prééminente à la raison et tout le jeu de ses facultés et celui des catégories (définies par Aristote mais affinées par Kant). http://www.kweeper.com/charles/image/6541405 Thu, 08 Apr 2021 00:48:11 +0100 charles philosophie kant critique de la raison pure La «Critique de la raison pure» pour les nuls http://www.kweeper.com/charles/sentence/6541402 http://www.slate.fr/story/206687/lire-comprendre-emmanuel-kant-critique-de-la-raison-pure-philosophie http://www.kweeper.com/charles/sentence/6541402 Wed, 07 Apr 2021 20:51:55 +0100 charles Extrait La Foufoune Au Doigt Mouillé http://www.kweeper.com/charles/audio/6541294 http://www.kweeper.com/charles/audio/6541294 Sun, 04 Apr 2021 10:25:18 +0100 charles podcast litterature leonora miano Was Michel Foucault a pedophile? http://www.kweeper.com/charles/video/6541150 http://www.kweeper.com/charles/video/6541150 Tue, 30 Mar 2021 20:15:04 +0100 charles michel foucault KWEEPER victime de l'incendie survenu à Strasbourg chez l'hebergeur OVH http://www.kweeper.com/charles/sentence/6541115 Le roseau plie mais ne rompt pas http://www.kweeper.com/charles/sentence/6541115 Mon, 29 Mar 2021 22:02:07 +0100 charles kweeper ovh Interdit d'Interdire : L'appel de 80 intellectuels contre le «décolonialisme» http://www.kweeper.com/charles/video/6541107 http://www.kweeper.com/charles/video/6541107 Wed, 10 Mar 2021 00:28:01 +0100 charles postcolonial studies décolonialisme jean-francois kahn Provincializing Europe http://www.kweeper.com/charles/image/6541105 This virtual panel discussion will feature Dipesh Chakrabarty in conversation with five specialists of postcolonial studies: Thomas Brisson (University Paris 8 Vincennes-Saint Denis), Ewa Domanska (Adam Mickiewicz University at Poznan), Achille Mbembe (University of Witwatersrand, Johannesburg), José Neves (Universidade Nova de Lisboa), and Lisa Wedeen (University of Chicago). Discussions will focus on the book's intellectual legacies and its continued resonance in Europe, Africa, and the Middle East. The webinar will be moderated by Sylvain Bourmeau, journalist at France Culture and director of the online media AOC (Analyse, Opinion, Critique). http://www.kweeper.com/charles/image/6541105 Wed, 10 Mar 2021 00:18:43 +0100 charles achille mbembe philosophie europe postcolonial studies Beyond Domination The future and past of decolonization - By Arjun Appadurai http://www.kweeper.com/charles/image/6541104 There is a well-established tradition of scholarly writing that treats geographical areas of the world as natural, preformed backgrounds against which historical events unfold. This perspective, with roots in Enlightenment thinkers like Montesquieu, lives on in the work of conservative political theorists like Samuel Huntington, for whom civilizations were built on permanent geo-ethnic blocs, as well as in the work of Marxist scholars like Immanuel Wallerstein, for whom center and periphery were products of long-term geographical imbalances. ****** Arjun Appadurai: “Achille Mbembe’s vision of emancipation has global implications... We encounter arguably one of the closest things we have today to an avatar of Frantz Fanon. His arguments stand out for the force of their claims” http://www.kweeper.com/charles/image/6541104 Wed, 10 Mar 2021 00:11:57 +0100 charles achille mbembe walter d. mignolo catherine e. walsh decolonisation Malcom X : Un inépuisable mythe en temps d’extrême adversité par Achille Mbembe http://www.kweeper.com/charles/audio/6541103 Quand, le 21 février 1965, Malcolm X tombe sous les balles, nombreux sont ceux qui pensent qu’il ne représentera plus aucun danger. Aujourd’hui, l’Amérique est loin de cette tranquillité. Malcolm X s’est remis à hanter le présent et à parler. Archive de février 1993. http://www.kweeper.com/charles/audio/6541103 Wed, 10 Mar 2021 00:04:06 +0100 charles achille mbembe malcom x La Brasserie Georges dans les années 70 http://www.kweeper.com/charles/image/6541102 http://www.kweeper.com/charles/image/6541102 Tue, 09 Mar 2021 23:51:24 +0100 charles lyon brasserie georges vintage Les nazis et l'argent : au coeur du IIIe Reich | ARTE http://www.kweeper.com/charles/video/6541094 Quand il arrive à la chancellerie du Reich le 30 janvier 1933, Hitler est à la tête d’un pays à genoux, ruiné par l’hyperinflation des années 1920 puis par la Grande Dépression. Suivant la feuille de route qu’il a tracée en 1925 dans Mein Kampf, le Führer vise trois grands desseins : la remilitarisation du pays – qui lui est interdite par le traité de Versailles –, la destruction des échanges internationaux, et l’expansion vers l’est. Le régime hitlérien, qui a réinstitué en 1934 la conscription, entend réarmer en toute discrétion. Un astucieux montage financier permet de produire chars, avions et munitions en échappant aux radars de la Société des nations. Lançant de grands chantiers d’infrastructures qui sortent des millions de chômeurs de la misère, l’Allemagne nazie met en œuvre parallèlement une répression politique et syndicale qui rassure le patronat, et institutionnalise les persécutions envers la communauté juive, dont les biens sont spoliés. Des programmes sont également mis sur pied pour pallier le manque de matières premières (carburant, fer, charbon, caoutchouc…) indispensables à l’effort de guerre. Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, les pays occupés par les armées du IIIe Reich, la France en tête, sont pillés sans vergogne… Comment l’Allemagne hitlérienne a-t-elle pu avec peu de devises, un chômage de masse, d’insuffisantes ressources naturelles et un appareil industriel limité déclencher ce cataclysme que fut la Seconde Guerre mondiale et occuper une grande partie du territoire européen ? Nourri d’archives rares et illustré d’originales animations d’inspiration dadaïstes, Les nazis et l’argent - Au coeur du IIIe Reich décrypte la manière dont les questions économiques ont joué un rôle majeur dans la mise en œuvre de la funeste idéologie du IIIe Reich, des foyers allemands poussés à l’épargne aux bureaux d’études sommés de rationaliser les productions d’armement, en passant par un ravitaillement des troupes allemandes au détriment des populations des territoires occupés. S’appuyant sur les travaux récents d'historiens européens (les Britanniques Adam Tooze et Richard Overy, l’Allemand Frank Bajohr et la Française Marie-Bénédicte Vincent), Gil Rabier met en lumière la façon dont ce régime monstrueux, lancé dans une guerre idéologique à outrance, a surmonté ses difficultés économiques, industrielles, monétaires et alimentaires par la manipulation financière, la prédation, la corruption, la spoliation, le travail forcé et le crime de masse. http://www.kweeper.com/charles/video/6541094 Tue, 09 Mar 2021 16:14:46 +0100 charles nazisme hitler argent finance economie histoire allemagne N'zoumba - M'Bamina http://www.kweeper.com/charles/video/6540773 Le groupe M'Bamina est né de la réunion de sept jeunes musiciens congolais en 1964 : Martin Samba Ngo / Guitare, Chant, Direction artistitique N'Kouka Batenda / Guitare Rythmique Adolphe Sompa / Percussions Jacques Bakangadio, Bernard Bifanibo, Gilbert N'Kodia, Dieudonné Loussakueno / Chant Il se sont d'abord appelé les Echos Noires, avant de prendre le nom de M'Bamina qui signifie "la foudre", en 1972, rejoins par Jean-Marie Bolangassa / Percussions, Anselme Tambakassa / Congas, Ligali Ali Amidou (Bénin) / Percussions, Voix Ils s'installent à Paris et vont vite se faire connaître en mettant le feu à chacune de leurs sorties ! Ils s'entourent du producteur Christian Carbaza et d'un propriétaire de club italien à Milan, Ivo Lunardi, qui les prends son son aile et chez qui ils pourront répéter dans de superbes conditions. Un batteur se joindra à la fête, Sergio Gabanni, ce qui aura un impact direct sur leur groove ! La magie perdurera jusqu'en 1985, les fera voyager aux quatre coins du monde, jouer sur les même scènes que Manu Di Bango ou encore James Brown, le Godfather ira même jusqu'à les féliciter "himself" après leur show http://www.kweeper.com/charles/video/6540773 Tue, 02 Mar 2021 00:06:50 +0100 charles afrofunk congo Yéba - N'Gondélé (Fr, 1985) http://www.kweeper.com/charles/video/6540772 http://www.kweeper.com/charles/video/6540772 Tue, 02 Mar 2021 00:04:12 +0100 charles afrobeat bikutsi Monsieur MÂLÂ - MISEMO http://www.kweeper.com/charles/video/6540771 http://www.kweeper.com/charles/video/6540771 Tue, 02 Mar 2021 00:02:21 +0100 charles jazz bossa nova Debo Atis - Golden Boys http://www.kweeper.com/charles/video/6540770 http://www.kweeper.com/charles/video/6540770 Tue, 02 Mar 2021 00:00:37 +0100 charles benga kenya Awiti Josy - Luo Rangers Band http://www.kweeper.com/charles/video/6540769 http://www.kweeper.com/charles/video/6540769 Mon, 01 Mar 2021 23:59:19 +0100 charles benga kenya Nzakomba otekele isei - Ikoli Mokambo, Orchestre Orfaz http://www.kweeper.com/charles/video/6540768 http://www.kweeper.com/charles/video/6540768 Mon, 01 Mar 2021 23:58:26 +0100 charles benga kenya Victor Treffre - Man pa té la man rivé (Opso Edit) http://www.kweeper.com/charles/audio/6540761 http://www.kweeper.com/charles/audio/6540761 Mon, 01 Mar 2021 23:04:21 +0100 charles antilles zouk proto zouk Ponpon et Zabé et les Satans de Mvogada - ekang (bikoutsi sans façon - PZ1B) http://www.kweeper.com/charles/video/6540739 Ponpon et Zabé duo Franco-Camerounais très en avance sur son temps #bikutsi http://www.kweeper.com/charles/video/6540739 Mon, 01 Mar 2021 12:38:35 +0100 charles bikutsi old bikutsi Prisonniers des Vikings - Histoire des vikings en Scandinavie et Europe du Nord http://www.kweeper.com/charles/video/6540737 Les Vikings (en vieux norrois : víkingr, au pluriel víkingar) sont des explorateurs, commerçants, pillards mais aussi pirates scandinaves au cours d’une période s’étendant du VIIIe au XIe siècle, communément nommée « âge des Vikings ». Par extension, on emploie le terme en français pour désigner la civilisation scandinave de l'âge du fer tardif, c'est-à-dire à partir de la fin du IIe siècle à l'âge du fer romain (en). Ils sont souvent appelés Normands, c'est-à-dire étymologiquement « hommes du Nord », dans la bibliographie ancienne. Les Vikings pratiquent le négoce avec les marchands occidentaux depuis l'époque romaine. Les rapports commerciaux Orient - Occident qui se sont effectués pendant des siècles grâce à la Méditerranée, sont modifiés par l'expansion arabe (au VIIIe siècle) et se décalent au nord, vers l'Atlantique, la mer du Nord et la Baltique. Il paraît logique que les Scandinaves soient intervenus dans ce secteur, puisqu'ils ont le sens du commerce et le bateau adéquat (le « langskip » que l'on a surnommé « drakkar »), aux extraordinaires qualités de navigation qui en font une arme absolue pour l'époque. Le terme « viking » dérive du latin « vicus » qui peut se traduire par place marchande ou comptoir de commerce ; les historiens estiment que les Vikings ont constitué des confréries de négociants liés par pacte ou contrat. L'histoire des Vikings et la colonisation Les Vikings originaires de l'actuelle Norvège, s'attaquent à l'Occident dans un but de colonisation car ils recherchent des terres pour l'agriculture et l'élevage. Leur aire d'expansion recouvre l'Écosse, l'Irlande, le nord-est de l'Angleterre, les îles Féroé, les Orcades, les Hébrides et les Shetlands. D'autres vont gagner l'Islande : sur cette île proche du cercle polaire arctique, le but est bien de coloniser. Arrivés vers 860, des Norvégiens mais aussi des Irlandais et autres Celtes, y bâtissent des fermes : ils cultivent la terre, pratiquent l'élevage et chassent les mammifères marins. Les colons forment une société originale dirigée par le plus ancien parlement du monde, « l'Althing ». De récentes fouilles archéologiques ont révélé des ruines d'habitation sur la péninsule de Reykjanes : la datation (au carbone 14) situe une période d'occupation entre 770 et 880. http://www.kweeper.com/charles/video/6540737 Mon, 01 Mar 2021 12:31:27 +0100 charles histoire viking europe esclavage Maraboutage Radiochaud S2E2 • JOE COTCH http://www.kweeper.com/charles/audio/6540736 http://www.kweeper.com/charles/audio/6540736 Mon, 01 Mar 2021 12:30:36 +0100 charles marseill london afrofutirism « Le devenir-nègre du monde ! » par Achille Mbembe (VF) | Sommet de septembre Africa2020 http://www.kweeper.com/charles/video/6540628 L’humanité subalterne, de plus en plus surveillée et objectivée, est devenue « nègre » par des aspects qui remettent en cause les divisions sur lesquelles l’égalité universelle s’est construite. Prenant comme point de départ la mise à l’écart de l’Europe du centre du monde et l’universalisation de la condition noire, Achille Mbembe engagera une réévaluation critique de l’histoire, du racisme et de l’avenir de l’humanité, et analysera la censure continuelle des études décoloniales et des Black Studies par les États et les institutions européennes. EXTRAITS du discours d'ACHILLE MBEMBE "L'Europe n'est plus le centre du monde ceci ne va pas dire q l'Europe n'exerce plus aucune inflence sur la marche du monde mais elle ne peut plus vivre dans l'illusion qu'elle peut en dicter elle seule le cours." "L'illusion eurocentriste ayant objectivement pris fin il s'agit désormais d'en tirer toutes les conséquences. La première consiste a frayer de nouveau chemin pour l'art et la pensée. La deuxieme consiste à ouvrir la voix à d'autres manières dhabiter la planete dans lespoir de faire de celle ci un refuge non suelement pr qques uns mais pout ous humains et non humains. Alors que la race fut un des vecteurs privilégiés de la pensée coloniale ne fait aucun doute. Il faut préciser que la pensée coloniale ne fait pas le tout de la pensée européenne" (...) "L'abolitionnisme on l'oublie souvent est dans la tradition critique afro américaine, sud africaine également, est l'équivalent des Lumières dans la pensée occidentale. Dans une large mesure, l'abolitionnisme précède les lumières. C'est l'Abolitionnisme qui en garantit la clarté. Les Lumières à elles seules n'ont de valeurs pratiques que jugées à l'aune de l'abolitionnisme du moins historiquement." http://www.kweeper.com/charles/video/6540628 Fri, 26 Feb 2021 19:35:20 +0100 charles achille mbembe black studies musee branly islamo-gauchisme Soviéto-marxisme, maoïsme, puis islamo-gauchisme : la troisième glaciation des temps modernes Mai http://www.kweeper.com/charles/image/6540619 "Nous vivons actuellement, à l’université, et plus largement dans le monde des idées, ce que l’on pourrait appeler la troisième glaciation des temps modernes. Après le progressisme soviéto-marxiste de l’après-guerre, puis l’hallucination maoïste de la fin du siècle, nous voici parvenus à l’islamo-gauchisme, qui voit dans l’islam la religion des pauvres (et non des émirs pétroliers…) et dans l’immigration arabo-musulmane un prolétariat de rechange", affirme Jacques Julliard http://www.kweeper.com/charles/image/6540619 Fri, 26 Feb 2021 14:43:56 +0100 charles islamo-gauchisme KANOE - FREESTYLE SAVIES #1 (Clip officiel) http://www.kweeper.com/charles/video/6540447 http://www.kweeper.com/charles/video/6540447 Tue, 23 Feb 2021 22:38:30 +0100 charles rap “Islamo-gauchisme” : Le piège de l'Alt-right se referme sur la Macronie http://www.kweeper.com/charles/image/6540441 Mardi dernier, la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a exprimé son souhait de missionner le CNRS pour une « étude scientifique » sur l’« islamo-gauchisme » qui, d’après ses propos de dimanche (14/02/21) sur une chaîne TV privée, « gangrène la société dans son ensemble ». « L’Université n’[y étant] pas imperméable », il s’agirait de définir « ce qui relève de la recherche et du militantisme ». La Conférence des Présidents d’Université a immédiatement exprimé sa stupeur devant de tels propos, tandis que le CNRS indiquait dans un communiqué de presse que « “L’islamogauchisme” , slogan politique utilisé dans le débat public, ne correspond à aucune réalité scientifique ». C’est la troisième fois en moins de six mois que l’expression “islamo-gauchisme” est employée par un ministre du gouvernement Castex, contribuant à inscrire ce terme comme dénomination légitime d’une catégorie sociale, malgré l’absence de réalité scientifique. Au-delà de la menace que fait peser la démarche de la Ministre sur les libertés académiques, qui a suscité de vives polémiques, nous montrons qu’elle s’inscrit dans une tendance d’autant plus inquiétante qu’elle semble relever d’un aveuglement au niveau de la Présidence et du gouvernement. Afin de discerner ce qui relève du militantisme ou de la stratégie politique dans la popularisation de ce néologisme, ainsi que l’impact que pourrait avoir sa légitimation par de hauts responsables de la République, nous présentons ici une étude factuelle sur les contextes de son utilisation dans le paysage politique français sur les 5 dernières années. Nous nous appuierons sur le Politoscope, un instrument du CNRS que nous avons développé à l’Institut des Systèmes Complexes de Paris IdF pour l’étude du militantisme politique en ligne. Il nous permet d’analyser à ce jour plus de 290 millions de messages à connotation politique émis depuis 2016 entre plus de 11 millions de comptes Twitter. Nous renvoyons le lecteur intéressé par l’origine de l’expression “islamo-gauchisme” à l’article de Corinne Torrekens ou à l’historique qui en avait été fait en octobre dernier lors des premières utilisations de ce terme, d’abord par le Ministre de l’Intérieur lors d’un échange à l’Assemblée Nationale, puis par le Ministre de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports en réaction à l’assassinat de Samuel Paty. (...) Pour revenir sur la question de l’indépendance des universitaires et des chercheurs qui a donné à cette polémique une couverture nationale, on remarquera qu’il y a là un exemple assez pur du mode opératoire de l’alt-right, que la Ministre, a priori à son insu, a accompagné. Comme le montre Simon Ridley (2020), l’alt-right n’est plus un activisme marginal, exercé sous couvert de la « liberté d’expression », mais un engagement dans des actions criminelles destinées à créer du chaos et à renverser la réalité[16]. Un mode opératoire récurrent des partisans de l’alt-right est de créer un ennemi imaginaire contre lequel ils se positionnent en rempart, espérant ainsi créer la réaction hostile à leur encontre qui justifiera leurs actions, souvent violentes. L’alt-right cible de manière privilégiée la jeunesse et les universités. L’idée qu’il puisse y avoir au sein de l’université des groupes tels que des “islamo-gauchistes” sert précisément à légitimer leur intervention dans ce milieu. On a donc ici un parfait renversement de valeurs : un groupe qui promeut des méthodes malhonnêtes et violentes essaie de faire croire à l’existence d’un pseudo-groupe pour apparaître comme un rempart salutaire. Ceci étant dit, il est sain de veiller à ce qu’aucune forme d’extrémisme ne se développe à l’Université ou dans la recherche, qu’elle soit religieuse, de droite, de gauche ou sectaire. Pour cela, ayons conscience que l’efficacité de leur éradication se joue dans la manière de les nommer. https://politoscope.org/2021/02/islamogauchisme-le-piege-de-lalt-right-se-referme-sur-la-macronie/ http://www.kweeper.com/charles/image/6540441 Tue, 23 Feb 2021 14:33:21 +0100 charles islamo-gauchisme lrem alt-right ARCHIVES | Interview des Daft Punk en 1996 | Dijon Campus http://www.kweeper.com/charles/sentence/6540418 https://www.franceculture.fr/conferences/radio-campus-france/archives-interview-des-daft-punk-en-1996-dijon-campus http://www.kweeper.com/charles/sentence/6540418 Tue, 23 Feb 2021 10:25:48 +0100 charles Un vent de réaction souffle sur la vie intellectuelle - Par Didier Fassin http://www.kweeper.com/charles/image/6540352 Un vent de réaction souffle sur la France. Il se manifeste dans bien des domaines de la vie politique, du repli sur une identité nationale à l’appel à des mesures toujours plus sécuritaires. Mais il n’épargne plus désormais la vie intellectuelle. Il s’y manifeste par une série d’attaques pas nécessairement coordonnées, mais assurément convergentes, menées par une alliance objective entre gens de pouvoir et gens de savoir. Il s’y exprime par un rejet de courants qui ne sont pas toujours précisément définis et dont les membres, du reste, sont loin de partager les mêmes positions. La cible de cette réaction est en effet un ensemble composite qui mêle questions ethnique et raciale, études de genre et de sexualité, postcolonial et décolonial, intersectionnalité, et désormais la chimère de l’islamo-gauchisme, voire pour certains l’écriture inclusive. On parle souvent, pour qualifier cette collection hétérogène, de politiques identitaires. Sont aussi visés, parfois nommément, plus souvent allusivement, celles et ceux qui traitent de ces sujets, en recourant ici à la dérision, là à la dénonciation, toujours à la caricature et, bien sûr, à la référence à l’influence états-unienne. Car, pour ces contempteurs, c’est des États-Unis, ou plutôt des campus états-uniens, que viendrait le mal, en méconnaissance du fait que, si l’on doit en effet le féminisme intersectionnel à Kimberle Crenshaw et la performativité du genre à Judith Butler, le domaine scientifique des études ethniques et raciales a d’abord été développé en Grande-Bretagne, de Michael Banton et John Rex à Stuart Hall et Paul Gilroy, certes tous lointains héritiers de W. E. B. Du Bois, tandis que ce sont le Palestinien Edward Said et avant lui le Martiniquais Frantz Fanon qui ont théorisé le postcolonial, et que le Péruvien Aníbal Quijano et l’Argentin Walter Mignolo sont à l’origine de la pensée décoloniale. Il y a de l’obsession mais aussi de l’ignorance dans la diabolisation des États-Unis, et c’est une caractéristique de cette réaction que celles et ceux qui s’en font les hérauts se sont rarement aventurés, dans leurs lectures, au-delà des frontières du monde académique français, comme s’il s’agissait de défendre non pas la pensée en général, mais spécifiquement la pensée nationale. Il faut s’entendre ici sur le mot « réaction ». Il désigne simplement le rejet d’une certaine évolution de la société, de la politique ou des idées et la volonté de rétablir un ordre social, politique ou intellectuel antérieur. L’attitude réactionnaire se marque par une appréhension de ce qui s’annonce, ou semble s’annoncer, et une nostalgie de ce qui a été, ou est imaginé comme ayant été. Bien qu’elle soit habituellement de droite, voire d’extrême droite, la réaction peut aussi être portée par une partie de la gauche, comme c’est le cas dans le moment présent, et il est remarquable de voir sur certaines pétitions les signatures d’hommes et de femmes des deux bords et de constater des soutiens réciproques faisant fi des différences idéologiques. La ligne réactionnaire croise les différences politiques. Le Printemps républicain, proche de Manuel Valls, y côtoie l’Observatoire du décolonialisme, lié à l’hebdomadaire Le Point. On peut regretter de n’avoir pas un Albert Hirschman pour analyser cette rhétorique réactionnaire qui s’en prend aujourd’hui aux innovations intellectuelles comme il l’a fait pour celle qui dénonçait jadis les réformes sociales. En s’en tenant à trois tribunes récentes, à savoir « La pensée “décoloniale” renforce le narcissisme des petites différences » (25 septembre 2019), « Contre la racialisation de la question sociale » (20 septembre 2020) et « Sur l’islamisme, ce qui nous menace, c’est la persistance du déni » (31 octobre 2020), il est néanmoins possible de relever certaines figures communes à cette littérature. L’effet pervers : « là où l’on croit lutter contre le racisme et l’oppression socio-économique, on favorise le populisme et les haines identitaires ». La mise en péril : « ces revendications identitaires sont des revendications totalitaires » et « ces dérives sectaires menacent nos valeurs démocratiques ». L’exagération : une « victimisation généralisée » qui « monte les gens les uns contre les autres ». L’amalgame : « ce courant multiculturaliste qu’est l’intersectionnalité » mêlé à la « mouvance décoloniale », elle-même associée « aux études postcoloniales ». L’inversion : « réintroduire la “race” » pour lutter contre les discriminations, ce serait « stigmatiser des populations dites “blanches” ». Le sarcasme : si « l’intersectionnalité consiste à regrouper les forces de bonne volonté pour lutter contre l’hégémonie blanche qui prévaut dans la civilisation occidentale », alors « c’est en quelque sorte une guerre sainte menée contre l’occident ». Moquée par les uns qui en font des parodies ridicules, l’écriture inclusive devient pour les autres un danger, dans la mesure où « en supprimant le neutre, elle prend le risque de communautariser les deux sexes ». La multiplication de ces discours souvent portés par des chercheurs, dont certains en appellent à une surveillance idéologique de la recherche, trouve des échos dans le monde politique. Le 11 juin 2020, le président de la République critiquait « l’ethnicisation de la question sociale », dans laquelle « le monde universitaire » aurait vu « un bon filon », au risque d’un « débouché sécessionniste » qui « revient à casser la République en deux ». Le 22 octobre 2020, le ministre de l’éducation nationale dénonçait « l’islamo-gauchisme » à l’université, y voyant, quelques jours après la tragique décapitation de Samuel Paty par un homme tchétchène, une « complicité intellectuelle avec le terrorisme ». Le 16 février 2021, la ministre de l’enseignement supérieur affirmait à son tour que « l’islamo-gauchisme gangrène la société et que l’université n’est pas imperméable », admettait qu’il s’agissait d’une « sorte d’alliance entre Mao Zedong et l’Ayatollah Khomeini », et acquiesçait sur le point de savoir si ce courant incluait aussi, comme le lui suggérait le journaliste, « les indigénistes qui disent “la race, le genre, la classe sociale” ». Stéphane Beaud et Gérard Noiriel s’en prennent à ce qu’ils appellent des « logiques identitaires » qui, selon eux, se sont notamment manifestées par un déplacement de la question sociale vers la « question raciale ». C’est dans ce contexte attisé par d’intenses controverses que Stéphane Beaud, sociologue, et Gérard Noiriel, historien, tous deux chercheurs reconnus, publient, dans la collection qu’ils dirigent eux-mêmes chez Agone, un ouvrage intitulé Race et sciences sociales. Essai sur les usages publics d’une catégorie, dans lequel ils s’en prennent à ce qu’ils appellent des « logiques identitaires », qui, selon eux, se sont notamment manifestées par un déplacement de la question sociale vers la « question raciale » et de la lutte des classes vers la « lutte des races ». Ces logiques incluent également « le filon du genre » et « le concept d’intersectionnalité qui est censé combiner les critères de race, de genre et de classe », le choix des mots « censé » et « filon » – ce dernier est le même que celui utilisé par le chef de l’État – ne laissant guère de doute sur le regard porté sur ces catégories. En considération de la manière dont, ne se contentant pas de les critiquer, Stéphane Beaud et Gérard Noiriel disqualifient les travaux des chercheurs qui ont, depuis une quinzaine d’années en France, tenté de comprendre les phénomènes d’inégalités en termes de discrimination raciale et d’intersectionnalité, et au regard de la similarité de la cible de leur charge avec celle des attaques menées depuis plusieurs mois par des membres du gouvernement et un certain nombre de chercheurs, ils n’ont certainement pas tort d’anticiper, au moment de conclure leur livre, « que sa réception dans le milieu des sciences sociales sera largement biaisé par le climat passionné, voire éruptif, qui règne sur ce sujet depuis quelques années ». Et ce d’autant qu’ils en ont fait précéder la parution par la publication de « bonnes feuilles » dans Le Monde diplomatique, qui leur a en effet permis une spectaculaire réception, plus médiatique que scientifique. La chose n’est pas sans ironie tant ils ne cessent de répéter, invoquant Durkheim, Weber et Bourdieu, dont on peut pourtant dire qu’ils ont été meilleurs à énoncer la séparation du savant et du politique qu’à la respecter eux-mêmes, qu’ils veulent défendre l’idée d’une « science de la société se tenant à distance des enjeux politiques et des polémiques médiatiques ». Loin de cet idéal, mais sans surprise, c’est dans les cercles déjà très investis dans le dénigrement de ce qu’on y nomme « politiques identitaires » que les approbations de leur prise de position se font le plus chaleureuses et unanimes. Si l’on en croit les auteurs, « on peut dater de 2006 le moment où la question raciale a acquis un début de légitimité dans la recherche française en sciences sociales, lorsqu’a été publié, aux éditions La Découverte, l’ouvrage dirigé par Didier Fassin et Éric Fassin intitulé De la question sociale à la question raciale ? ». Compte tenu du rôle central attribué à ce livre collectif auquel Stéphane Beaud et Gérard Noiriel ont eux-mêmes participé, il n’est peut-être pas inutile d’en rappeler le projet et le propos, bien différents de ce qu’ils en donnent à lire. Notre intention, à Éric Fassin et à moi-même, était d’amener autour d’une table, à l’occasion de deux journées d’étude, puis d’un texte, des chercheurs de différentes disciplines qui ne partageaient pas les mêmes vues sur ce que nous pensions être l’émergence d’un fait nouveau et important, jusqu’alors assez méconnu, de la société française. Nous l’avons appelé « la question raciale », en référence évidente à la « question sociale » au XIXe siècle, ce qui impliquait donc une double dimension : une réalité du XXIe siècle, notamment celle des discriminations raciales, et une représentation de cette réalité dans l’espace public. En choisissant des contributeurs avec des perspectives différentes, nous souhaitions ouvrir un débat d’idées en même temps qu’un champ de recherches. À cet égard, si nos biographies, dans le livre de nos deux auteurs, indiquent qu’Éric Fassin était quelques années plus tôt rentré d’un long séjour aux États-Unis, il faut préciser, pour éviter l’antienne d’une influence transatlantique unique sur notre manière de voir, que je travaillais à cette époque depuis six ans en Afrique du Sud, pays qui avait lui aussi beaucoup à faire avec son passé et même son présent racial. Une lecture cursive de notre livre, et notamment de son introduction et de sa conclusion, conduit Stéphane Beaud et Gérard Noiriel à un contresens regrettable. L’introduction, « À l’ombre des émeutes », proposait un renversement qui leur a échappé et qui est pourtant crucial. En effet, nous y indiquions qu’au départ de notre initiative, une série de faits survenus dans la société française nous avaient invités à considérer qu’il n’était pas possible d’éluder plus longtemps le problème de la « ligne de couleur », et que notre intention était « de montrer que la question sociale était aussi une question raciale ». Nous ajoutions toutefois que la survenue des émeutes de 2005 dont nombre d’interprétations reprenaient sans l’interroger le langage de la race, parfois de manière proprement raciste, nous amenait à réviser notre formulation et « à rappeler que la question raciale est aussi une question sociale ». Nos critiques manquent totalement cette réflexion dialectique pourtant soulignée par l’utilisation d’italiques. Mais ils ne voient pas non plus que la conclusion est intitulée « Éloge de la complexité », précisément pour revenir sur la nécessité, à partir de la fameuse discussion entre Nancy Fraser et Axel Honneth que nous expliquons longuement, de prendre en compte « la double dimension de l’injustice », à savoir l’inégalité sociale et la domination culturelle, et donc la double politique de redistribution et de reconnaissance, celle-ci concernant, dans le cas français, les discriminations subies par certains groupes. Autrement dit, il s’agissait, insistions-nous, de « passer de la politique identitaire à la politique minoritaire ». Cette analyse est bien éloignée de la simplification racialiste dans laquelle on cherche aujourd’hui à nous enfermer. Errare humanum est, perseverare diabolicum. Il est difficile de penser que ces deux méprises sur des points si essentiels, clairement présentés en ouverture et à la fin de notre ouvrage, soient le fait du hasard. Et ce d’autant plus que dans un précédent ouvrage, Gérard Noiriel présentait la thèse du livre de manière positive, à l’appui de sa propre démonstration. Le sous-titre de notre ouvrage semble avoir également induit en erreur nos critiques : « Représenter la société française ». En choisissant cette formule, nous voulions souligner que la représentation de notre société était en train de changer, l’un des exemples étant le fait que l’État venait enfin de mettre un nom sur les discriminations raciales (jusqu’alors, comme je l’avais analysé dans une étude de la presse quotidienne, cette expression était réservée à la description de la situation dans deux pays, les États-Unis et l’Afrique du Sud) et que, dans le même temps, des mécanismes de dénégation et de résistance se faisaient jour dans les milieux politiques, des affaires et de la recherche, y compris au sein de notre collectif (je les discutais dans un chapitre sur la psychologie politique de la représentation des discriminations). Les raisons de l’émergence de cette question, qui se traduisait par des lois, des politiques et des institutions, étaient, nous semblait-il, moins liées à des débats intellectuels, auxquels Stéphane Beaud et Gérard Noiriel consacrent plusieurs dizaines de pages, qu’à un triple phénomène de nature sociologique : la mobilisation d’associations et d’organisations non gouvernementales ; la nécessité pour le gouvernement de se plier aux prescriptions de l’Union européenne ; enfin et surtout, l’importance démographique croissante des enfants d’immigrés qui, Français nés en France, devenaient de plus en plus nombreux à s’indigner du traitement défavorable qui leur était fait dans le monde du travail, dans le logement, à l’école, par la police. Le moment réactionnaire que vit la France survient dans une période marquée par une montée de la xénophobie. La formulation de notre projet scientifique revenait, selon nos deux collègues, « à l’inscrire entièrement dans la sphère des représentations », en négligeant les pratiques. Dissocier ainsi représentations et pratiques serait pourtant renoncer aux acquis de plus d’un siècle de sciences sociales, comme si les pratiques n’étaient pas sous-tendues par des représentations. Je cite dans le livre l’exemple d’un brigadier qui, lors d’une intervention dans un quartier populaire qui se terminera par le passage à tabac de deux promeneurs, l’un turc, l’autre antillais, harangue ses troupes en leur disant : « On a perdu la guerre d’Algérie il y a quarante ans, c’est pas aujourd’hui qu’on va recommencer. Pas de prisonniers, on trique ». Il est bien difficile ici de séparer représentation néocoloniale et violence raciste. D’ailleurs, la plupart des contributeurs de notre ouvrage collectif étudient des pratiques discriminatoires concrètes sans pour autant les couper des représentations. Dans mes propres travaux ethnographiques, menés pendant quinze mois sur les forces de l’ordre et pendant quatre ans dans une maison d’arrêt, mes observations portent principalement sur des pratiques, mais évidemment en lien avec des représentations. Je fais même le constat que si, en France, toute la chaîne pénale contribue à la production d’une discrimination à la fois socioéconomique et ethnoraciale et à une surreprésentation considérable des minorités des quartiers populaires dans les prisons, je n’ai constaté que rarement ce type de discrimination dans l’établissement où j’ai travaillé. L’institution policière pratiquait, comme dans d’autres pays, une forme de discrimination systémique, alors que le monde pénitentiaire paraissait moins obsédé par la question raciale, ce que des études menées par d’autres, en France et en Grande-Bretagne, confirmaient. Les recherches empiriques permettent ainsi d’éviter des interprétations monolithiques et des simplifications théoriques. Il est assez inhabituel que deux chercheurs qui ont accepté l’amicale proposition de participer à un ouvrage collectif et qui pendant quinze ans n’en ont jamais exprimé de regrets décident soudainement de se faire les procureurs des deux directeurs, tout en se plaignant amèrement, et paradoxalement puisqu’ils souhaitent s’en démarquer, de ce que le volume « a été fréquemment présenté comme le livre de Didier Fassin et Éric Fassin parce que seuls leurs noms apparaissent en gros caractères en haut de la couverture » – quand les dix autres contributeurs ont eux aussi, fait assez rare, leurs noms sur cette couverture, à notre demande. Au-delà de cet élément mystérieux mais anecdotique, la charge que livrent Stéphane Beaud et Gérard Noiriel contre l’ensemble des travaux, souvent menés par des jeunes chercheuses et chercheurs, qui, depuis deux décennies, ont permis d’enrichir notre compréhension des inégalités, en ajoutant à la seule dimension socioéconomique à laquelle la génération précédente s’était limitée les composantes de la race et du genre, est difficile à comprendre alors même qu’ils déclarent vouloir prendre en compte toutes les dimensions de la domination. Une clé de lecture en est peut-être donnée par une anecdote intéressante dont Gérard Noiriel fait, dans son livre Immigration, antisémitisme et racisme en France, l’expérience fondatrice de son intérêt ultérieur pour les « jeunes issus de l’immigration ». Quand il était enfant, sa famille, de milieu modeste, avait déménagé des Vosges en Alsace, pour s’installer dans une petite ville « dominée par une petite bourgeoisie de fonctionnaires et de commerçants ». Il a alors dû subir l’ostracisme et les insultes de ses camarades de classe, aux yeux desquels il était l’un de ces « Français de l’intérieur » qui méprisent les Alsaciens pour leur accent et leurs liens passés avec l’Allemagne nazie. Il écrit : « Tous ces facteurs rapprochaient la situation de ma famille de celle que connaissent la plupart des immigrés. Sauf sur un point qui était évidemment capital : la nationalité ». Il est remarquable qu’il ne voie pas que ce qui le différenciait plus encore des jeunes d’Afrique du Nord, c’était le regard racisé qui pesait sur ces derniers et la douloureuse histoire coloniale dont ils étaient en train de se libérer. Or, c’est précisément ce genre de point aveugle que mettent en évidence les études qu’il critique. Le moment réactionnaire que vit la France, avec notamment les attaques menées par le gouvernement et certains intellectuels, survient dans une période marquée par une montée de la xénophobie, une intolérance à l’encontre des exilés, une banalisation de la suspicion à l’égard des musulmans, un accroissement des inégalités socioéconomiques affectant particulièrement les minorités ethnoraciales. S’en prendre, comme le font Stéphane Beaud et Gérard Noiriel, à celles et ceux qui travaillent sur ces questions et contribuent à les faire reconnaître et comprendre, au lieu de s’attacher à l’analyse des maux qui affectent la société française, est la même posture que celle des chercheurs qui naguère s’acharnaient sur l’antiracisme plutôt que le racisme. Un signe troublant en est que le livre de nos collègues se termine par une critique du plus important mouvement social des dix dernières années aux États-Unis, Black Lives Matter, né de la dénonciation des homicides d’Afro-américains par la police, que nos collègues réduisent ici une forme de nationalisme noir qui empêcherait l’émancipation des groupes dominés. Adopter cette lecture racialiste d’une mobilisation démocratique qui a inclus des personnes de toutes les couleurs et de tous les milieux sociaux, c’est négliger le rôle décisif que cette dernière a joué dans les élections présidentielles et législatives de 2020 en luttant contre les efforts pour empêcher les Noirs de voter. Au bout du compte, c’est cet électorat qui a permis que Donald Trump ne soit pas réélu, que les Républicains perdent au Sénat la majorité qui avait donné à la Cour suprême son orientation la plus conservatrice depuis près d’un siècle, et que le salaire minimum passe de 7,25 à 15 dollars, doublement qui, s’il bénéficie surtout aux Afro-américains et aux Hispaniques parce qu’ils sont majoritairement au bas de l’échelle sociale, marque une avancée sociale historique pour toutes et tous dans les classes populaires – qui a permis, en somme, qu’aux États-Unis le vent de la réaction souffle aujourd’hui un peu moins fort. http://www.kweeper.com/charles/image/6540352 Tue, 23 Feb 2021 00:02:57 +0100 charles islamo-gauchisme Ma réponse à Stéphane Rozès au sujet de l'islamo-gauchisme http://www.kweeper.com/charles/sentence/6540348 Bonjour Stéphane Rozès. Je n'avais pas vu (et lu) votre réponse à ma question, enfouie dans les débordements et digressions dont les internets ont le secret. Vous écrivez (je cite) que "L’islamo-gauchisme est une caractérisation politologique qui a été utilisée pour la première fois par Pierre-André Taguieff." Précision importante : Pierre-André Taguieff a certes contribué à diffuser cette expression au sein de l’espace francophone (cf La Nouvelle Judéophobie, publié en 2002), mais à y regarder de plus près, il aura remixé et tronqué la substance de l'ouvrage "Le Prolétariat et le prophète" publié en 1994 par le trotskiste Anglais Chris Harman, leadeur du SWP que vous avez mentionné dans votre réponse. Prenant la suite de Taguieff, Pascal Bruckner (Un racisme imaginaire, 2017) s'était lui aussi essayé à un remix tronqué des analyses de Harman. La suite, on la connait : des sections conservatrices et nationalistes de l'establishment et diverses forces réunies dans une drôle d'alliance entre vieux bruns et des vieux rouges se sont appropriées cette expression pour stigmatiser une prétendue alliance stratégique entre la gauche et l’islam politique. Cette coalition du Trash en profite au passage pour combattre les études critiques de la race, le féminisme décolonial et la recherche intersectionnelle, au nom de la préservation de la structure laïque de la République, de la défense des vertus d'un universalisme diaphane et arrogant et de la lutte contre le «racisme antiraciste». La crise du néolibéralisme et le virage autoritaire et illibéral dans lequel sont engagées les démocraties dites libérales offre à ces coalisés arrogants et autres conservateurs, des tribunes et des micros pour inscrire régulièrement des débats puants dans l'actualité afin d'éviter de répondre aux attentes des populations sur l'économie, la santé, l'éducation, et le vivant. à l'heure où les nouveaux axes de circulation de la pensée voient le jour dans le Monde, la plupart ne passant plus nécessairement par la France, jadis pays des lumières, qu'un ministre de l'éducation et sa secrétaire d'état décident de mettre en place une unité d'enquête sur les courants islamo-gauchistes dans les universités, démontre l'affaissement, l'enkystement, intellectuel dans les sciences sociales et les humanités en France. Quelle misère ! http://www.kweeper.com/charles/sentence/6540348 Mon, 22 Feb 2021 20:20:43 +0100 charles Barbara Stiegler - De la démocratie en pandémie : santé, recherche, éducation" http://www.kweeper.com/charles/sentence/6540346 https://youtu.be/23FyqDcnz-s http://www.kweeper.com/charles/sentence/6540346 Mon, 22 Feb 2021 18:37:00 +0100 charles Daft Punk - Epilogue : le duo met sa séparation en scène http://www.kweeper.com/charles/video/6540345 http://www.kweeper.com/charles/video/6540345 Mon, 22 Feb 2021 17:02:01 +0100 charles daft punk Islamo-gauchisme, histoire d’un glissement sémantique Par Corinne Torrekens http://www.kweeper.com/charles/image/6540215 Face au tollé déclenché par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal annonçant son intention de demander une enquête sur « l’#islamo-gauchisme » à l’université, le CNRS a rappelé dans un communiqué que ce terme ne correspondait à aucune réalité scientifique. S’il reste difficile de remonter à l’origine exacte de l’expression, il semble que la lecture tronquée d’un texte publié par le leader d’un mouvement trotskiste anglais en constitue la première étape. Une seconde étape a été l’apparition de glissements sémantiques qui, d’une part, font des musulmans le nouveau prolétariat et, d’autre part, associent toute structure en lien avec l’islam à de l’islamisme. "Le prolétariat et le prophète", publié en 1994 par Chris Harman, leadeur du SWP (Socialist Workers Party[1], mouvement trotskiste au Royaume-Uni), est souvent considéré par les pourfendeur·se·s de l’islamo-gauchisme comme la preuve manifeste de la « complaisance » d’une partie de la gauche radicale avec le projet islamiste[2]. Dans son livre Un racisme imaginaire (2017) Pascal Bruckner considère ainsi qu’Harman « prône une alliance entre militants de gauche et associations musulmanes radicales qu’on aurait tort, selon lui, de qualifier de rétrogrades ». Or, si on prend le temps de lire ce texte d’environ quatre-vingts pages, on décèle une position beaucoup plus nuancée, une accumulation d’affirmations simplistes au sujet de la nature intrinsèque de l’islam et une analyse assez fine de la multiplicité des positionnements des mouvements issus de l’islam politique en Iran, au Soudan ou en Égypte. Harman considère que la gauche n’a pas su réagir à l’émergence de l’islam politique. Selon lui, deux positions auraient alors vu le jour à gauche. La première a perçu dans ces mouvements une évolution contemporaine du fascisme alors que la deuxième les a définis comme une réaction progressiste et anti-impérialiste de la part des dominé·e·s. Harman renvoie dos à dos ces deux analyses : la première a conduit des mouvements de gauche à soutenir des régimes autoritaires ; la seconde a donné lieu à une coupable absence de critiques sur le plan idéologique entre la gauche et les forces de l’islam politique. Harman montre ensuite que les mouvements islamistes ont souvent divergé sur les stratégies politiques à adopter (notamment sur l’usage de la violence politique) et qu’ils ont pu, selon le contexte, soit canaliser le mécontentement populaire et en tirer profit, soit se satisfaire d’une attitude complaisante avec les régimes autoritaires en n’obtenant que des transformations à la marge (en particulier par rapport à la structuration des classes sociales). Selon Bruckner, Harman conclut que « là où les islamistes sont dans l’opposition, notre règle de conduite doit être : “Avec les islamistes quelquefois, avec l’État jamais” ». Or, le leadeur politique affirme d’abord que les socialistes ne peuvent pas soutenir les régimes autoritaires face aux islamistes au nom de la défense des valeurs séculières parce que ce choix permet à ces derniers de classer facilement la gauche parmi les « infidèles » et les concessions faites par les régimes autoritaires à l’égard des valeurs séculières sont extrêmement limitées. Dans le paragraphe suivant, il déclare que les socialistes ne peuvent pas non plus soutenir les islamistes, car cela remplacerait une forme d’oppression par une autre et abandonnerait les minorités ethniques et sexuelles à leur sort. Harman stipule clairement que les islamistes « are not our allies », mais que la gauche peut profiter des contradictions propres au champ complexe de l’islam politique pour questionner l’allégeance de ses membres à ce projet. En conclusion, s’il existe, pour Harman, des enjeux où la gauche et les islamistes seront du même côté, « nous continuerons à être en désaccord avec les islamistes sur des questions de base. Nous sommes pour le droit de critiquer la religion tout comme pour le droit de la pratiquer […] Et cela signifie que tout comme nous défendrons les islamistes face à l’État, nous serons également impliqués dans la défense des femmes, des gays, des Berbères et des Coptes contre certains islamistes. Quand nous nous trouvons du même côté que les islamistes, une partie de notre boulot consiste à débattre fermement avec eux afin de les challenger. » Faire du texte de Harman la Bible d’une soi-disant alliance stratégique entre la gauche et l’islam politique revient donc au mieux à en livrer une lecture tronquée, pour ne pas dire malhonnête. De l’islamisme à l’islam Au sein de l’espace francophone, Pierre-André Taguieff contribue à diffuser l’expression islamo-gauchisme via le livre La Nouvelle Judéophobie, publié en 2002 afin de soutenir la candidature de Chevènement à l’élection présidentielle française. L’historien condamne la nouvelle configuration tiers-mondiste qui se mobilise aux côtés de divers courants islamistes, notamment dans les mobilisations propalestiniennes. Cet usage du terme témoigne du même travestissement que la lecture d’Harman par Bruckner : une coalition situationnelle entre la gauche et certains mouvements islamistes dans le cadre complexe du conflit israélo-palestinien ne signifie pas un blanc-seing idéologique de la première aux seconds, en particulier par rapport à la violence politique. Cependant, il est bien question pour Taguieff d’une alliance stratégique entre la gauche et les islamistes, une extrapolation qui pose question au vu de la multiplicité des mouvements et individus rassemblés sous les termes de « gauche » et d’« islamisme » et de l’étendue de leurs divergences idéologiques et pragmatiques. Nombre d’utilisateurs réguliers de l’expression islamo-gauchiste vont un pas plus loin et incriminent non seulement la prétendue complaisance de la gauche avec les mouvements islamistes, mais aussi avec l’ensemble des musulman·e·s. Dans la prolongation de sa critique de Harman, Pascal Bruckner écrit ainsi que « l’ironie de cette analyse tient tout entière dans sa disproportion : elle provient d’une secte microscopique, issue d’une dissidence d’un mouvement communiste à l’agonie, et qui juge opportun ou non de s’allier à une religion forte d’un milliard et demi d’hommes ». Alors que Harman n’évoque que les mouvements islamistes dans son texte, Bruckner y voit une alliance avec l’islam en tant que civilisation et deuxième religion mondiale. On retrouve le même glissement sémantique chez Alexandre Del Valle et Emmanuel Razavi[3], qui écrivent que l’« expression islamo-gauchiste », bien qu’étant fortement polémique, n’en désigne par moins un phénomène palpable, celui d’une alliance entre des forces islamistes subversives et des intellectuels, journalistes, militants ou responsables politiques venus de la gauche radicale qui refusent de dénoncer l’islamisme sous prétexte de ne pas « stigmatiser l’islam ». La figure des musulman·e·s (non plus uniquement celle de l’islamisme) serait devenue un « prolétariat de substitution à magnifier » et l’islam une « religion d’opprimés minoritaires ». Selon ces auteurs, « cette nouvelle vulgate n’est que l’aggiornamento de notre cécité de tiers-mondistes newlook qui ânonnent que le fondamentalisme islamiste est une réaction au colonialisme. Pourtant, le monde arabo-musulman n’est pas le seul à avoir été colonisé par la France. Il y eut également l’Indochine et des pays d’Afrique noire comme le Congo Brazzaville. Or, aucune de ces populations n’a généré de terrorisme massif et encore moins des barbaries du type de celles perpétrées par le groupe État islamique. » Autrement dit, l’islamisme atteste d’un problème avec l’islam en tant que tel. En conclusion, ces deux ouvrages articulent une double idée. D’une part, on ne pourrait pas (plus) stigmatiser l’islam (alors qu’une très large part du débat public est, depuis près de trente ans, consacrée à son intégrabilité aux valeurs européennes). D’autre part, si les « islamo-gauchistes » refusent de rabattre l’islam sur l’islamisme, c’est parce qu’iels soutiennent ce dernier, qui plus est dans ses plus viles manifestations. Le péché originel : l’islamophobie Si le contexte international plombé par la réactivation violente du conflit israélo-palestinien et l’émergence du terrorisme islamiste incarné par les attentats du 11 septembre 2001 ont favorisé la diffusion de la thèse d’une collusion entre la gauche et l’islam politique, il paraît évident que « le fond de l’affaire était en réalité la mention de l’islamophobie parmi les racismes à combattre ». C’est exactement ce que démontre encore une fois Pascal Bruckner lorsqu’il affirme qu’« il existe assez de racismes véritables pour que l’on n’en invente pas d’imaginaires. Depuis trente-cinq ans, le terme d’“islamophobie” anéantit toute parole critique envers l’islam. » Il ne fait là que reprendre une vieille antienne qui vise à disqualifier la notion d’islamophobie parce qu’elle aurait été inventée par les mollahs iraniens pour faire taire toute critique de la religion, ce qui est évidemment faux, mais a été répété par plus d’un·e « intellectuel·le ». D’ailleurs, Harman lui-même s’affirme en faveur de la critique de la religion. De fait, l’extension de l’usage du terme d’islamophobie se déroule notamment dans la foulée des polémiques sur le port du foulard. En effet, le principal argument mobilisé a longtemps été celui de l’oppression des femmes par leurs coreligionnaires masculins. Toutefois, à partir du moment où de nombreuses recherches scientifiques ont montré que les femmes portant un foulard l’avaient très majoritairement fait de leur plein gré (et parfois contre l’avis de leur famille), l’argumentation a basculé. Depuis, les femmes musulmanes qui portent un foulard apparaissent au mieux comme endoctrinées et instrumentalisées par les islamistes, au pire comme des fers de lance de l’islamisation rampante de nos sociétés. Dans les usages actuels du terme islamo-gauchiste, on observe qu’après être passé du soi-disant soutien de la gauche à l’islam politique puis à l’islam et aux musulman·e·s dans leur ensemble en tant que nouvelle classe populaire, l’argumentaire reprend le chemin inverse. Autrement dit, tout ce qui est islamique (et donc fait en référence à l’islam) devient de l’islam politique. La notion d’islamo-gauchisme permet d’englober sous le couvercle de l’islamisme à peu près n’importe quel courant culturel, politique ou religieux se réclamant de l’islam et de les confondre dans une même stigmatisation, comme en témoigne l’ouvrage dirigé par Bernard Rougier dans lequel la démonstration scientifique cède le pas à l’affirmation péremptoire. Si, pour la plupart des pourfendeur·se·s de l’islamo-gauchiste, le foulard n’a rien à voir avec la liberté de manifester sa pratique religieuse, mais relève d’un agenda islamiste, ce « cadre d’analyse » est désormais appliqué à ceux qui militent contre l’islamophobie ou qui utilisent le lexique décolonial[4]. Nombre de militant·e·s islamistes auraient dissimulé leur agenda sous les atours de l’antiracisme et les autres leur serviraient « d’idiot·e·s utiles », une expression répétée à l’envi et d’autant plus intéressante à analyser qu’elle désignait déjà dans les années 1950 les « compagnons de route » du Parti communiste français. Comme le signale Nicolas Lebourg, « menace extérieure, subversion intérieure : les schémas de la dénonciation anticommuniste étaient redéployés sur l’islam et les immigrés ». Et comme le rappelle Schlomo Sand, « dans les années 1930, en France comme dans d’autres pays d’Europe, les communistes et diverses personnalités de la gauche radicale étaient fréquemment qualifiés de “judéo-bolcheviks” ». Le terme « islamo-gauchisme » recèle à la fois d’anciennes techniques de disqualification politique et intellectuelle et tous les ingrédients du complot mondial (« peu nombreux, mais puissants »,« agissant en réseau », « dissimulant un agenda caché », « disposant de relais médiatiques et politiques », « dans le but inavoué de menacer les États-nations européens », etc.). D’ailleurs, les promoteur·trice·s de la thèse de l’islamo-gauchisme, parangons du déclin de l’ordre démocratique infligé par l’islamisme, ne rechignent pas devant les techniques de diffamation et de délation [5]. Gageons que, désormais, celles et ceux qui s’échineront encore à considérer ce néologisme comme une catégorie analytique auront en tête son origine et ses soubassements discursifs. http://www.kweeper.com/charles/image/6540215 Mon, 22 Feb 2021 01:15:27 +0100 charles islamo-gauchisme Extrait Interview de Bruno LATOUR dans le magazine Socialter http://www.kweeper.com/charles/image/6539758 À lire un entretien passionnant avec Bruno Latour dans le magazine des alternatives et des expérimentations Socialter. Une bonne introduction à l’œuvre de Bruno Latour et à son nouveau livre « Où suis-je ? » dans lequel il bouleverse nos représentations afin de penser autrement notre habitabilité de la Terre. « Mon propos part de l’expérience du confinement et vise à dire : "Profitons du confinement pandémique pour comprendre cet autre confinement qui est le nôtre à l’intérieur de ce qu’on appelle la « zone critique »". A rebours de l’interprétation galiléenne faisant de la Lune et de la Terre les parties d’un même univers, la notion de zone critique nous resitue dans que nous appelions autrefois "la planète" ». http://www.kweeper.com/charles/image/6539758 Wed, 10 Feb 2021 11:26:39 +0100 charles bruno latour Race et sciences sociales - Essai de Stéphane Beaud et Gérard Noiriel http://www.kweeper.com/charles/image/6539667 « Ce livre aborde une question sensible dans les sciences sociales contemporaines. Sur le terrain de la “race”, toute prise de position est perçue comme une concession à l’adversaire, voire à l’ennemi. L’urgence d’y voir clair n’en est que plus grande. D’abord parce que le langage identitaire est devenu incontrôlable et peut servir toutes les manipulations. Ensuite parce que dans les discours publics, la “race” fonctionne désormais comme une variable bulldozer qui écrase toutes les autres. Enfin parce que le langage identitaire prive le combat anti-raciste de son référent universaliste. Notre ambition est d’éclairer comment les sciences sociales d’aujourd’hui peuvent subir cette évolution ou y contribuer, et de rappeler qu’on ne peut rien comprendre au monde dans lequel nous vivons si l’on oublie que la classe sociale reste le facteur déterminant auquel s’arriment les autres dimensions de l’identité des personnes. » Stéphane Beaud et Gérard Noiriel montrent comment l’explosion du langage racialisant s’enracine dans une longue histoire, qui commence à l’époque du premier empire colonial et aboutit à une rupture dans les années 1980. Le clivage qui opposait une droite associée à la nation à une gauche centrée sur la classe s’effondre alors, et des élites de tous bords convergent pour placer les polémiques identitaires au centre du débat public, qu’elles ne quitteront plus. http://www.kweeper.com/charles/image/6539667 Mon, 08 Feb 2021 17:13:07 +0100 charles essai race gerard noiriel stephane beaud Georg Lukàcs - Histoire et conscience de classe (1919 - 1922) http://www.kweeper.com/charles/image/6539648 Traduction Française parue aux Éditions de Minuit, 1960. Cette œuvre célèbre du grand philosophe hongrois peut être considérée comme le livre-clé de la pensée marxiste de la première moitié du XXe siècle. Elle paraît aujourd’hui pour la première fois en traduction, dans un texte intégral précédé d’une étude philosophique et historique par Kostas Axelos. Rédigé directement en langue allemande, et tiré à quelques centaines d’exemplaires seulement, "Geschichte und Klassenbewusstsein" a été publié à Berlin en 1923 et ses théories furent tout de suite violemment combattues par les communistes orthodoxes et par la social-démocratie, alors qu’elles étaient ignorées de la pensée de droite. L’auteur sera amené à désavouer lui-même ce livre qui n’en continuera pas moins d’exercer une grande influence, en dépit de la destruction de la quasi-totalité des exemplaires existants. CHAPITRE 3 : LA CONSCIENCE DE CLASSE Extraits: "Dans son célèbre exposé du matérialisme historique 65, Engels part du point suivant : bien que l'essence de l'histoire consiste en ceci que « rien ne se produit sans dessein conscient, sans fin voulue », la compréhension de l'histoire exige qu'on aille plus loin. D'une part parce que « les nombreuses volontés individuelles à l'œuvre dans l'histoire produisent la plupart du temps des résultats tout différents des résultats voulus, et même souvent opposés à ces résultats voulus, et que par conséquent leurs mobiles n'ont également qu'une importance secondaire pour le résultat d'ensemble. D'autre part, il resterait à savoir quelles forces motrices se cachent à leur tour derrière ces mobiles, quelles sont les causes historiques qui, dans la tête des hommes agissants, se transforment en de tels mobiles ». La suite de l'exposé de Engels précise le problème : ce sont ces forces motrices elles-mêmes qui doivent être définies, à savoir les forces qui « mettent en mouvement des peuples entiers et, dans chaque peuple à son tour, des classes entières ; et ce... pour une action durable et aboutissant à une grande transformation historique ». L'essence du marxisme scientifique consiste à reconnaître l'indépendance des forces motrices réelles de l'histoire par rapport à la conscience (psychologique) que les hommes en ont. Au niveau le plus primitif de la connaissance, cette indépendance s'exprime d'abord dans le fait que les hommes voient dans ces puissances une sorte de nature, qu'ils aperçoivent en elles et dans les lois qui les lient des lois naturelles « éternelles ». « La réflexion sur les formes de la vie humaine, dit Marx à propos de la pensée bourgeoise, et donc aussi leur analyse scientifique, empruntent en général un chemin opposé à celui de l'évolution réelle. Cette réflexion commence après coup et, par suite, elle commence par les résultats achevés du processus d'évolution. Les formes... possèdent déjà la stabilité des formes naturelles de la vie sociale, avant que les hommes cherchent à rendre compte, non du caractère historique de ces formes, qui leur semblent bien plutôt déjà immuables, mais de leur contenu. » Version PDF : http://classiques.uqac.ca/classiques/Lukacs_gyorgy_bis/histoire_conscience_de_classe/Histoire_conscience_de_classe.pdf  http://www.kweeper.com/charles/image/6539648 Mon, 08 Feb 2021 10:41:21 +0100 charles philosophie histoire essai « 4 000 € par mois, c’est la classe moyenne » : pour François Bayrou http://www.kweeper.com/charles/video/6539640 Le président du Modem François #Bayrou​, qui était l'invité du "Grand Jury" de #RTL​ ce dimanche midi, était invité à donner sa position sur une possible contribution exceptionnelle des plus riches avec la crise actuelle. "Tout peut être imaginé de cet ordre-là, oui", estime François Bayrou. "S'il le fallait, pourquoi pas". Qui pourrait alors payer cet impôt ? À partir de quel montant de revenus est-on riche ? Alors que le journaliste rappelait à François Bayrou la phrase de François Hollande, François Bayrou a répondu : "4000 euros par mois, pour moi, c'est la classe moyenne. http://www.kweeper.com/charles/video/6539640 Mon, 08 Feb 2021 00:48:48 +0100 charles bayrou impots argent classe moyenne La saga du journal le progrès depuis 160 ans http://www.kweeper.com/charles/sentence/6539604 https://leprogres.shorthandstories.com/Le-Progres-depuis-160-ans-avec-vous/index.html http://www.kweeper.com/charles/sentence/6539604 Sun, 07 Feb 2021 12:15:50 +0100 charles Albert Dupontel et Michel Courtemanche - Le plein de super (1994) http://www.kweeper.com/charles/video/6539602 http://www.kweeper.com/charles/video/6539602 Sun, 07 Feb 2021 09:35:50 +0100 charles Emmanuel Todd : « La collectivité disparaît au profit du banc de poissons » http://www.kweeper.com/charles/video/6539600 http://www.kweeper.com/charles/video/6539600 Sun, 07 Feb 2021 00:14:37 +0100 charles emmanuel todd Une remontée de poussières du SAHARA recouvre Lyon d'un voile jaune http://www.kweeper.com/charles/image/6539553 #lyon http://www.kweeper.com/charles/image/6539553 Sat, 06 Feb 2021 11:32:13 +0100 charles lyon Une remontée de poussières du SAHARA recouvre Lyon d'un voile jaune http://www.kweeper.com/charles/image/6539554 #lyon http://www.kweeper.com/charles/image/6539554 Sat, 06 Feb 2021 11:32:13 +0100 charles lyon Une remontée de poussières du SAHARA recouvre Lyon d'un voile jaune http://www.kweeper.com/charles/image/6539555 #lyon http://www.kweeper.com/charles/image/6539555 Sat, 06 Feb 2021 11:32:13 +0100 charles lyon Une remontée de poussières du SAHARA recouvre Lyon d'un voile jaune http://www.kweeper.com/charles/image/6539556 #lyon http://www.kweeper.com/charles/image/6539556 Sat, 06 Feb 2021 11:32:13 +0100 charles lyon Regardez "Culturissime, une web-émission pour redessiner la culture de demain" sur YouTube http://www.kweeper.com/charles/sentence/6539551 https://youtu.be/JR1RSXhv7hg http://www.kweeper.com/charles/sentence/6539551 Sat, 06 Feb 2021 09:54:05 +0100 charles 1989 : Jean-Michel Blanquer vs Stéphane Bern : Duel sur la monarchie http://www.kweeper.com/charles/video/6539516 http://www.kweeper.com/charles/video/6539516 Thu, 04 Feb 2021 19:22:02 +0100 charles histoire jean-michel blanquer stéphane bern monarchie 💞𝗨𝗧𝗔 𝗕𝗘𝗟𝗟𝗔. 𝑳𝒂 𝒎𝒐𝒓𝒕 𝒅𝒊𝒔𝒄𝒓è𝒕𝒆 http://www.kweeper.com/charles/image/6539467 𝗨𝗧𝗔 𝗕𝗘𝗟𝗟𝗔 la chanteuse d'origine camerounaise s'est éteinte en France, la semaine dernière. 𝐔𝐭𝐚 𝐁𝐞𝐥𝐥𝐚, plus connue en dehors du Cameroun, rejoint 𝐌𝐚𝐧𝐮 𝐃𝐢𝐛𝐚𝐧𝐠𝐨, qui l'a boostée sur la place parisienne. Elle s'y est imposée dans le showbiz et, a crée 𝐬𝐚 𝐦𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 "𝐁𝐚𝐥𝐚𝐟𝐨𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐝". Ayant connu un grand succès dans les années 60, 70 et 80, Uta Bella était d'une discrétion naturelle qui ne permettait pas d'en savoir plus sur elle . Bercée dès sa tendre enfance par les mélodies ancestrales des peuples de la forêt de son Sud natal, elle a su transposer ces sonorités traditionnelles dans le rythme afro-funk qui a toujours inspiré sa riche carrière musicale qu'elle débute dès la fin des années 60. Uta Bella durant sa carrière, a sorti quelques 45 tours à savoir : '' Monboulaé '' (1969), '' Metek '' (1973) , '' Awoé '' (1979) ou '' Nassa Nassa '' (1980). Des chansons qui révèlent son immense talent de chanteuse, et des collaborations fructueuses avec Jean-Claude Naimro, Mbida Douglas ou encore Jacob Desvarieux. 𝐔𝐧 𝐞𝐱𝐭𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐝𝐞 "nassa nassa" 👇 https://youtu.be/oJINsfhBY8M http://www.kweeper.com/charles/image/6539467 Wed, 03 Feb 2021 11:57:47 +0100 charles uta bella afrofunk Une femme filme par mégarde le coup d’État en Birmanie lors d'un cours de fitness http://www.kweeper.com/charles/video/6539458 http://www.kweeper.com/charles/video/6539458 Tue, 02 Feb 2021 20:57:04 +0100 charles birmanie coup d’État insolite Badiou par Badiou (PUF 2021) http://www.kweeper.com/charles/image/6539456 "Vous savez que Socrate a été condamné à mort parce qu'on l'avait accusé de corrompre la jeunesse. Il nous faut assumer cette accusation. Oui la philosophie corrompt la jeunesse, et en définitive, elle corrompt tout un chacun. La philosophie organise des ruptures, une ouverture vers une vie nouvelle, une vraie vie en tant qu'opposée à la vie fallacieuse." Badiou par Badiou, demain 3 février en librairie ❤️ http://www.kweeper.com/charles/image/6539456 Tue, 02 Feb 2021 19:59:00 +0100 charles philosophie alain badiou la mer noire http://www.kweeper.com/charles/video/6539381 http://www.kweeper.com/charles/video/6539381 Mon, 01 Feb 2021 16:50:57 +0100 charles lol